mercredi 8 juin 2011

Werner Heisenberg/L'espace est le lieu des corps




Tout nous porte à regarder l’espace comme le lieu des corps, sinon réel, au moins supposé ;c’est effet par le secours des parties de cet espace considérées comme pénétrables et immobiles que nous parvenons à nous former l’idée la plus nette que nous puissions avoir du mouvement .Nous sommes donc comme naturellement contraints à distinguer au moins par l’esprit deux sortes d’étendue dont l’une est impénétrable et l’autre constitue le lieu des corps. Ainsi, quoique l’impénétrabilité entre nécessairement dans l’idée que nous nous formons des portions de la matière, cependant, comme c’est une propriété relative, c’est-à-dire dont nous n’avons l’idée qu’en examinant deux corps ensemble, nous nous accoutumons bientôt à la regarder comme distincte de l’étendue, et à considérer celle-ci séparément de l’autre, bien que l’impénétrabilité soit une hypothèse nécessaire à l’idée que nous nous faisons de la matière.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, Éditions Gallimard,p.148.

mardi 7 juin 2011

Thiakhane Fakher(2)/aussi petit qu'un atome cet cet être vivant pourrait être la plus vieille menace du monde


Monsieur Démasquez était venu avec une cage. Une cage en vitre transparent. Une espèce d’aquarium. Il a déposé la cage sur le bureau de la classe devant les élèves.

 Il a ensuite enlevé le voile noir qui recouvrait la cage et a demandé aux élèves si la cage est transparente ou opaque. Les élèves ont répondu qu’ils voyaient bien que la cage est transparente. Ensuite il a demandé si la cage contenait quelque choses oui ou non. Certains élèves ont répondu que la cage était évidemment vide comme un désert. Certains ont répondu que la cage n’était peut-être pas vide mais ne contenait pas ce que leurs yeux pouvaient voir. 

Parmi ceux là, le très brillant Jean-Paul Sincert, expliquait qu’il se pouvait que la cage soit remplie d’air. Peut-être aussi contenait-elle de minuscules pores par lesquels, et que tout en apparaissant impénétrable et isolé elle communiquait avec son monde extérieur. La cage qui nous apparaissait vide pouvait disait-il, être habitée par des êtres microscopiques invisibles de l’extérieur et par l’œil humain normal.


Lorsque Monsieur Démasquez a demandé à Jean-Paul Sincert s’il avait une idée sur comment savoir si la cage est vide ou non, il a répondu qu’il n’avait aucune idée sur cette question. Monsieur Démasquez visiblement très content de l’esprit de Jean-Paul Sincert, le plus petit et le plus effacé de la classe, mais aussi le plus visible, a félicité mademoiselle Alternance, car pour lui, ce « roseau pensant » était la preuve qu’elle avait su au moins enseigné à voir clair. La philosophie disait-il alors, n’est pas très éloignée de la science. 


Monsieur Démasquez croyait-il en Dieu ? Ni la philosophie ni la science ne peuvent répondre à cette question. Personne ne peut y répondre.
En tout cas ce jour là, il a dit que Dieu n’aime pas la nudité. Dieu aurait selon lui,  enveloppé toutes choses qu’il a créés dans un voile très épais pour éloigner et son intimité et son être véritable des regards et des langues qui détruisent tout. Comme la philosophie disait-il en demandant à mademoiselle la spécialiste de la redresser s’il s’inclinait et infléchissait à tort le sens de la philosophie, la science aussi aime déshabiller, dissiper le brouillard qui embrouillent le miroir de l’être.



M. Démasquez a ouvert la cage et y a introduit un récipient rempli d’eau, un autre avec des morceaux de carotte, un autre avec un mélange de morceaux de chair de toutes sortes, un autre avec un morceau de métal et un autre avec de la cigüe. Ensuite il a refermé la cage. Il avait pesé tout cela au moins d’une balance. Il y avait en tout 3 kilogrammes de matières introduites dans la cage.


Sous les regards des élèves qui faisaient exactement 77 dans la classe, toute cette matière a disparu d’un seul coup, en l’espace de quelque secondes : trois secondes selon certains élèves et montres, d’autres quatre, d’autres cinq.
A la fin de l’expérience, mademoiselle Alternance a demandé s’il y a avait des questions.


 Des questions il y en avait. Mais aucun élève ne douta du statut de monsieur Démasquez. A cette époque là les charlatans de toutes sortes faisaient légion à Pagaal, surtout à Guirore. La vie était devenue tellement dure que chacun pouvait apparaître comme un sauveur, même étant le plus démuni en or ou en diamant et surtout en imagination. Il suffisait d’être audacieux et de savoir profiter de la situation de faiblesse généralisée. C’est monsieur Démasquez qui avait convaincu Keynaak d'inscrire Thiakhane Fakher au Lycée de la vie. 


