PHILOSOLIDAIRE/Association Architecte du Bien (AAB)14252 but non lucratif - Des femmes et des hommes libres engagés, qui rêvent, pensent et agissent individuellement et ensemble pour que la Terre soit toujours et partout un lieu de satisfaction universelle de l'individu, de la société, des groupes sociaux et du monde dans les champs de CAUSES:Droits de l'homme, Éducation, Environnement, Santé, Petite Enfance, Femme, Culture, Économie et travail contre la Pauvreté
jeudi 17 mars 2011
lundi 7 février 2011
Auguste Comte sur individu et société
SUJET:Expliquez et discutez le texte suivant:
Chacun de nous se sent toujours dominé par l’ordre mathématico-astronomique, l’ordre physico-chimique, et l’ordre vital. Mais une plus profonde appréciation lui montre aussi un dernier joug, non moins invincible quoique plus modifiable, résulté de l’ensemble des lois statiques et dynamiques propres à l’ordre social. Comme toutes les autres cette fatalité complémentaire se fait d’abord sentir à nous par ses résultats, ensuite par son influence intellectuelle, et enfin par sa suprématie morale. Depuis que la civilisation a vraiment surgi, chacun a reconnu que sa propre destinée est matériellement liée à celle de l’ensemble de ses contemporains, et même de ses prédécesseurs. Le plus orgueilleux rêveur ne saurait méconnaître aujourd’hui la grande influence des temps et des lieux sur les opinions individuelles .Quoique chacun puisse modifier davantage ses affections et ses pensées, il reconnaît aisément la domination qu’exerce sur son propre état moral le caractère général de la sociabilité correspondante. Ainsi, sous tous les aspects, depuis que les mutations sociales sont assez prononcées, l’homme se sent subordonné à l’humanité. Quoique cette dépendance continue de l’individu envers l’espèce soit empiriquement appréciable depuis un grand nombre de siècles, son influence systématique exigeait la découverte des lois sociologiques.
Auguste Comte
mardi 1 février 2011
Norbert Elias sur les rapports entre individu et société
SUJET: Expliquez et discutez le texte suivant:
Les individus ne sont pas liés par un ciment. Que l'on songe seulement à la foule dans les rues d'une grande ville : la plupart des gens ne se connaissent pas. Ils n'ont presque rien à voir les uns avec les autres. Ils se pressent en désordre, chacun poursuivant ses propres objectifs et ses propres projets. Ils vont et viennent comme il leur plaît. Parties d'un tout ? Le terme n'est certainement pas employé ici à bon escient, en tout cas pas si son sens doit être uniquement déterminé par la vision des structures statiques ou fermées sur elles-mêmes dans l'espace, par des expériences telles que nous en offrent les édifices et les œuvres d'art ou bien encore les institutions. Mais il y a indubitablement une autre face de la médaille : en dépit de toute la liberté de mouvement des individus, un ordre caché, qui n'est pas directement sensible, est manifestement en action dans cette foule qui se presse en désordre. Chaque individu pris isolément occupe une certaine place dans cette multitude. Il a une table où il mange, un lit où il dort, et même ceux qui n'ont pas à manger et qui sont sans abri sont en même temps un produit et un élément constitutif de l'ordre qui commande tout ce mouvement.
INTRODUCTION
Proposée par Monsieur Samba Gnane/LPA/2010-2011
Le texte qui nous est soumis est une réflexion qui se classe dans le domaine de la philosophie morale et politique. Il est de nature politique parce qu’il a pour thème de réflexion les rapports entre l’individu et la société. L’auteur, Norbert Elias cherche à résoudre le problème philosophique suivant : la solidité des liens que la société établit entre les individus qui la composent est-elle comparable à celle qui lie des briques d’un immeuble et supprime-t-elle leur liberté ? Pour l’auteur les individus ne sont pas totalement enchaînés les uns aux autres comme des esclaves de l’ordre social puisqu’ils conservent leur liberté de mouvement, la liberté de poursuivre leurs intérêts, mais il existe néanmoins selon lui, un « ordre caché » derrière cette liberté apparente des individus. La première partie qui s’arrête à « désordre » met en évidence l’existence d’une certaine liberté individuelle dans la société. Le reste du texte vient relativiser cette liberté en montrant qu’elle n’est pas absolue puisqu’il existe un gouvernement ,un « ordre caché ». Qu’est-ce qui prouve que derrière la liberté apparente des individus de la société il y a toujours un ordre caché ? Comment mettre en évidence l’existence de cet ordre et la nécessité de cet ordre dans la vie sociale ?
dimanche 9 janvier 2011
SUJET:Philosopher c'est retourner aux origines des choses
SUJET:Philosopher c'est retourner aux origines des choses
Qu'en pensez-vous?
Qu'en pensez-vous?
Remarque:la consigne qu'en pensez-vous demande d'examiner tout ce qui est pensable dans une proposition,comme par exemple ses significations théoriques subjectives et objectives possibles,ses présupposés ou ses fondements matériels ou théoriques,ses origines ou le contexte de sa production,ses impacts ou ses conséquences intellectuelles ou pratiques dans la science ou la politique,ou la morale,etc. Chacun pense en fonction de sa sensibilité et chaque sensibilité est la sensibilité intellectuelle ou physique déterminée par une histoire collective et personnelle.L'essentiel est d'être sémantiquement et logiquement comestible même si ce que nous disons ne permet de satisfaire aucune soif ou aucune faim matérielle.
