PREMIERE PARTIE; CE QUE LES CULTURES ET LES LANGUES DISENT DE L'EXISTENCE
CHAPITRE I DU MOT EXISTER DANS QUELQUES CULTURES ET LANGUES
I. CHEZ LES LATINS EXISTER C'EST SORTIR DE QUELQUE CHOSE S'EXTERIORISER SE MONTRER SE DEVOILER APPARAITRE SE DETACHER DE QUELQUE CHOSE PASSER D'UN LIEU ET D'UN TEMPS VERS UN AUTRE AVOIR DES LIMITES EN TANT QUE CONTENANT OU CONTENU
II. CHEZ LES FRANCAIS ET DANS LE LAROUSSE EXISTER C'EST ETRE PRESENT DANS QUELQUE CHOSE DANS UNE ETENDUE SPATIALE ET TEMPORELLE OCCUPER UNE PLACE DONT LA VALEUR DEPEND DE L'ETENDUE OCCUPEE PHYSIQUEMENT OU SELON LES EFFETS DE LA PRESENCE OU DE L'ABSENCE ETRE VU ETRE DETECTE ETRE PRESENTABLE ETRE DESCRIPTIBLE ETRE DEFINI ETRE MESURABLE ETRE VU AVOIR DES LIMITES NATURELLES OU CONVENTIONNELLES EXTENSIBLES ET COMPRESSIBLES OU NON MODIFIABLES
III. CHEZ LES SERERES ET LES WOLOF DU SENEGAL EXISTER C'EST " AVOIR" ETRE PROPRIETAIRE DE QUELQUE CHOSE EN TANT QU'INDIVIDU OU REFROUPEMENT D'INDIVIDU PAR NATURE OU PAR ACQUISITION ET TRAVAIL ET TRANSFORMATION DE SOI OU DE QUELQUE CHOSE D'AUTRE OU DE SON ENVIRONNEMENT
IV, CE QUE CES INDICATIONS SUR L'EXISTENCE SUPPOSENT COMME CONDITIONS ET CONSEQUENCES NECESSAIRES POUR EXISTER ET CE QU'ELLES ONT EN COMMUN
EXISTENCE ET MOUVEMENT PUISQUE CE QUI SORT OU ENTRE EST EN MOUVEMENT PAR LUI MEME OU TRANSPORTE EXISTENCE ET FORCE PUISQUE TOUT MOUVEMENT SUPPOSE UNE CHARGE A DEPLACER DANS L'INTIMITE DU MOBILE OU EN DEHORS DU MOBILE EXISTENCE ET ACTION PUISQUE DEPLACER UN OBSTACLE C'EST AGIR APPLIQUER UNE CERTAINE FORCE SUR UNE AUTRE FORCE DE RESISTANCE GRANDE OU PETITE MAIS JAMAIS NULLE PUISQUE TOUTE CHOSE EST CHARGE D'UN CERTAIN POUVOIR QUI LUI PERMET D'AGIR ET DE REAGIR EXISTENCE. EXISTENCE ET ACTION PUISQUE POUR SORTIR OU FAIRE SORTIR DE SON INTIMITE OU D'UNE AUTRE INTIMITE IL FAUT QUELQUE CHOSE QUI EST DEJA CONSTITUE ET IL NE PEUT PAS Y AVOIR DE CONSTITUTION SANS ACTION ET BESOIN PUISQUE CE QUI EST A L'ABRI DU BESOIN EST COMPLETEMENT ET ABSOLUMENT OU RELATIVEMENT REPLIE DANS SON INTIMITE ET VIT DE SES PROPRES RESSOURCES ET QUE SORTIR C'EST ALLER ALLER A LA RENCONTRE DE QUELQUE CHOSE DONT ON ENTEND L'APPEL POUR RECEVOIR QUELQUE CHOSE DE SA PRESENCE OU POUR DONNER QUELQUE CHOSE DE CE QU'IL CHERCHE EXISTENCE ET COMMUNICATION EXISTENCE ET LANGAGE EXISTENCE ET IDENTITE LE MONDE EST UN LIEU DE RENCONTRE UN PATURAGE DE CHOSES ET ETRES VIVANTS SENSIBLES ET INTELLIGENTS INDIVIDUELLEMENT ET COLLECTIVEMENT CHARGES DE POUVOIR EXTENSIBLES ET COMPRESSIBLES NATURELS ET ACQUIS QUI SONT A LA RECHERCHE D'UNE PARTIE DE LEURS POUVOIRS NECESSAIRES DONT ILS SONT SEPARES QUE LES ETRES LES PLUS SEPARES DEUX MEMES ET LES UNS DES AUTRES PAR LEUR COMPTENCES OU POUVOIRES SONT LES ETRES QUI VIVENT EN SOCIETE CE QUI REPOND A UN APPEL ET QUI SORT DE SON INTIMITE OU DE SON ABRI EST SEPARE DE QUELQUE CHOSE CE QUI SE MEUT EST TOUJOURS SEPARE DE LUI MEME ET DE QUELQUE CHOSE ET PAR QUELQUE CHOSE QUI LE DIVISE EN DEUX OU PLUS DE DEUX PARTIES
CHAPITRE II
CE QUE L'EXPERIENCE DIT DE L'EXISTENCE DANS LES CHOSES DE LA NATURE ET DANS CELLES DE LA CULTURES
I, TOUT CE QUI EXISTE DANS LA NATURE EST DANS QUELQUE CHOSE D'AUTRE ET CONTIENT QUELQUE CHOSE QUI EST SON AVOIR ET QUI LUI DONNE UN CERTAIN POUVOIR D'AGIR OU DE RECEVOIR UNE CERTAINE ACTION
SUJET: Il ne peut pas y avoir d'existence sans action et il ne peut pas y avoir d'action sans existence
Toute chose existe donc dans la nature et dans l'histoire par l'action volontaire et libre ou accidentel d'un certain pouvoir
Tout ce qui existe est créé par un certain pouvoir en dehors de son intimité et avec un pouvoir initial qui est son capital et représente une certaine part dans le pouvoir universel du pouvoir du monde naturel ou politique
Tout ce qui existe se pense et se forme une bonne fois avec toutes ses composantes et pouvoirs dès son apparition dans l'esprit ou dans l'histoire
Rien n'est créé avec et ne peut agir et créé par son seul pouvoir, toute chose est constitué par un certains pouvoirs qui lui est nécessaire et séparé d'une autre partie de son pouvoir individuel ou collectif nécessaire si ce n'est dans la nature Dieu et les "producteurs autonome"
Tous les êtres séparés de leur être, de quelque chose de leurs composantes sont condamnés à s'attirer, à détacher, à s'appeler, à se sentir et à répondre les uns aux autres, à s'assembler et à former des corps nouveaux en tant qu'environnement comme les corps ou groupements sociaux et des corps ou des composantes nouveaux dans leur intimité aux sein de ces espaces de rencontre et de vie qui s'ajoutent aux premières naturelles
Toute chose apparaît dans un champs de pouvoirs positif et négatif en interaction
Toute chose peuvent gagner ou perdre quelque chose de son pouvoir individuel ou collectif qui lui est nécessaire dans le mouvement de ses interactions avec d'autres pouvoir et voir son pouvoir ou ce qui le sépare de son pouvoir nécessaire pour atteindre sa fin subir un mouvement de compression ou d'extension
L'existant entier et libre et heureux est celui qui n'est séparé d'aucune portion de son pouvoir nécessaire, celui qui totalement en lui-même comme l'escargot sous le monde de sa coquille
La liberté dépend de l'écart entre un pouvoir nécessaire dans une action et dans une situation particulière avec la partie du pouvoir nécessaire dont on dispose individuellement ou collectivement dans une situation donné pratique ou théorique
Toute extension des pouvoirs individuels ou public des choses et des êtres dans la nature n'est pas en soi une extension qui les rapprochent individuellement chacun de lui-même et collectivement chacun de ses semblables
Exister pour une chose ou un être doué de raison et de sensibilité, c'est agir et réagir par sa sensibilité ou par son intelligence dans un champs de pouvoirs en interaction volontairement ou involontairement en subissant dans cet espace de rencontre de pouvoirs un mouvement d'extension ou de compression de ses pouvoirs dont la conséquence positive ou négative est de se rapprocher de soi ou de s'éloigner de soi, de ce qui nous est nécessaire pour atteindre une fin ou en s'en éloignant, la fin de toute chose séparée d'elle-même par la nature ou par l'histoire étant de se rapprocher et de devenir de plus en plus proche de soi-même, de ce que l'on doit être ou de ce que l'on veut être individuellement ou collectivement dans la nature ou dans l'histoire
Le monde est obscur parce qu'une chose séparée d'une partie du pouvoir qui lui est nécessaire est à la fois cachée et présente à elle-même et aux autres
Il faut un berger pour bien voir et distinguer les pouvoirs nécessaires et favorables et les pouvoir non favorables et non nécessaire dans son intimité et dans les mondes de ses réseaux relationnels
La bonne gouvernance est celle du berger dont le pouvoir est de rapprocher toute chose de ce qui lui est nécessaire et dont elle est séparée pour la rendre de plus en plus claire à elle-même et aux autres et de la mettre en sécurité dans un monde de plus en plus clair dans lequel toute chose s'approche de ce qu'elle doit être et se détache de ce qu'elle ne doit pas être
PHILOSOLIDAIRE/Association Architecte du Bien (AAB)14252 but non lucratif - Des femmes et des hommes libres engagés, qui rêvent, pensent et agissent individuellement et ensemble pour que la Terre soit toujours et partout un lieu de satisfaction universelle de l'individu, de la société, des groupes sociaux et du monde dans les champs de CAUSES:Droits de l'homme, Éducation, Environnement, Santé, Petite Enfance, Femme, Culture, Économie et travail contre la Pauvreté
vendredi 9 octobre 2015
mardi 6 octobre 2015
Existence et communication: Médias,isolement, interaction
... EXISTENCE ET COMMUNICATION..., appel, présence, réponse, pouvoir, action, influence, besoin, faiblesse, société, séparation, division, unité, extension, compression, liberté, bonheur, monde, pâturage, attraction, rapprochement, répulsion, éloignement, détachement...
Il n' y a pas de doute à propos: parmi les visées à la genèse intellectuelle et à la constitution matérielle et historique des divers médias classiques et des médias actuels qui composent les réseaux sociaux dans l'espace du monde d'internet, il y a l'intention de sortir les hommes et les peuples de leur isolement. Tous les médias naissent dans la société et répondent au besoin général humain de communiquer fondé dans cette faiblesse naturelle d'être incapable à vivre sans parler à l'autre, sans regarder, sans copier ou s'opposer à l'autre. C'est pourquoi la communication est un haut lieu de coopération et de conflits individuels et sociaux. Les divers médias sociaux auraient pour conséquence générale de rapprocher les hommes et les peuples, directement ou indirectement, par leur esprit et par leur corps et par leur environnement et de les faire interagir dans la coopération et dans le conflit. notre monde intérieur sensible et intelligible. Nous entrons dans le monde des autres, dans leur intimité consciente et inconsciente, directement ou indirectement, dans leurs pensées et dans leurs actes libres ou inconscients dont les traces se voient dans leur intimité ou dans leur environnement extérieur. Les choses et les êtres avec lesquels je communique entrent aussi en contact avec moi, en surface ou en profondeur et s'empare de quelque chose qui est en moi, propre ou étranger à moi et dépose en moi, en surface ou en profondeur, quelque chose de l'existence qui est à moi ou qui m'est étranger, qui est personnellement à moi ou qui est un bien collectif dont je suis propriétaire mais pas l'unique propriétaire et donc propriétaire avec des droits et des devoirs limités. Mais il ne suffit pas d'entendre les autres ou de les voir ou d'être vu et entendu qui sort d'existence de sa solitude. C'est la réponse à notre appel ou notre réponse positive ou négative à un appel qui vient du monde extérieur ou du monde intérieur intime et individuel qui est le signe de la sortie de l'état de solitude dans le monde. c'est pourquoi dans les réseaux sociaux, s'il est important de lire, il est aussi important de commenter et c'est pourquoi la censure est en contradiction avec ce principe fondamental de l'interaction dans les réseaux sociaux, ces grandes assemblées de rencontres d'êtres humains sensibles et intelligents et avec d'autres présences chargés de pouvoir d'action et d'influence dans les champs des pouvoirs au sein desquels ils font leur apparition et se meuvent dans le sens d'une extension ou d'une compression.
mardi 2 juin 2015
jeudi 30 avril 2015
mardi 3 mars 2015
Hannah Arendt: Idéologie et terreur
En troisième lieu, puisque les idéologies n’ont pas le
pouvoir de transformer la réalité, elles accomplissent cette émancipation de la
pensée à l’égard de l’expérience au moyen de certaines méthodes de
démonstration. Le penser idéologique ordonne les faits en une procédure
absolument logique, qui part d’une prémisse tenue pour axiome et en déduit tout
le reste : autrement dit, elle procède avec une cohérence qui n’existe
nulle part dans le domaine de la réalité. La déduction peut procéder
logiquement ou dialectiquement ; dans les deux cas, celle-ci implique un
processus cohérent de l’argumentation qui, parce qu’elle pense en termes de processus , est supposée capable de
comprendre le mouvement des processus surhumains, naturels ou historiques.