INTRODUCTION
Proposée par M.Samba Guejopaal Gnane
La philosophie
nous est présentée par Pythagore comme une activité qui exprime dans une vie
humaine un amour profond et sincère pour la sagesse et pour la vérité et comme
un chemin, une méthode, manière de marcher vers cette vérité et
cette sagesse qui est théorique en tant qu'elle est l'expression d'une
connaissance théorique et rationnelle vivante d'une certaine manière de se
conduire dans le monde face à ses divers évènements naturels et sociaux. Dans
ce mouvement vers la sagesse, si le corps et les sens ne sont pas écartés, c'est
surtout la raison ou l'esprit ou la faculté pure de distinguer le vrai du faux
qui est essentiellement le moteur, un moteur avec plusieurs régimes quelquefois
contradictoires. Mais dans une direction comme dans une autre, dans un sens
comme dans son contraire, pour les premiers philosophes appelés philosophes
traditionnels, généralement métaphysiciens ou idéalistes, ce qui est recherché
par le philosophe, c'est un état originel de l'existence du monde ou d'une
chose, un état de pureté dans lequel la chose qui se suffit elle-même n'a
besoin d'aucune relation avec une autre chose et vit dans l'isolement et dans
l'indépendance. Ces philosophes qui spéculent sur le monde avec le seul pouvoir
de la raison déclarent en effet chercher non pas à connaître les choses telles
qu'elles se au-delà de ces choses matérielles ce dont chacune d'elle ici et
maintenant n'est présentent dans leur multiplicité et dans leur diversité comme
des individus isolés les uns des autres, mais ce qui, qu'un particulier
incomplet, imparfait d'une chose en général, en soi, en elle-même, une chose parfaite,
éternelle, unique,qu’ appelle essence ou nature et qui contiendrait toutes les caractéristiques
des cas particuliers et historiques qui le représentent et l’imitent dans le
monde concret et qui sont des existences de la même essence primitive. C’est
sans doute cette conception de la philosophie que l’on veut exprimer dans les
termes de notre sujet : « philosopher c’est retourner vers les
origines ».
Pourtant la science aussi est l’expression d’un amour chez l’homme
de connaître la vérité du monde. Mais contrairement à la philosophie que l’on
dit très souvent être sa mère ou sa grand-mère, elle ne commence pas par dire
avec la raison, ce que sont ou ce qu’ étaient ou ce que devraient être les
choses dans un monde rationnel abstrait dans la raison ou dans l’esprit de leur
architecte. Elle commence par les faits tels qu’ils sortent des choses
extérieurement et objectivement observables et expérimentables, en procédant
par des analyses fragmentaires de cas particuliers pour ensuite extraire un
dénominateur commune assez répandu qui constituerait une essence ou une nature
ou un lien de parenté commun qui ferait d’une multitude de cas isolés, des
expression diverses d’une même réalité dont les apparences historiques et
concrètes sont conditionnées par plusieurs facteurs conjoncturelles. Pourquoi
cette différence entre la démarche de la philosophie et celle de la science en
général ou qu’est-ce qui justifie le choix du philosophe dans le champ
collectif de la connaissance qu’il partage avec d’autres agents de recherche de
la vérité ? Nous espérons pouvoir apporter une réponse rationnelle et
légitime à cette question.
Les enfants de la renaissance
Tous
les jours le soleil se lève en Afrique et ailleurs dansle monde. Tous
les jours la lune se lève quelque part dans le monde. Et éclaire la
surface de la terre des hommes et celle des animaux. Tous les jours des
centrales électriques et d’autres sources d’énergie distribuent des
tonnes et des tonnes de lumière et éclairent le monde.
Malgré toutes ces lumières
et leur éclat naturel et artificiel, tous les jours, partout dans le
monde, même en ces lieux de la terre où les hommes semblent avoir
définitivement ou au moins provisoirement réglé l’handicap de
l’obscurité dans la vie humaine, le monde souffre toujours
d’une grande carence de lumière. Car les lumières de la nature et
celles que les humains se sont créées eux mêmes pour ne pas s’égarer ou
se télescoper contre des obstacles dangereux ou tomber dans un puits en
plein jour comme Thalès de Milet, n’atteignent pas toujours ces zones de
la nature et surtout de la vie personnelle et sociale qu’il faut
pourtant nécessairement éclairer pour espérer vivre dans la paix
intérieure propre à chaque individu en tant qu’être moral, et dans la
paix sociale commune à tous.
Oui,
notre monde manque de transparence et donc de vérité et il bouge à une
vitesse inquiétante et vers une destination angoissante. Notre monde
n’est pas transparent malgré toutes ses sciences et toutes ses sagesses
car tous les jours, nous nous levons un bon matin, et sortant de notre
sommeil, à la boutique, on apprend sans savoir pourquoi, que le monde
vient encore de changer : Ce qui coûtait hier seulement 10 FCFA coûte
maintenant 1000 fois plus cher.
C’est
ce genre d’obscurité et ces conséquences que la pressese propose à ce
qu’il me semble de combler. C’est du moins ce que l’on peutcomprendre
dans les propos des organisateurs de la marche Une preuve
matérielle de cette hypothèse m’aété donnée aujourd’hui et en d’autres
circonstances même avant aujourd’hui aucours de la marche de
protestation des jeunes de la banlieue dakaroise deGuédiawaye, pour
faire entendre au reste du monde l’inconfortable posture danslaquelle
elle se trouve aujourd’hui leur cité. Mais cette jeunesse a tenu toutde
même à dire que malgré cette position très inconfortable qui leur
construitedélibérément ou par impuissance, la banlieue de Guédiawaye
préserve les valeursqui fondèrent la cité de leur anciens et qui
guidèrent leur vie personnelle etsociale :la patience, le travail,
l’intégrité, la solidarité, le refus dela déchéance morale même dans la
plus profonde déchéance matérielle : « Labanlieue de Guédiawaye n’est
pas un repaire de malfrats, de prostituées, dedrogués ou d’autres
ennemis de la cité.