L’esprit parvient à la compréhension en
imitant, soit logiquement, soit dialectiquement, les lois des mouvements
« scientifiquement » établis auxquels, au cours du processus
d’imitation, il s’intègre progressivement. L’argumentation idéologique, qui est
toujours un genre de déduction logique, répond aux deux composantes des idéologies
précédemment mentionnées-celle du mouvement et celle de l’émancipation à
l’égard de la réalité et de l’expérience-, premièrement parce que son
mouvement de pensée ne naît pas de
l’expérience mais s’ auto- génère, et, en second lieu parce qu’elle transforme le
seul et unique élément tiré et admis de la réalité expérimentée en une prémisse
à valeur d’axiome et , dès lors, s’en remet au déroulement de l’argumentation subséquente que nulle expérience ultérieure ne
vient troubler. Une fois les prémisses établies, le point de départ donné, les
expériences ne peuvent plus venir contrarier
le mode de penser idéologique,
pas plus que celui-ci ne peut tirer d’enseignement de la réalité.
jeudi 12 février 2015
Hannah Arendt:gouvernance, souvernaineté, Etat- nation, réfugiés, apatride, sentiment d'intérêts commun, solidarité, entente
« Dénué d’important et en apparence simple jouet de la
loi, l’apatride fut rejoint dans son
statut juridique par les réfugiés de l’après-guerre que les révolutions avaient
chassés de leur pays et qui étaient promptement dénationalisés par les gouvernements
en place.
Appartiennent à ce groupe, par ordre chronologique, des millions de
Russes, des centaines de millier d’Arméniens, des milliers de Hongrois, des
centaines de milliers d’Allemands et un peu plus d’un demi-million d’Espagnols,
pour n’énumérer que les catégories les plus importantes.
L’attitude de ces
gouvernements peut aujourd’hui apparaître comme la conséquence naturelle de la
guerre civile ; mais, à l’époque, les dénationalisations massives étaient
quelque chose d’entièrement nouveau et de tout à fait imprévu. Elles présupposaient
une structure d’Etat qui, si elle n’était pas encore tout à fait totalitaire,
n’était pas en tout cas prête à tolérer
la moindre opposition, et qui aurait préféré perdre ses citoyens plutôt
que donner asile à des individus aux vues divergente.
Elles révélaient, en
outre, ce qui avait été dissimulé durant toute l’histoire de la souveraineté
nationale, à savoir que les souverainetés entre pays voisins pouvaient se
livrer une lutte à mort non seulement en cas extrême de guerre, mais aussi en
temps de paix.
Désormais, il était claire qu’une entière souveraineté nationale
était pôssible seulement aussi longtemps qu’un concert des nations européens
existait ; car c’était cet esprit de solidarité et d’entente tacites qui empêchait
les gouvernements d’exercer intégralement leur pouvoir souverain. En théorie,
dans le domaine du droit international, il avait toujours été vrai que la
souveraineté n’est nulle part plus absolue qu’en matière
d’ « émigration, de naturalisation, de nationalité et
d’expulsion » ; mais, quoi
qu’il en soit, les considérations pratiques avaient restreint la souveraineté
nationale jusqu’à l’essor des régimes totalitaires.
On est presque tenté de
mesurer le degré de contamination totalitaire d’après le niveau auquel les
gouvernements concernés utilisent leur droit de dénaturation (et il serait
alors fort intéressant de découvrir que l’Italie de Mussolini répugnait au fond
à traiter ses réfugiés de cette manière²⁴). Mais il faut également se souvenir
qu’il n’est pratiquement pas un seul pays du continent qui n’ait adopté entre
les deux guerres une nouvelle législation qui, même si elle n’utilisait pas ce
droit à outrance, était toujours formulée de manière à permettre de se
débarrasser à un moment considéré comme opportun d’un grand nombre de ses
habitants²⁵ »
Aucun paradoxe de la politique contemporaine ne dégage une
ironie plus poignante que ce fossé entre les efforts des idéalistes bien
intentionnés, qui s’entêtent à considérer comme « inaliénables » ces droits
humains dont ne jouissent que les citoyens des pays les plus prospères et les
plus civilisés, et la situation des sans-droits. Leur situation s’est
détériorée tout aussi obstinément, jusqu’à ce que le camp d’internement-qui
était avant la Seconde Guerre mondiale l’exception plutôt que la règle pour les
apatrides-soit devenu la solution de routine au problème de la domiciliation
des « personnes déplacées ».
Hanna Arendt, « Le déclin de l’Etat-nation », in
Les origines du totalitarisme, PP.575-576.
24. La loi italienne de 1926 contre
l’ « émigration abusive » semblait annoncer des mesures de
dénaturation contre des réfugiés antifascistes.
25.
La
première loi de ce type a été une mesure de guerre prise par la France en 1915
et qui ne s’appliquait qu’aux citoyens naturalisés d’origine ennemie qui
avaient gardé leur nationalité d’origine…
mercredi 11 février 2015
Werner Heisenberg: gouvernance, science et philosophie
Werner Karl Heisenberg, physicien allemand né le 5 décembre 1901 à Wurtzbourg, mort le 1 février 1976 à Munich. Un des fondateur de la mécanique quantique. Prix Nobel de physique de 1932 « pour la création de la mécanique quantique, dont l’application a mené, entre autres, à la « découverte des variétés allotropiques de l’hydrogène2 ».
Au cours des dernières années on a souvent dit que la science atomique moderne abolissait le principe de causalité ou, du moins, lui enlevait une partie de sa vigueur, si bien que l'on ne pouvait plus parler d'une détermination proprement dite des processus selon les lois naturelles. Parfois, on entend simplement dire que le principe de causalité n s'accorde pas avec la science moderne de l'atome. Des formules de ce genre restent obscures tant que les concepts de cause ou de loi ne sont pas suffisamment élucidés. C'est pourquoi je voudrait, dans ce qui suit, parler d'abord brièvement du développement historique de ces concepts. Nous nous attacherons ensuite aux rapports qui existent, bien avant la théorie des quanta, entre la science atomique et le principe de causalité. Nous parlerons alors du développement de la science atomique au cours des dernières années. Ce développement est encore peu connu du public; il semble pourtant qu'il aura des répercussions dans le domaine de la philosophie.
Werner Heisenberg, "Physique de l'atome et loi de la causalité", in La nature dans la physique contemporaine.
mardi 10 février 2015
Science, philosophie, changement de vision du monde des choses et des êtres et gouvernance
Werner Heisenberg
I. LE CONCEPT DE CAUSALITE
Historiquement parlant, l'application du concept causalité à la règle de cause à effet est relativement récente. Dans les philosophies anciennes, le terme causa avait une signification bien plus générale qu'il ne l'a aujourd'hui. Se référant à Aristote, la Scolastique par exemple parlait de quatre formes de "cause". On y trouve la causa formalis, qu'aujourd'hui on appellerait la structure ou le contenu conceptuel d'une chose, la causa materialis, c'est-à-dire la matière dont est faite une chose; la causa finalis, qui est le but d'une chose et, enfin, la causa efficiens. Seule la cause efficiens correspond à peu près à ce que nous désignons aujourd'hui par le terme de cause.