Elle
est certes éprouvée, mais elle n’estpas désespérée et ne sera jamais
désespérée tant qu’il lui restera un soufflede vie pour penser et agir
individuellement ou collectivement en vue de sortirde ses moments de
crise », étapes quelquefois transitoires pour avancerdavantage vers les
horizons du développement. C’est sans doute en ce sens que Finkielkraut a raison de supposer que « l’humanité
a quelquefois besoinde catastrophe » naturelle, économique, culturelle,
politique, morale ou d’uneautre nature. Le rôle historique de ces
genres de catastrophe est de fouetter profondémenta conscience de
l’homme de telle sorte qu’elle ne puisse plus se dérober devantsa
responsabilité historique en tant que conducteur d’une vie personnelle
etsurtout en tant que conducteur de peuple.
Nous
ne sommes pas encore dans cet état de catastrophe et nous ne le
souhaitons pas même s’il peut contenir du positif- puisque même
lacatastrophe n’est pas encore arrivée peut-être en Côte d’Ivoire-ce qui
ne veutpas dire souhaiter une évolution dans le sens de l’aggravation.
Mais il mesemble que l’Afrique marche inexorablement vers cette
catastrophe qui enfanterales enfants de sa renaissance africaine qui se
joindront aux enfants de la renaissancedes autres peuples et nation du
monde puisque l’histoire n’est en effet qu’unesérie de morts et de
renaissances. Chaque mort et chaque renaissance dans lanature ou dans la
culture est la condition nécessaire pour empêcher une mortplus
regrettable sans résurrection possible, la mort qui anéantit
pourtoujours.
Peu
importe au départ comme aujourd’hui le nombre de cesenfants de la
renaissance: ce qui compte c’est leur vécu et la conscience qu’ilsont de
ce vécu qui compte.
Ils
ne sont pas encore totalement instruits des plus hauts etprofonds
secrets du monde, mais ils savent maintenant ce que le monde n’est pasen
partie et comment il n’est plus permis aujourd’hui de se comporter dans
lemonde.
Ils
indiqueront clairement le chemin en le prenant sans appelerpersonne,
mais quelque part sur le chemin, tout le monde s’apercevra que la
voieafricaine de l’existence de la nature et de la vie humaine
personnelle etsociale qui avait été niée ou perdue est enfin
retrouvée.Ce chemin mérite qu’on y engage tout ce qui est en
notrepossession mais il ne demande pas des armes. Les armes sont faites
pour lesagresseurs de l’intérieur ou de l’extérieur et non pour les
ouvriers de la citéet de la patrie ou contre les droits de l’homme.
Sur ce chemin les médias de toutes sortes ont une missionfondamentale.La police aussi a un rôle historique sur ce chemin.
mercredi 15 décembre 2010
dimanche 28 novembre 2010
CLUB PHILOSOLIDAIRE/COURS D'INITIATION ET DE RENFORCEMENT GRATUITS
OBJET DU COURS: LA PHILOSOPHIE
PREMIERE QUESTION: QU'EST-CE QUE LA PHILOSOPHIE?
PREMIERE REPONSE: LA PHILOSOPHIE EST AMOUR DU SAVOIR
René Descartes sur les rapports entre philosophie et science
ASSOCIATION ARCHITECTE DU BIEN(AAB)
CLUB PHILOSOLIDAIRE
http://philosolidaire.blogspot.com/
Projet:Cours d'initiation et de renforcement pour la promotion de l'excellence(CIRPE)
Ensemble sans contrainte vicieuse construisons notre réussite personnelle et collective : c’est un devoir envers soi-même, envers ses semblables et envers Dieu et il est possible de l’accomplir.
Matière : Philosophie
Objet : Méthodologie du commentaire
Auteur : M. Samba Gnane
SUJET N°III : Expliquez et discutez le texte suivant
INTRODUCTION
Une manière de faire acceptable et en même temps partiellement réfutable comme tant d'autres parmi lesquelles nous apprenons toujours à nous excercer et à choisir sans atteindre la parfaite.
Une manière de faire acceptable et en même temps partiellement réfutable comme tant d'autres parmi lesquelles nous apprenons toujours à nous excercer et à choisir sans atteindre la parfaite.
Selon notre compréhension subjective et relative, dans cet extrait qui est tiré de la première de ses Méditations métaphysiques, l’auteur, le philosophe français René Descartes s’interroge sur les rapports entre trois voies ou sources de connaissance:l'environnement culturel et social,la philosophie et la science . La question initiale à laquelle répond le texte pourrait être reformulée ainsi :est-il possible de fonder une connaissance et particulièrement une connaissance scientifique sûre et certaine , de laquelle il serait toujours possible de tirer de manière constante des vérités solides qui résisteraient aux attaques diverses que peuvent subir un édifice rationnelle et pratique et si oui dans quelles conditions ?Il s'agit donc d'une réflexion de nature épistémologique.La thèse de l’auteur est que cette science est concevable et réalisable à la condition que son auteur ou ses auteurs se débarrassent totalement de tous leurs enseignements et de toutes leurs convictions antérieures pour redémarrer à zéro le compteur de la recherche de la vérité des choses supposées connaissables par l’homme .Autrement dit il faut d’abord être un philosophe avant devenir un scientifique. On peut encore le redire ainsi : la philosophie en tant que mise entre parenthèse à défaut de les supprimer de tous les savoirs constitués, est la mère de toute science véritable qui commence par le La thèse de Descartes est donc la suivante : une science parfaite ou alors une science digne de confiance est celle qui naît d’une critique philosophique radicale de tout notre héritage dans les divers lieux de notre éducation. L’examen du sens et de la valeur théorique et pratique de la thèse de Descartes passera par l’analyse conceptuelle de certaines notions fondamentales telles que celles de « fermeté », de « constance » et de purification ou de libération de la conscience qui sonnent dans le mot « défaire »,mais aussi de la notion de vérité qui est l’enjeu capital de toute connaissance. Qu’est-ce que la sûreté et la fermeté de cette science ou à quels signes reconnaître cette science en tant que source de vérités ?Peut-on faire table rase de tout notre héritage culturel dans le domaine de la connaissance, dans le domaine des convictions religieuses ou philosophiques, dans les domaines affectifs, surtout si nous acceptons par exemple la thèse de Freud ou de Spinoza qui estiment qu’il existe toujours du brouillard et des chaînes dans la conscience qui se croit enfin purifiée de toute contingence ?Un empiriste ou surtout un tenant de la thèse du matérialisme historique et dialectique de Karl Marx se demanderait :que resterait-il de la conscience ou de la raison ou même et de la notion de vérité si on se dépouillait de notre histoire ?Peut-on penser sans idée antérieurement formulées dans la tête par la nature ou par l’homme ?
dimanche 7 novembre 2010
Edith Stein affirme que "La philosophie veut la vérité la plus large et la plus certaine possible."qu'en pensez-vous?
SUJET : Que pensez-vous de cette affirmation d’Edith Stein : « La philosophie veut la vérité la plus large et la plus certaine possible. » ?
INTRODUCTION
Proposée par M. Samba Gnane
Une théorie ou une « vérité » peut être dite « plus large »qu’une autre lorsqu’elle contient cette dernière. Ainsi, par « vérité la plus large » on peut comprendre la vérité qui contient le plus grand nombre de vérités plus petites qu’elle et pour lesquelles elle est une vérité générale ou englobant leur contenu. La grandeur ou l’étendue de la vérité ou d’une vérité peut aussi se comprendre ou se déterminer par le nombre de phénomènes naturels ou culturels que cette vérité peut expliquer objectivement ou permettre de comprendre subjectivement. En ce sens nous pourrons soutenir que la philosophie cherche à atteindre « la vérité la plus large », c’est-à-dire la vérité qui permettrait de comprendre l’unicité dans la diversité des cultures humaines, les différentes individuelles au sein des familles de choses et d’objets ou d’êtres vivants qu’elle étudie, par exemple «la vérité la plus large », ou l’essence ou la nature de l’homme qui se réalise imparfaitement, partiellement et différemment dans les hommes historiques particuliers que sont les peuples et les individus isolés au sein de ces peuples. Car, pour la philosophie, la nature de la chose, ou la « chose en soi » encore appelée « chose en elle-même », est ce qui contient dans le monde intelligible des idées, tous les aspects historiques possibles et jamais totalement réalisés de cette nature. Autrement dit encore, la philosophie cherche une cause ou un nombre fini de causes pour expliquer un fait dont les apparences historiques sont infinies. Pour atteindre cette « vérité la plus large »qui vit éternellement au-delà des choses mortelles qui le représentent imparfaitement dans le monde sensible, en un lieu que les sens ne peuvent pas atteindre, la philosophie mobilise son agent de recherche préféré, à savoir la raison qu’elle croit être faite pour retourner vers la vérité ultime si elle s’appuie sur ses principes naturels qui structurent sa logique. Ainsi, elle produit une vérité formelle évidente, notamment dans la logique formelle d’Aristote, dans laquelle la vérité sort d’un ensemble de relations logiques nécessaires entre les concepts et les propositions. C’est ce choix de la forme de la vérité qui assure aussi à la vérité philosophique est fondement théorique assez ferme et c’est cette forme de vérité qui autorise à dire que la vérité philosophique est une vérité « certaine » dans sa genèse ou dans sa production. Mais suffit-il de parler sans contradiction interne dans le discours pour s’assurer de la contradiction entre la pensée et les faits ? Si le rapport du discours avec lui-même est digne de confiance, peut-on en déduire le rapport entre le discours et ce dont il traite dans l’histoire ? D’autres part, si la science a hérité le culte de la transparence et de la rigueur dans la formation des concepts et dans la démonstration, et qu’en plus de cette vérité formelle qu’elle produit, elle entre en lutte avec les faits pour voir si sa pensée les capture et les neutralise ou non, ne peut-on pas dire que la science est la connaissance la plus certaine parmi celles qui poursuivent les lois générales qui gouvernent les faits observables par les sens et d’autres qui échappent à la puissance et à la vigilance des sens ?La religion et la foi ne peuvent-elles pas aussi prétendre être des voies qui mènent, par la révélation, vers les vérités les plus hautes et les plus sûres que l’homme peut espérer atteindre durant son séjour sur terre ?
Il s’agira pour nous, de montrer dans quel cas la définition d’Edith Stein est juste et dans quelle condition nous sommes fondés à relativiser la justesse de cette proposition.
Bolzano/Philosophie et mathématique
Bernard Placidus Johann Nepomuk Bolzano (5 octobre 1781 – 18 décembre 1848) est un mathématicien, logicien, philosophe, théologien bohémien de langue allemande, fils d'un Italien émigré à Prague.