La transformation du concept de causa dans le concept actuel de cause s'est produite au cours des siècles, en liaison interne avec la transformation de la réalité entière, telle que les hommes la conçoivent , et avec la naissance des sciences de la nature au début de l'ère moderne. Dans la mesure où le processus matériel gagnait en réalité, le terme causa s'appliquait au processus matériel particulier qui précédait l'événement à expliquer et, en quelque sorte, le provoquait.
C'est pourquoi Kant qui, sur beaucoup de points, tire les conséquences du développement des sciences de la nature depuis Newton, emploie déjà le terme de causalité dans l'acception habituelle au XIXème siècle: "Lorsque nous apprenons qu'une chose arrive, nous présupposons toujours qu'une chose a précédé dont la première découle selon une règle." C'est ainsi que la formule de la causalité fut limitée et s'identifia finalement au fait de s'attendre qu'un évènement de la nature soit rigoureusement déterminé et que, par conséquent, la connaissance exacte de la nature ou de l'une de ses parties suffise, du moins en principe, à prévenir l'avenir.
La physique de Newton était ainsi conçue qu'on pouvait calculer à l'avance, à partir de l'état d'un système, à un moment déterminé, le mouvement futur du système. Que ce soit un principe de la nature, Laplace l'a formulé de la façon la plus générale et la plus compréhensible: il a forgé la fiction d'un démon qui, a un moment donné, connaîtrait la position et le mouvement de tous les atomes et serait alors en mesure de calculer d'avance l'avenir total de l'univers. Si l'on veut prendre le terme de causalité ay sens restreint, on parle aussi de "déterminisme" et on entend pas là qu'il y a des lois naturelles fixes qui déterminent rigoureusement l'état futur d'un système d'après l'état actuel.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, "physique de l'atome er loi de la causalité"lundi 9 février 2015
Hannah Arendt: Du gouvernement du pouvoir totalitaire
Le besoin de surveillance est présent dans la nature avant d'être la préoccupation fondamentale dans la vie sociale de l'homme et dans la vie personnelle de l'homme.
Ce qui est discuté dans la famille, dans le quartier, dans le village, dans la cité, dans la conception, dans la naissance historique de l’État et dans celle de toutes les institutions de surveillance en son sein, ce n'est pas la nécessité de la surveillance et celle du métier de berger pour répondre à ce besoin à la fois individuel et collectif autour duquel se retrouvent toutes les choses et tous les êtres de nature à être gouvernés ou à gouverner. L'existence surveille l'existence parce l'existence, celle du ver de terre comme celle du roseau et celle du minéral, est toujours accompagné d'une portion du pouvoir de l'univers, du pouvoir de la famille, du pouvoir de la société, du pouvoir de l’État.
Pour celui qui pense la surveillance de l'existence, pour celui qui la réclame comme pour celui qui l'exerce comme pour celui qui pourrait nier sa nécessité ou une certaine forme de surveillance, ce qui est toujours en jeu dans la surveillance de l'existence, c'est ce pouvoir dans chaque chose et dans chaque être vivant. L'existence surveille l'existence en tant qu'individu, dans sa forme de roseau comme dans sa forme de ver de terre, parce le pouvoir qui est dans l'intimité du roseau et qui est sa part initial du capital universel de l'univers ou d'une certaine part dissociable et dissociée du capital de l'univers dont une partie est mobile et une autre fixe, est en mesure de détruire l'existence du roseau ou de détruire quelque autre unité de l'existence s'ils venaient à entrer en contact et se lier d'une certaine manière, mais parce qu'aussi, il se trouve dans le roseau, un pouvoir qui, bien qu'étant dans l'intimité du roseau, dans l'intimité de son âme, de son corps, de son esprit, n'est pas seulement dans l'existence pour répondre aux besoin du roseau. L'existence surveille l'existence parce que chaque chose est un chargé d'un certain pouvoir, est en soi un certain pouvoir qui peut être son pouvoir individuel exclusif ou un pouvoir dont il ne serait que le porteur et qu'il ne devrait pas utiliser n'importe comment pour n'importe quoi et n'importe quand.
L'existence surveille l'existence, parce que chaque pouvoir est convoité par un autre pouvoir dans un champ de pouvoirs formant des réseaux naturels et artificiels et historiques de pouvoirs dans lesquels les choses et les êtres vivants peuvent s'affaiblir ou se renforcer. L'existence surveille l'existence, parce dès qu'une chose au sein de la nature ou parmi les hommes est dépourvu de tout pouvoir et de toute influence sur sa propre intimité ou sur une autre portion de son environnement, il cesse d'exister, parce qu'il cesse d'être présent par les effets de son absence ou de sa présence dans les corps et dans l'esprit des choses. Dès que le toxicomane cesse de ressentir une sensation désagréable de manque, il commence à sortir des chaînes de la drogue parce que le pouvoir de la drogue sans rien perdre de son intimité, commence à perdre de son action et de son influence sur le sujet. Les économistes ne diraient pas le contraire au sujet de l'essence des choses et des êtres. Ce qui n'a pas de pouvoir n'a pas de mesure parce qu'il n'a pas de valeur d'action et de valeur d'usage. Comme toute chose cherche donc à conserver son pouvoir, ou au moins une partie du pouvoir qui lui est nécessaire pour agir ou pour recevoir une action, et comme toute action n'est pas nécessaire la meilleure pour son acteur et pour son environnement, même si cet acteur est lucide et expérimenté et supposé sage, parce que le monde et les choses et leurs pouvoirs sont à la fois clairs et obscurs et que personne ne peut s'assurer de tout voir et de voir clair, il est nécessaire de surveiller l'existence et plus l'existence est compliquée, plus elle est complexe, elle demande de plus en plus la conception d'un métier spécial qui est le métier de berger que l'on appelle Gouvernance ou Ngueynaak à Pagaal, en même tant qu'une certaine manière d'exercer cette activité sur soi ou sur une autre portion de l'existence.
Pour celui qui pense la surveillance de l'existence, pour celui qui la réclame comme pour celui qui l'exerce comme pour celui qui pourrait nier sa nécessité ou une certaine forme de surveillance, ce qui est toujours en jeu dans la surveillance de l'existence, c'est ce pouvoir dans chaque chose et dans chaque être vivant. L'existence surveille l'existence en tant qu'individu, dans sa forme de roseau comme dans sa forme de ver de terre, parce le pouvoir qui est dans l'intimité du roseau et qui est sa part initial du capital universel de l'univers ou d'une certaine part dissociable et dissociée du capital de l'univers dont une partie est mobile et une autre fixe, est en mesure de détruire l'existence du roseau ou de détruire quelque autre unité de l'existence s'ils venaient à entrer en contact et se lier d'une certaine manière, mais parce qu'aussi, il se trouve dans le roseau, un pouvoir qui, bien qu'étant dans l'intimité du roseau, dans l'intimité de son âme, de son corps, de son esprit, n'est pas seulement dans l'existence pour répondre aux besoin du roseau. L'existence surveille l'existence parce que chaque chose est un chargé d'un certain pouvoir, est en soi un certain pouvoir qui peut être son pouvoir individuel exclusif ou un pouvoir dont il ne serait que le porteur et qu'il ne devrait pas utiliser n'importe comment pour n'importe quoi et n'importe quand.
L'existence surveille l'existence, parce que chaque pouvoir est convoité par un autre pouvoir dans un champ de pouvoirs formant des réseaux naturels et artificiels et historiques de pouvoirs dans lesquels les choses et les êtres vivants peuvent s'affaiblir ou se renforcer. L'existence surveille l'existence, parce dès qu'une chose au sein de la nature ou parmi les hommes est dépourvu de tout pouvoir et de toute influence sur sa propre intimité ou sur une autre portion de son environnement, il cesse d'exister, parce qu'il cesse d'être présent par les effets de son absence ou de sa présence dans les corps et dans l'esprit des choses. Dès que le toxicomane cesse de ressentir une sensation désagréable de manque, il commence à sortir des chaînes de la drogue parce que le pouvoir de la drogue sans rien perdre de son intimité, commence à perdre de son action et de son influence sur le sujet. Les économistes ne diraient pas le contraire au sujet de l'essence des choses et des êtres. Ce qui n'a pas de pouvoir n'a pas de mesure parce qu'il n'a pas de valeur d'action et de valeur d'usage. Comme toute chose cherche donc à conserver son pouvoir, ou au moins une partie du pouvoir qui lui est nécessaire pour agir ou pour recevoir une action, et comme toute action n'est pas nécessaire la meilleure pour son acteur et pour son environnement, même si cet acteur est lucide et expérimenté et supposé sage, parce que le monde et les choses et leurs pouvoirs sont à la fois clairs et obscurs et que personne ne peut s'assurer de tout voir et de voir clair, il est nécessaire de surveiller l'existence et plus l'existence est compliquée, plus elle est complexe, elle demande de plus en plus la conception d'un métier spécial qui est le métier de berger que l'on appelle Gouvernance ou Ngueynaak à Pagaal, en même tant qu'une certaine manière d'exercer cette activité sur soi ou sur une autre portion de l'existence.
Ce qui est discuté, ce n'est pas l'existence du besoin de surveillance et la nécessité d'un métier spécial, d'une science et d'un art spécial pour cette mission de surveillance. Par contre, les moyens, les formes, la légitimité, l'efficacité, la rationalité, la pertinence, les finalités de la surveillance de l'existence, de la gouvernance et du métier de berger ne sont pas vus partout de la même manière.
Dans l'esprit de toutes les religions révélées du monde, le monde est compris comme un gigantesque corps sensible et intelligent composé d'un ensemble de choses et d'êtres vivants dont le nombre et les caractéristiques individuelles et collectives sont toujours extensibles et compressible, mais qui malgré son étendue et sa complexité, est sous direction d'un Berger qui sent et comprend et voit tout, tous les problèmes possibles, toutes les solutions possibles, tout le présent, tout le passé, tout le futur, un œil qui voit l'intimité de toute chose et dans les intimités des choses grandes ou petite. C'est ce berger de l'univers que l'on appelle partout Dieu. Il y a aussi des conceptions de l'existence qui voient que l'existence humaine peut avoir un seul berger qui serait la source, le siège de tous les pouvoirs, le foyers de toutes les décisions, le foyers de toutes les actions et de toutes les réalisation, un seul responsable de la définition de ce que sont ou pourraient être, ce que pourraient vouloir, de ce que devrait être les choses et les êtres, de ce qu'ils devraient faire et ne pas faire, sentir et ne pas sentir, dire ou ne pas dire, de la manière de le dire ou de le faire et devant lequel toute chose et tout être, tout pouvoir se plierait sans murmure. C'est le pouvoir totalitaire.
" Lorsque les dirigeants totalitaires proclament que le pays où ils ont réussi à s'emparer du pouvoir n'est à leurs yeux que le quartier général temporaire du mouvement international en marche pour la conquête du monde, lorsqu'ils considèrent leurs victoires et défaites en termes de siècles ou de millénaires et que les intérêts planétaires priment toujours sur les intérêts locaux de leur propre territoire, nous tenons ces propos pour négligeables. La fameuse phrase, "le droit est ce qui est bon pour le peuple allemand" n'était employé que pour des fins de propagande de masse; aux nazis, on disait que le "droit est ce qui est bon pour le mouvement", et les intérêts de l'un et de l'autre étaient toujours loin de toujours coïncider. Les nazis ne pensaient pas que les Allemands formaient une race de seigneurs, à qui le monde appartenait; ils pensaient au contraire que ceux-ci devaient être guidés, au même titre que toutes les autres nations, par une race de seigneurs, laquelle était sur le point de naître. Ce n'était point les Allemands qui formaient l'aurore de cette race de maitres, mais les SS. "L'empire mondial germanique", comme disait Himmler,
" Lorsque les dirigeants totalitaires proclament que le pays où ils ont réussi à s'emparer du pouvoir n'est à leurs yeux que le quartier général temporaire du mouvement international en marche pour la conquête du monde, lorsqu'ils considèrent leurs victoires et défaites en termes de siècles ou de millénaires et que les intérêts planétaires priment toujours sur les intérêts locaux de leur propre territoire, nous tenons ces propos pour négligeables. La fameuse phrase, "le droit est ce qui est bon pour le peuple allemand" n'était employé que pour des fins de propagande de masse; aux nazis, on disait que le "droit est ce qui est bon pour le mouvement", et les intérêts de l'un et de l'autre étaient toujours loin de toujours coïncider. Les nazis ne pensaient pas que les Allemands formaient une race de seigneurs, à qui le monde appartenait; ils pensaient au contraire que ceux-ci devaient être guidés, au même titre que toutes les autres nations, par une race de seigneurs, laquelle était sur le point de naître. Ce n'était point les Allemands qui formaient l'aurore de cette race de maitres, mais les SS. "L'empire mondial germanique", comme disait Himmler,

ou l'empire mondial "aryen" comme aurait plutôt dire Hitler, n'était de toute façon envisageable qu'à des siècles de distance. Pour le "mouvement", il était plus important de démontrer qu'il était possible de fabriquer une race anéantissant d'autres "races" que de gagner une guerre aux objectifs limités. Ce qui frappe l'observateur extérieur comme "une folie prodigieuse" n'est que la conséquence de l'absolue primauté du mouvement, non seulement sur l’État, mais aussi sur la nation, le peuple, et le pouvoir dont sont investis les dirigeants eux-mêmes. L'ingénieux système du gouvernement totalitaire, avec cette concentration absolue, inégalée, du pouvoir dans les mains d'un seul homme, n'avait jamais été expérimenté au paravent parce qu'aucun tyran ordinaire ne fût jamais assez fou pour écarter toute considération d'intérêt limité et local-économique, national, humain, militaire-en faveur d'une réalité purement fictive dans on ne sait quel avenir lointain et indéfini"
Hannah ARENDT, "Le totalitarisme au pouvoir", in Les Origines du totalitarisme, pp.748-749.