Pour Bolzano ce qui est purement a priori est le concept et seulement lui. Les connaissances purement a priori sont celles qi procèdent purement par concepts, c’est-à-dire au premier chef les mathématiques et la philosophie, sciences discursives l’une comme l’autre. Kant pensait que les mathématiques procèdent par construction de concepts dans l’intuition quand la philosophie, elle, purement discursive, est connaissance par concepts. Bolzano soutient que mathématique et philosophie ont même méthode et ne diffèrent que par leur objet. Les mathématiques aussi sont une connaissance par concepts, dont l’intuition, au sens où l’entend Bolzano, est exclue..L’identité de méthode consiste en la recherche des raisons et des conséquences, la mise au jour de la connexion objective des vérités. Cette identité est si forte que Bolzano tantôt considère la mathématique comme « branche de la philosophie et moyen de s’exercer à penser juste », tantôt définit la philosophie comme une réflexion « sur et dans chaque science », sur et dans les mathématiques en particulier.Toute science comporte une part de philosophie, qui consiste à la fois à chercher les raisons des conséquences et à réfléchir sur ce lien. La différence entre mathématique et philosophie tient seulement à ce que la première, au sens le plus général, est la science a priori des formes d’objets « possibles » ; quand la seconde cherche à déduire a priori l’existence « réelle »d’objets particuliers comme la liberté de Dieu ou l’immortalité de l’âme. Par « formes », Bolzano entend les lois générales qui régissent nécessairement les conditions de possibilité de tout objet. La mathématique répond à la question : « quelles propriétés appartiennent nécessairement aux choses qui doivent être possibles ? »Science a priori des formes d’objets possibles, science a priori des lois de « tout ce qui en général peut être objet de notre faculté de représentation », la mathématique est en quelque sorte une ontologie formelle, ainsi que l’a relevé Husserl.
Evelyne Barbin et Maurice Caveing», Les philosophes et les mathématiques,
« Bolzano et les mathématique » ,Hourya Sinaceur.
vendredi 5 novembre 2010
SUJETS DE DISSERTATIONS SUR LA PHILOSOPHIE
1. La philosopjie est l'amour de la sagesse 2. La philosophie veut atteindre toute chose qu'elle chercher à comprendre en partant de ce qu'elle est dans son origine la plus lointaine
3. La philosophie est la recherche du général au détriment du particulier
4. La philosophie est-elle la voie la plus sûre pour arriver à la vérité?
5. La philosophie commence-t-elle avec la vérité ou avec le mensonge?
6. Philosopher c'est rechercher le commencement où la fin du chemin quand on prend conscience de son égarement
7. La philosophie est un projet de refondation des bases de la pensée et de celles de l'action
8. La philosophie est inséparable de l'idée de l'existence d'un Dieu
9. Peut-on atteindre le vrai commencement et la vraie fin?
10. La philosophie s'intéresse aux causes générales et non aux effets de l'existence
11.Qu'est-ce qui prouve que la raison peut savoir quelque chose du monde et d'elle-même?
12.Est-il raisonnable de rechercher ce que l'on ne peut atteindre?
13.L'homme peut-il avoir une preuve plus évidente de l'existence de Dieu que sa propre existence?
14.La philosophie est-elle un obstacle épistémologique ou une arme contre les obstacles épistémologique?
15.Ce qui manque véritablement à l'homme c'est ce que lui propose de rechercher la philosophie
15.Se faire ou refaire à l'image de Dieu quand on réalise que rien ne va plus sur terre,tel est le projet de la philosophie
16.La philosophie n'est pas plus importante que le mythe
17.La raison ne vole pas aussi loin et haut que le coeur
18.Avant d'apprendre à philosopher il faut apprendre donc à aimer
19.L'homme sage ne veut pas quitter la terre
20.Celui que la terre ne satisfait pas ne peut rien espérer de plus au ciel
21.Etre sage c'est d'abord s'aimer soi-même
3. La philosophie est la recherche du général au détriment du particulier
4. La philosophie est-elle la voie la plus sûre pour arriver à la vérité?
5. La philosophie commence-t-elle avec la vérité ou avec le mensonge?
6. Philosopher c'est rechercher le commencement où la fin du chemin quand on prend conscience de son égarement
7. La philosophie est un projet de refondation des bases de la pensée et de celles de l'action
8. La philosophie est inséparable de l'idée de l'existence d'un Dieu
9. Peut-on atteindre le vrai commencement et la vraie fin?
10. La philosophie s'intéresse aux causes générales et non aux effets de l'existence
11.Qu'est-ce qui prouve que la raison peut savoir quelque chose du monde et d'elle-même?
12.Est-il raisonnable de rechercher ce que l'on ne peut atteindre?
13.L'homme peut-il avoir une preuve plus évidente de l'existence de Dieu que sa propre existence?
14.La philosophie est-elle un obstacle épistémologique ou une arme contre les obstacles épistémologique?