" Lorsque les dirigeants totalitaires proclament que le pays où ils ont réussi à s'emparer du pouvoir n'est à leurs yeux que le quartier général temporaire du mouvement international en marche pour la conquête du monde, lorsqu'ils considèrent leurs victoires et défaites en termes de siècles ou de millénaires et que les intérêts planétaires priment toujours sur les intérêts locaux de leur propre territoire, nous tenons ces propos pour négligeables. La fameuse phrase, "le droit est ce qui est bon pour le peuple allemand" n'était employé que pour des fins de propagande de masse; aux nazis, on disait que le "droit est ce qui est bon pour le mouvement", et les intérêts de l'un et de l'autre étaient toujours loin de toujours coïncider. Les nazis ne pensaient pas que les Allemands formaient une race de seigneurs, à qui le monde appartenait; ils pensaient au contraire que ceux-ci devaient être guidés, au même titre que toutes les autres nations, par une race de seigneurs, laquelle était sur le point de naître. Ce n'était point les Allemands qui formaient l'aurore de cette race de maitres, mais les SS. "L'empire mondial germanique", comme disait Himmler,
ou l'empire mondial "aryen" comme aurait plutôt dire Hitler, n'était de toute façon envisageable qu'à des siècles de distance. Pour le "mouvement", il était plus important de démontrer qu'il était possible de fabriquer une race anéantissant d'autres "races" que de gagner une guerre aux objectifs limités. Ce qui frappe l'observateur extérieur comme "une folie prodigieuse" n'est que la conséquence de l'absolue primauté du mouvement, non seulement sur l’État, mais aussi sur la nation, le peuple, et le pouvoir dont sont investis les dirigeants eux-mêmes. L'ingénieux système du gouvernement totalitaire, avec cette concentration absolue, inégalée, du pouvoir dans les mains d'un seul homme, n'avait jamais été expérimenté au paravent parce qu'aucun tyran ordinaire ne fût jamais assez fou pour écarter toute considération d'intérêt limité et local-économique, national, humain, militaire-en faveur d'une réalité purement fictive dans on ne sait quel avenir lointain et indéfini"
Hannah ARENDT, "Le totalitarisme au pouvoir", in Les Origines du totalitarisme, pp.748-749.
samedi 31 janvier 2015
Galilée sur sciences, mathématiques, hypothèses et réalité selon Heinsenberg
L'expérience doit confirmer les propriétés des corps de façon que la définition coïncide avec les phénomènes. Galilée écrit dans une lettre à Carcarille, datée du 5juin 1637( vol.VII, p.156):
"Si l'expérience montre que les propriétés que nous avons déduites trouvent confirmation dans la chute libre des corps, nous pouvons affirmer, sans crainte d'erreur, que le mouvement concret de la chute est identique à celui que nous avons défini et présupposé: si ce n'est pas le cas, nos démonstrations, qui s'appliquent à notre seule hypothèse, ne perdent rien de leur force et de leur valeur,pas plus que les propositions d'Archimède sur la spirale ne pâtissent du fait qu'on ne trouve dans la nature aucun corps auquel on puisse attribuer un mouvement en spirale."
Nous trouvons ici l'énoncé étonnamment clair et concis du principe fondamental de la pensée scientifique moderne:ce principe fondamental établit le rapport alternatif entre les hypothèses et l'expérience.Pour observer la nature, l'esprit humain développe des hypothèses qui doivent être mathématiques, logiquement concluantes.
Les démonstrations mathématiques portent sur ces hypothèses. Le fait qu'elles soient concluantes ne donne cependant pas aucune indication quant à l'existence réelle, dans la nature, des rapports tels qu'ils sont envisagés dans les hypothèses. Les hypothèses n'acquièrent le caractère de lois naturelles que si elles ont été employées pour l'expérience empirique et confirmées par celle-ci. Des hypothèses qui sont, en soi, logiques, mathématiques, mais ne correspondant à rien dans la nature, ne cessent pas pour autant d'être concluantes mais ne constituent pas une loi naturelle.
Werner HEISENBERG, La nature dans la physique contemporaine, "Galilée(15 fév.1564-8 jan.1642)
jeudi 29 janvier 2015
Problématique de la Gouvernance: Yaakaar peut-il naître parmi nous à Pagaal aujourd'hui?
Dans les eaux du Fleuve Jotnaam Ndigil encore appelé Fleuve
de la Vérité chez nous à Pagaal et qui passe en surface et en profondeur par
toutes les terres du monde Pagaal, il y
a une pirogue en or transportant une femme enceinte, sourde, aveugle, muette et
amnésique, en compagnie d’un homme qui,
lui aussi, est sourd, aveugle, muet et amnésique. Dans la pirogue, il y a un
ballon en or sur un pied droit en or.
Je ne fais que raconter d’abord, pour ensuite réfléchir sur ce
que j’ai entendu au cours d’un rêve durant un long et profond sommeil
existentiel. Je crois que personne ne s’étonnera que je m’intéresse à mes rêves
et de ne pas les garder secret, comme si mes rêves ne voulaient rien dire et ne
pouvaient rien dire aux autres hommes sur la terre, proches de moi ou très
éloignés de moi, ici dans le même Etat de Pagaal ou en dehors de Pagaal.
Je ne sais pas comment ni pourquoi je suis arrivé au cours de
mon sommeil au milieu de cette grande assemblée des Assises du Khoy des
saltiguis de Wéthiar Ndigil qui se tiennent quelque part dans le monde. Wéthiar
Ndigil, c’est l’Esprit universel du monde qui n’oublie qui n’oublie jamais ce
qu’il sait des vérités du monde et dont il est témoin. Les saltiguis de Wéthiar
sont des femmes et des hommes qui n’oublient pas la vérité et qui ne vénèrent
que la vérité.
Le Corps social des saltiguis de Wéthiar est l’Ancêtre, la
forme la plus ancienne du Corps social des Renseignement Généraux dans la
chaîne de la surveillance de l’existence à l’intérieur et à l’extérieur du
territoire de l’Etat moderne de Pagaal.
La fonction du Corps social des saltiguis de Wéthiar à Pagaal
et ailleurs dans d’autres corps politiques et celui des Renseignement généraux
de l’Etat moderne de Pagaal ont la même fonction sociale, la même mission politique,
mais les moyens pour entrer en contact avec la réalité sur laquelle porte leurs
renseignements ne sont pas les mêmes. Les méthodes dont ils disposent pour transmettre
ce qu’ils savent ou prétendent savoir au sujet de l’existence de nature à être
surveillée et qui aurait un besoin de surveillance ne sont pas non plus les
mêmes.
Les Renseignements généraux de tous les Etats anciens et modernes
rendent compte à un chef ou à un directeur de leur institution de surveillance
alors que le corps des Saltiguis de Pagaal s’adresse toujours publiquement au
peuple. Les Assises du Khoy de Wéthiar Ndigil sont les assises de tous les
hommes et de tous les peuples parce qu’il n’existe pas de groupement politique
qui ne tiendrait pas son existence de quelque assemblée.
La valeur des renseignements de ces deux corps n’est pas non
plus la même. Je ne sais rien de la valeur des informations des RG, mais j’ai
entendu dire durant cette assemblée, par la voix du personnage qui introduit
l’Assemblée et lance l’appel à ce qui ont vu ou entendu quelque chose de
signifiant dans l’existence, leur rappeler que jamais le Corps des saltiguis de
Wéthiar n’a annoncé au peuple ce qui n’est pas en route et qui pourrait arriver
à sa destination ou qui pourrait être détourné de sa fin personnelle ou de sa
fin collective.
Les agents du Corps social des saltiguis de Pagaal sont des
fonctionnaires de la communauté de Pagaal, mais ils ne reçoivent aucun salaire
et leur activité n’est pas un métier. Leur salaire et leur satisfaction, je
crois, c’est la chance d’entendre ou de voir quelque chose, quelque signe de la
vérité, par leurs « Grandes oreilles claires», leurs « Grands
yeux clairs » dans l’Oreille et dans l’œil de la Transparence de Wéthiar
Ndigil dans l’obscurité externe et interne de l’existence dans ses intimités
particulières et dans leur environnement naturel ou social.
Je ne sais pas par où commence et par où s’arrête la
responsabilité des RG dans la surveillance de l’existence, mais il n’est pas de
la fonction des saltiguis d’agir. Leur mission est d’alerter. Ils ne prétendent
pas dire la vérité, mais leur éthique est de dire tout ce qu’ils ont vu ou
entendu et qui pourrait concerner quelque autre existence en dehors de leur vie
individuelle en tant qu’agent ou en tant que corps social dans la surveillance
de l’existence, sans rien déformer. La seule cause qui leur fait perdre leur
pouvoir est de déformer volontairement la vérité de ce qu’ils ont vu ou
entendu. Ils n’interprètent rien. Ils ne comprennent pas nécessairement tout ce
qu’ils voient ou entendent et c’est pourquoi ils doivent en parler. Ils ne
parlent pas pour effrayer et ils ne parlent pas pour tempérer une angoisse
existentielle collective ou personnelle venant de la nature ou de l’homme
lui-même.
Les saltiguis de Wéthiar ont dit que la femme qui se trouve
dans la pirogue en or dans les eaux du fleuve Jotnaam s’appelle Mosselle. Ce
nom dit qu’elle est belle ou alors fut très belle. L’homme s’appelle Goulmaam, ainsi
qu’il convient d’appeler raisonnablement tout être égaré conscient de son état
ou qui n’est pas conscient de sa condition dans le monde. Goulmaam est un
ancien chasseur de loups et d’autres fauves et carnivores dans la nature et
parmi les hommes. Confondant Mosselle qui dormait dans un buisson quelque part
dans la forêt des mystères, elle l’aurait atteint par une de ses flèches
empoisonnées. Il a entendu une vie humaine lui dire « Tu m’as atteint,
mais pourquoi voudrais-tu de ma mort ? » C’est alors que commença sa
cécité et c’est ce jour là qu’il s’est converti en Défenseur des Droits de
l’Homme et s’est engagé à accompagner Mosselle et Yaakaar cet enfant que
portait alors et que encore aujourd’hui Mosselle dans son ventre. Mais Mosselle
avait alors perdu toutes ses facultés.
Mosselle, Yaakaar et Goulmaam sont à la recherche d’une terre
promise. Ils sont en route depuis l’établissement des premiers pouvoirs des
premiers gouvernements qui furent les bergers de l’existence dans la nature et
parmi les hommes. Il y a de cela très longtemps. Depuis ces temps de l’humanité
naissant dans la nature, Mosselle porte sa grosse et Yaakaar est à la recherche
de cette terre de naissance promise par son père encore inconnu.
Aux Assises de Wéthiar, il me semble qu’il s’agit de
reconstituer une histoire dont l’unité est dissociée, dont les parties sont
dispersées et que chaque orateur tiendrait une portion de la vérité que l’on
cherche à saisir par les sens ou par l’esprit. Au fur et à mesure que les saltiguis
entrent en scène et parlent, il me semble que le visage et la nature de ce dont
il est question dans l’ordre du jour se trace et devient de plus visible.
Le Corps social des saltiguis de Wéthiar dit qu’un jour, une
jeune fille très belle qui s’appelle Mosselle à cause de sa beauté, avec toutes
les filles de sa communauté quelque part existant encore ou disparu dans le
monde, se sont rendues dans la forêt des mystères pour y chercher du bois qui
devait servir à la préparation d’un repas collectif au cours d’une cérémonie
initiatique.
Alors qu’elles s’apprêtaient à retourner à la cité où les
attendait leur peuple, elles auraient
entendu une voix, celle d’une femme qui solitaire qui demandait de l’aide.
« Depuis que je suis dans cette forêt, me voici enfin devant ce fagot de bois
que mon peuple m’a demandé de retrouver dans cette forêt et de ramener au
milieu du peuple. Il me reste maintenant après que je l’ai enfin retrouvé après
plusieurs nuits et jours de recherche, mais il me faut à présent le porter sur
ma tête. Je n’ai pas la force pour le soulever avec mes propres forces. Des
femmes et des hommes très forts qui se sont étonnés que je ne puisse pas
soulever ce fagot de bois avec mes propres forces, se sont rendus eux-mêmes
compte qu’il n’est pas donné à toutes les forces de faire ce que je ne peux pas
faire sans aucune autre contribution venant des hommes ou de quelque autre
force de la nature. Je suis incapable de le porter sur ma tête par mes propres
forces et je n’ai pas le droit, ni même le pouvoir d’en diminuer un seul morceau. Y’ aurait quelque part
dans ce monde, une présence proche ou éloignée dans cette nature ou en dehors
de cette nature pour me venir en aide et sachant qu’en retour que je n’aurais rien à lui rendre qui pourrait
servir de prix pour son
concours ? »
Malgré l’esprit de méfiance de ses camarades qui l’en
dissuadèrent, Mosselle n’avait pas eu la force de rester indifférente à cette
appel. Elle fit ce qui dépendait d’elle et elle le fit avec succès, parce
qu’elle comprit ensuite qu’elle venait de sauver une vie humaine. Cette femme
était condamnée. Elle devait porter ce fagot de bois sur sa tête et ce fagot de
bois c’était le fagot des corps et des esprits de son peuple rassemblés en un
seul corps.