15.Ce qui manque véritablement à l'homme c'est ce que lui propose de rechercher la philosophie
15.Se faire ou refaire à l'image de Dieu quand on réalise que rien ne va plus sur terre,tel est le projet de la philosophie
16.La philosophie n'est pas plus importante que le mythe
17.La raison ne vole pas aussi loin et haut que le coeur
18.Avant d'apprendre à philosopher il faut apprendre donc à aimer
19.L'homme sage ne veut pas quitter la terre
20.Celui que la terre ne satisfait pas ne peut rien espérer de plus au ciel
21.Etre sage c'est d'abord s'aimer soi-même
Sénèque:Philosophie et sagesse
Je commencerai donc, comme tu le demandes, par te dire la différence existant entre Philosophie et Sagesse. La Sagesse est le bien de l'esprit humain à sa perfection. La Philosophie est le goût et la recherche de la Sagesse. La première montre le but où parvient la seconde. L'origine du terme de philosophie est évidente. Le nom lui-même l'indique. Certains ont défini la sagesse « la connaissance des choses divines et humaines ». D'autres : « la Sagesse consiste à connaître les choses divines et humaines, et leurs causes ». Cette addition me semble superflue, car les causes des choses divines et humaines font partie des choses divines. De même, la philosophie a été définie de façons extrêmement diverses par les différents philosophes. Les uns ont dit que c'était le goût de la vertu, d'autres, le goût du progrès intérieur. Certains ont dit que c'était la recherche de la raison droite. Sur un point l'on est a peu près d'accord : qu'il y a une certaine différence entre la philosophie et la sagesse. Car il est impossible qu'il y ait identité entre ce que l'on recherche et ce qui recherche. De la même façon qu'il y a une grande différence entre l'avarice et l'argent, la première recherchant le second, de même, il y a une différence entre la sagesse et la philosophie. Car celle-ci est l'effet et la récompense de l'autre. L'une chemine, l'autre est le but.jeudi 4 novembre 2010
Saint Thoma d'Aquin et Edmund Husserl/ raison naturelle et raison surnaturelle:croire et savoir.
Ni Thomas ni Husserl n’ont jamais douté de la puissance de la ration.On a célébré comme le haut de Husserl d’avoir repéré le scepticisme sous ses formes modernes et de l’avoir vigoureusement combattu. Mais « ratio » n’a jamais signifié pour lui autre chose que la raison naturelle, tandis que Thomas distingue ici entre raison naturelle et raison surnaturelle…La phénoménologie procède comme si, en principe, notre raison était illimitée. Elle admet que la tâche de l raison est infinie, que la science est un processus interminable ; mais la raison ne s’en oriente pas moins en droite ligne vers son but, id est la pleine vérité, qui en tant qu’idée régulatrice prescrit la direction à suivre. Du point de vue de cette philosophie, aucune autre voie n’entre en ligne de compte. Thomas est aussi d’avis que tel est le chemin de la raison naturelle :il est infini ;mais cela signifie qu’il n’aboutit jamais, qu’on ne peut jamais que s’approcher pas à pas du but. Ainsi s’explique le caractère fragmentaire de toute la philosophie humaine. Et maintenant perce son grand « mais » : jamais il n’admettrait que telle est la seule voie de connaissance, que la vérité n’est rien de plus qu’une idée qu’il s’agirait de réaliser dans un processus infini-donc jamais pleinement. La pleine vérité est ;il y a une connaissance qui l’embrasse totalement, qui n’est pas un processus infini, mais plénitude achevé. C’est la connaissance divine…Elle peut communiquer aux autres esprits quelque chose de sa plénitude, et elle leur communique effectivement, à chacun selon sa capacité. Cette communication peut s’opérer de diverses manières. La connaissance naturelle n’est qu’une des voies. Elle a des limites déterminées et précises et précisables. Mais tout ce qui est inaccessible à notre esprit ne l’est pas originairement, à raison de structure. Nous pérégrinons dans le temps, sur terre. Mais un jour nous serons au but, dans la patrie céleste. Parvenu à ce but, l’esprit embrasse tout ce qui lui est accessible (non pas tous les abîmes de la Sagesse divine, que seul Dieu comprend), et il voit tout cela en une unique intuition. En partie, ce dont il a maintenant la vision, il en a eu la révélation au cours de sa vie terrestre-pour autant que cela lui était nécessaire pour ne pas s’égarer ;il l’a reçu dans la foi ,qui est, durant le pèlerinage terrestre, un second chemin, à côté de la connaissance naturelle, pour atteindre au Savoir…La mesure possible de notre savoir est durant notre pèlerinage sur terre est fixée ;nous ne pouvons pas en reculer les limites. De même est établi ce qui relève de la raison et ce qui relève de la foi. En principe, relève de la foi ce qui est soustrait à notre connaissance terrestre. Mais bien des choses nous sont révélées alors qu’elles sont accessibles par voie de connaissance, mais accessibles seulement pour un petit nombre et à un faible degré de certitude.
Ce genre de considérations sont tout à fait étrangères à la philosophie moderne.
Edith Stein, Phénoménologie et philosophie chrétienne, « raison naturelle et raison surnaturelle ; croire et savoir », P.34.
mardi 2 novembre 2010
Franz Brentano-Edmond Husserl-Saint Thomas D'Aquin
Il n’est pas toujours aisé, venant de l’univers mental de Edmond Husserl, de s’introduire dans celui de Saint Thomas. La relation de Husserl avec Franz Brentano permet peut-être d’établir un certain rapprochement. Dans ses souvenirs sur Brentano, Husserl a lui-même raconté combien l’avait séduit la méthode de Brentano, et comment sa manière d’aborder les questions philosophiques l’avait attiré vers la philosophie. Grâce à Brentano,
il avait compris que la philosophie pouvait être autre chose qu’un bavardage distingué ; son enseignement lui montrait que, bien conduite, la réflexion philosophique pouvait satisfaire aux plus hautes exigences scientifiques, auxquelles la mathématique l’avait habitué. Or, d’où Brentano tenait-il cette rigueur dans la conduite de la pensée, qui étonnait et captivait tant Husserl ?D’où lui venait cette clarté cristalline dans la formation des concepts ?N’était-ce pas un héritage de la scolastique.
Brentano avait été éduqué à l’exigeante école de la philosophie catholique traditionnelle, et s’était formé l’esprit à en suivre la méthode.