En décidant par sa propre conscience de répondre à cette voix
inconnue, elle ignorait tout de la portée de son acte. Elle suivait alors la
voix du devoir et de la solidarité que lui suggéra sa conscience individuelle qui
n’est pas celle de sa société puisqu’elle n’était pas seule et elle fut la
seule à se décider de répondre positivement.
Mosselle n’était pas le seule et la première à répondre à l’appel
de cette voix. Beaucoup d’hommes et de femmes avaient entendu cet appel et
auraient répondu positivement, mais malheureusement, leur présence n’avait rien
changé.
Le fagot de bois que cette femme inconnue était condamnée à
retrouvée pour retourner dans la communauté qui l’avait exilée, n’était pas n’importe
quel fagot de bois, mais un fagot de morceaux de bois sensibles, intelligents,
doués chacun d’une volonté individuelle et d’une volonté générale qui les
attachait les uns aux autres, et poursuivant chacun une fin individuelle et
ensemble une fin collective.
Il ne dépendait pas de la volonté individuelle et du pouvoir
individuel de la femme qui devait le porter sur sa tête ou des pouvoirs
individuels associés ou personnels qui répondirent à son appel, mais surtout de
la volonté, de la sensibilité et de l’intelligence des bois du fagot et du
fagot. Cette femme condamnée ne pouvait pas soulever cette charge pour la
porter sur sa tête, parce qu’elle n’inspirait plus confiance aux membres de sa
communauté.
Depuis ce matin, Mosselle est en état de grossesse. Les
saltiguis de Pagaal disent qu’elle ne sait rien du père de cet enfant qu’elle
porte. Elle est devenue sourde, aveugle, muette et amnésique dès qu’elle fut renversée
par une force humaine ou surnaturelle dans la nature, après avoir répondu à
l’appel d’une inconnue et après lui avoir rendu un immense service. Pour
retrouver la confiance qui lui fut arrachée par sa société, cette femme devait
arriver à ramener ce fagot de bois au milieu des siens. Mosselle est donc la
source de la restauration de sa confiance perdue. Mieux vaut mourir dans la
solitude que de vivre avec des femmes et des hommes qui ne nous font pas confiance
et à qui nous ne faisons pas confiance.
Peut importe le sexe de cet enfant que porte encore Mosselle
dans son ventre ; son nom sera toujours Yaakaar. C’est le nom que son père
encore inconnu lui a soufflé dans son âme depuis sa conception pour lui
signifier de ne jamais se séparer de la confiance et de l’espoir. C’est ce père
encore inconnu qui guide leur voyage. Depuis le ventre de sa mère, Yaakaar
entend la voix de son père, voit clairement son corps et son esprit dans un
grand et beau peuple quelque part dans le monde.
Les saltiguis de Wéthiar ne l’ont pas dit, mais je suppose
qu’il est logique de penser que le peuple où Yaakaar devrait naître et où
Mosselle et Goulmaam devraient retrouver enfin leurs facultés perdues, serait
une grande nation de football.
Les voyageurs qui sont dans la pirogue en or dans les eaux du
Fleuve Jotnaam Ndigil, le Fleuve des vérités du monde, n’ont pas encore fait le
tour de l’existence, mais ils auraient fait une bonne partie des sociétés
humaines. Comme le corps des saltiguis de Wéthair, ils espèrent qu’ils n’ont
pas encore fait le tour de toutes les humanités possibles.
Ce que les saltiguis de Pagaal affirment tous avoir entendu
de la voix de Wéthiar lui-même, c’est que le peuple que cherche Yaakaar est un peuple
amoureux de science et de sagesse positive. Wéthiar n’est pas Dieu, mais il est,
de tous les esprits en dehors de l’esprit de Dieu, le plus ancien et le plus
proche de l’Esprit du Dieu de l’univers, et il n’oublie rien de ce qu’il sait
au sujet de la nature et au sujet de l’homme. Le corps des saltiguis de Wéthiar
est formel : le peuple de Yaakaar est un celui de l’abondance en toute
sortes de biens naturels et culturels à l’image de leur pirogue de ce ballon et
de ce pied en or.
Le Corps des saltiguis de est comme celui des Renseignement
Généraux, mais avec encore cette grande différence qui est que les agents qui
renseignent les Etats modernes et leur gouvernement au sujet de l’environnement
naturel et sur tous les secteurs signifiants de l’environnement social
parleraient un langage clair et avec le maximum de précision et de preuves
possibles, alors que les premiers parlent généralement par énigme et
l’existence dont ils parlent n’est pas toujours clairement et évidemment
présente dans les esprits ou dans les corps du monde. Avec les saltiguis de
Pagaal, on est toujours entre le possible et l’impossible, quand ils sont
suffisamment clairs et quand leur discours est moins transparent, le plus grand
nombre des hommes penche très souvent à dire qu’ils ont tout inventé, que ce
dont ils parlent n’a jamais existé et ne saurait jamais exister.
Il n’est pas toujours facile de comprendre ce que disent, ce
que cherchent les hommes dans leur voyage solitaire et dans leur voyage
collectif, mais je crois savoir de ces voyageurs dont j’ai entendu parler de l’existence
aux Assises du Khoy de Wéthiar seraient à la recherche d’un pouvoir dont l’essentiel
de son autorité consisterait à rapprocher
toute chose de l’existence et tout être de l’existence de ce dont ils
pourraient être séparés, de ce dont ils sont effectivement séparés par la
nature ou par l’histoire, accidentellement ou volontairement, par la force ou
par la ruse, par la raison, par un contrat ou sans contrat. Un gouvernement
dont l’essentiel du pouvoir consisterait à séparer, à détacher et à éloigner toute
chose et tout être de ce qui serait attaché volontairement ou involontairement
à son existence et qui pourrait le séparer du pouvoir individuel ou collectif
qui lui est nécessaire pour atteindre sa fin personnelle ou sa fin collective.
Il me semble aussi,
mais ce n’est qu’une hypothèse, que ces voyageurs qui sont dans les eaux du Fleuve
Jotnaam sont à la recherche des terres des hommes de la bonne gouvernance.
Depuis que je me suis réveillé de ce long et profond sommeil existentiel, je me demande si
Yaakaar pourrait enfin naître parmi nous, aujourd’hui à Pagaal ?
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