Edith Stein, Phénoménologie et philosophie chrétienne, présenté et traduit par Philibert Secrelan, IV, « La phénoménologie de Husserl et la philosophie de Saint Thomas d’Aquin »
jeudi 28 octobre 2010
SUJET:Dans quelle mesure peut-on dire que la philosophie est amour de la sagesse?
"Pythagore est un grand philosophe et mathématicien de la Grèce Antique. Il est né dans la première moitié du VIème siècle avant Jésus-Christ, dans l'île de Samos en Ionie.
Pythagore s'installe à Crotone en 529 avant JC. Dans cette ville, il fonde une école de mathématiques et de philosophie et eut de nombreux adeptes. Il aurait beaucoup voyagé et se rendit entre autre en Crète, en Perse et en Égypte. Il se serait arrêté à Milet, où il aurait été élève de Thalès. Il a inventé le mot "philosophe" pour se qualifier lui même. Mort aux environs de 500 avant Jésus-Christ à Métaponte. Pythagore est resté célèbre pour avoir démontré une relation dans le triangle rectangle, le fameux théorème de Pythagore. Sa devise était "tout est nombre".
Pythagore s'installe à Crotone en 529 avant JC. Dans cette ville, il fonde une école de mathématiques et de philosophie et eut de nombreux adeptes. Il aurait beaucoup voyagé et se rendit entre autre en Crète, en Perse et en Égypte. Il se serait arrêté à Milet, où il aurait été élève de Thalès. Il a inventé le mot "philosophe" pour se qualifier lui même. Mort aux environs de 500 avant Jésus-Christ à Métaponte. Pythagore est resté célèbre pour avoir démontré une relation dans le triangle rectangle, le fameux théorème de Pythagore. Sa devise était "tout est nombre".
INTRODUCTION
Proposé par
Samba Gnane
Le mot philosophie est formé de deux mots grecs « philo » et « sophos » qui veulent dire respectivement « amour » et « sagesse » dans la langue française. En conséquence, il est logique et légitime ou encore juste de dire que l’origine linguistique du mot autorise à dire que la philosophie est une déclaration amoureuse faite à la sagesse. Mais par qui et dans quelles circonstances de la vie extérieure et de la vie intérieure des hommes qui l’inventèrent étant claire qu’elle est produit culturel ?Si le mot sagesse veut dire science ou capacité intellectuelle à donner une explication objective et rationnelle ou subjective à ce qui est déjà arrivé, à ce qui se produit ou à ce qui pourrait se produire en mettant en évidence les lois qui gouverne le fait dont on parle, peut-on dire que la philosophie détient le monopole de l’amour de la connaissance ?La science en œuvre dans ses diverses formes et secteurs du réel supposé connaissable n’est-elle pas aussi l’œuvre de la conscience et de la raison humaine consciente d’un manque de savoir et ivre d’un désir de dépasser son ignorance au sujet de l’existence du monde et au sujet de l’existence humaine au sein de ce monde naturel qu’il ne cesse de transformer par le travail ? Autrement dit, dire que la philosophie est amour de la sagesse est une vérité universelle, mais une vérité insuffisante pour distinguer l’activité philosophique parmi d’autres.
Si cette définition ne permet pas de distinguer clairement le visage de la philosophie dans l’ensemble des productions théoriques des hommes qui visent à éclaircir ce qui existe et ce qui pourrait exister et ce qu’il faudrait faire en vertu de l’ordre des choses pour ne pas se surprendre par les évènements, par quel autre signe unique ou groupes de signes pourrait-on encore la distinguer, c’est-à-dire la définir en précisant ce qu’elle est toujours, ou ce qu’elle n’a jamais été, ce qu’elle n’est pas non plus aujourd’hui, et ce qu’elle ne serait jamais demain sans descendre de la route originelle sur laquelle s’engagèrent ses fondateurs ?
mercredi 29 septembre 2010
ASSOCIATION ARCHITECTE DU BIEN (AAB)-PHILOSOLIDAIRE: Science et falsificationisme:les échecs des théori...
ASSOCIATION ARCHITECTE DU BIEN (AAB)-PHILOSOLIDAIRE: Science et falsificationisme:les échecs des théori...: "Nous retournons après cette digression à la conception falsificationiste du progrès de la science comme processus menant des problè..."
Science et falsificationisme:les échecs des théories actuelles sont des conditions nécessaires pour l'émergence de nouvelles théories plus puissantes et plus étendues
Nous retournons après cette digression à la conception falsificationiste du progrès de la science comme processus menant des problèmes aux hypothèses spéculatives, à leur tour critique et à leur falsification éventuelle puis à des problèmes nouveaux. Deux exemples vont illustrer ce point, le premier raite du vol des chauves-souris, le second du progrès de la physique.
Nous commençons par un problème. Les chauves-souris sont capables de voler avec aisance et à grande vitesse, en évitant les branches des arbres, les fils télégraphiques, les autres chauves-souris ; en outre, elles ne volent pratiquement que la nuit. Cela pose problème car la théorie plausible selon laquelle les animaux, comme les humains, avec leurs yeux est apparemment falsifiée. Un falsificationiste essayera de résoudre ce problème en émettant une conjecture ou hypothèse…
Le développement de la physique d’Aristote à Einstein en passant par Newton fournit un autre exemple sur une plus grande échelle. La description falsificationiste de ce développement est la suivante. La physique aristotélicienne a remporté, dans une certaine mesure, de nombreux succès. Elle a réussi à expliquer un grand nombre de phénomènes :la chute des objets lourds au sol(ils rejoignent leur lieu naturel, au centre de l’univers),le fonctionnement des siphons et des pompes élévatrices(dont l’explication est fondée sur l’impossibilité du vide),etc.
Mais la théorie d’Aristote a fini par être falsifiée, à de nombreuses reprises.
Les pierres lâchées du haut d’un mât dans un bateau en mouvement uniforme tombent sur le pont au pied du mât et non à une certaine distance du mât, comme elle le prédisait. Les lunes de Jupiter tournent autour de Jupiter et non autour de la Terre. Nombre d’autres falsifications s’accumulèrent au cours du XVIIème siècle. La physique de Newton, au contraire, après avoir été créée et développées sur des conjectures comme celles de Galilée et de Newton, se révéla supérieure à la théorie d’Aristote qu’elle remplaça.
Si la théorie de Newton était capable de rendre compte de la chute des corps, du fonctionnement des siphons et des pompes élévatrices et tous autres phénomènes déjà expliqués par les théories d’Aristote, elle pouvait expliquer aussi des phénomènes qui étaient problématiques pour les aristotéliciens. En outre, la théorie de Newton put expliquer des phénomènes qui n’étaient pas pris en compte par la théorie d’Aristote.
A.F.Chalmers,Qu’est-ce que la science ?, « falsification et progrès »
jeudi 16 septembre 2010
Le falsificationisme de Popper ou pourquoi Marx,Freud et Adler doivent rester en dehors de la science.
Marx-Engels-Lénine-Staline
Karl Popper
Cependant le falsificationiste affirme que certaines théories qui possèdent a priori la caractéristique de bonnes théories scientifiques n’ont en réalité que l’aspect parce qu’elles ne sont pas falsifiables : elles doivent donc être rejetées. Popper affirme que le matérialisme historique de Marx, la psychanalyse de Freud
et la
psychologie d’Adler,
pour ce qui est de certaines de leurs versions au moins, souffraient de ce défaut. Sa critique de la psychologie adlérienne peut être illustrée par l’exemple caricatural suivant.
La théorie d’Adler pose comme un principe fondamental que les actions humaines sont motivées par des sentiments d’infériorité. Voici un incident qui vient à l’appui de cette thèse : un homme se trouve au bord d’une rivière dangereuse lorsqu’un enfant, près de lui, tombe à l’eau. Ou bien l’homme plongera dans la rivière pour sauver l’enfant, ou bien il ne le fera. S’il le faut l’adlérien répondra que cela va dans le sens de sa théorie. L’homme éprouvait manifestement le besoin de vaincre son sentiment d’infériorité en montrant qu’il était suffisamment courageux pour plonger dans la rivière, en dépit du danger. Si au contraire il n’y plonge pas, l’adlérien pourra également conforter sa théorie. Car l’homme surmonte alors ses sentiments d’infériorité en se prouvant qu’il a la force de rester sur la berge imperturbable, pendant que l’enfant coule. Si cette caricature illustre bien la façon dont fonctionne la théorie adlérienne, la théorie n’est alors pas falsifiable. Elle correspond à n’importe quel comportement humain et, précisément pour cette raison, ne nous en apprend rien bien entendu, une étude approfondie de la théorie d’Adler serait nécessaire avant de la rejeter sur cette base, et on ne saurait se limiter à la caricature citée. Mais il existe de nombreuses théories sociales, psychologiques et religieuses qui, dans leur volonté de tout expliquer, finissent, semble-t-il, par ne rien expliquer.
Alan Francis Chalmers, Qu’est-ce que la science ?
vendredi 3 septembre 2010
Qu'est-ce qu'une idéologie?

Les idéologies-ces « ismes »qui, à la grande satisfaction de leurs partisans, peuvent tout expliquer jusqu’au moindre évènement en le déduisant d’une simple prémisse-sont un phénomène tout à fait récent, qui, durant des décennies, a joué un rôle négligeable dans la vie politique. Seule la sagesse du regard a posteriori nous permet de découvrir en elles certains éléments qui contribuèrent à les rendre si fâcheusement utiles à la domination totalitaire. Il fallut attendre Hitler et Staline pour découvrir combien grandes étaient les potentialités des idéologies en matière politique.
Les idéologies sont connues pour leur caractère scientifique : elles allient approche scientifique et résultats d’ordre philosophique et ont la prétention de constituer une philosophie scientifique. Le mot « idéologie » semble impliquer qu’une idée peut devenir objet d’une science au même titre que les animaux sont l’objet de la zoologie : le suffixe « logie », dans idéologie comme dans zoologie, ne désignerait rien d’autre que les « logoï », les discours scientifiques tenus à son propos. S’il en était vraiment ainsi, une idéologie ne serait qu’un pseudo science et une pseudophilosophie, transgressant à la fois les limites de la science et celles de la philosophie. Le déisme, par exemple, serait l’idéologie traitant l’idée de Dieu qui intéresse la philosophie à la manière scientifique de la théologie par laquelle Dieu est une réalité révélée (une théologie qui ne serait pas fondée sur la révélation d’une réalité donnée, mais traiterait Dieu comme une idée, serait aussi folle qu’une zoologie qui ne serait plus certaine de l’existence physique, tangible, d’animaux.)Cependant nous savons que cela n’est que partiellement vrai. Le déisme, bien qu’il nie la révélation divine ne s’en tient pas à des discours « scientifiques »sur un Dieu qui n’est qu’une « idée » ;il se sert de l’idée de Dieu afin d’expliquer le cours du monde. Les « idées » qui sont au centre des doctrines en « ismes »-la race dans le racisme, Dieu dans le déisme, etc.-ne constituent jamais l’objet des idéologies et le suffixe « logie » ne désigne jamais seulement un ensemble de propositions « scientifique »
Hannah ARENDT, Les origines du totalitarisme, Editions Quarto Gallimard, pp.824-825.
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