Un matin, alors qu’il allait en excursion dans la nature, monsieur Démasquez était passé par les enclos de Yokaam. Ce matin là, une vache venait de mourir dans l’enclos sans aucune cause apparente qui se fit voir la veille. Monsieur Démasquez avait alors ouvert la bouche de l’animal de laquelle sortait une abondante salive noirâtre. Trois jours après il est revenu aux enclos de Yokaam. Il avait fait plus de cent kilomètres pour tenir sa promesse. Il est venu avec un autre homme et ils ont vacciné tout le bétail sans rien demander. Qu’est-ce qu’il gagnait ainsi ? Peut-être qu’ils avaient gagné quelque chose avant de venir.


Monsieur Démasquez n’était pas un charlatan, un homme qui sait parfaitement qu’il ne sait rien de ce qu’il prétend connaître et qui donc ne peut rien sur ce qu’il prétend pouvoir agir. A moins que la communauté internationale ne soit complice, il était un scientifique d’une renommée internationale. Les recherches de son équipe avait permis à l’humanité d’agir en bien comme en mal. Tous les élèves, même ceux qui ignoraient tout de son métier et de son grade, savaient que monsieur Démasquez n’était pas un docteur ès magie, mais un professeur ès sciences et arts de la vie à Guirore. 


Comme il est scientifique et ne veut pas être confondu avec n magicien ou un faiseur de miracles par une grâce qui échappe à son contrôle il vit la nécessité d’une explication rationnelle définitive ou provisoire.

-il nous faut expliquer rationnellement et objectivement ou au moins subjectivement ces faits que nous venons d’observer en attendant des confirmations, si vous refusez de me voir comme un magicien ou un organisateur de miracles en tout genre de miracles et si moi-même je me refuse de me mettre dans ces habits. Il se trouve que nous venons de prendre connaissance depuis trois 8 jours seulement, d’un être vivant assez particulier. Je ne vois pas pourquoi, mais mademoiselle Alternance qui fait partie de notre équipe a tenu à ce que ce spécimen vous soit exposé avant que vous n’entamiez le chapitre sur la vie sociale.


Quand il a fini de parler ainsi aux élèves mademoiselle Alternance a dit qu’il s’agissait de réfléchir sur ces faits durant les vacances de noël et de voir dans quelle mesure ils pouvaient avoir une relation avec la vie sociale. Les chercheurs de Pagaal n’ignoraient pas tout de cet être vivant qu’il avait mis en cage. Un être vivant aussi minuscule qu’un atome qui absorbe tous les atomes autour dans son espace…

Werner Heisenberg/Déterminisme et physique atomique


Ceci fait comprendre que la physique atomique se soit éloignée de plus en plus des représentations déterministes. D’abord, et dès les débuts de la science de l’atome, par le fait que l’on s’est  mis à considérer les lois déterminantes des processus à grande «échelle comme des lois statistiques .En principe on maintenait encore le déterminisme, mais en pratique on comptait avec le caractère incomplet de notre connaissance des systèmes physiques. Ensuite dans la première moitié du siècle, par le fait que le caractère incomplet de la connaissance des systèmes atomiques était désormais considéré comme une partie essentielle de la théorie. Enfin, tout récemment, parce que, pour les durées, et les espaces infinitésimaux, le concept de chronologie semble devenir un problème, bien que nous ne puissions pas encore dire comment se résoudront ces énigmes.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, p.58.

Werner Heisenberg/Le concept de causalité chez Aristote et dans la science contemporaine


Historiquement parlant, l’application du concept de causalité à la règle de cause à effet est relativement récente. Dans les philosophies anciennes, le terme causa avait une signification bien plus générale qu’il ne l’a aujourd’hui. Se référant à Aristote, la Scolastique par exemple  parlait de quatre formes de «  causes ».On y trouve la causa formalis, qu’aujourd’hui on appellerait la structure ou le contenu conceptuel d’une chose, la causa materialis, c’est-à-dire la matière dont est faite une chose ; la causa finalis, qui est le but d’une chose et, enfin, la causa efficiens. Seule la causa efficiens correspond à peu près à ce que nous désignons  aujourd’hui par le terme de  cause.
La transformation du concept de causa dans le concept actuel de cause s’est produite au cours des siècles, en liaison  interne avec la transformation de la réalité entière, telle que les hommes la conçoivent, et avec la naissance des sciences de la nature au début de l’ère moderne.
La physique de Newton était ainsi conçue qu’on pouvait calculer à l’avance, à partir de l’état d’un système, à un moment déterminé, le mouvement futur du système. Que cela soit un principe de la nature, Laplace l’a formulé de la façon la plus générale et la plus compréhensible :il a forgé la fiction d’un démon qui qui a un moment donné, connaîtrait la position et le mouvement de tous les atomes et serait en mesure de calculer d’avance l’avenir total de l’univers .Si l »on veut prendre le terme de causalité au sens restreint, on parle aussi de «  déterminisme » et on entend par là qu’il y a des lois naturelles fixes qui déterminent rigoureusement l’état futur d’un système d’après l’état actuel .
Werner Heisenberg,La nature dans la physique contemporaine.



samedi 4 juin 2011

Utopie/Thiakhane Fakher/L'essentiel selon Jean-Paul Sincert


Maintenant, Thiakhane Fakher peut répondre à cette question posée à Guirore, la capitale de Pagaal, il y a de cela treize ans exactement aujourd’hui, par Mademoiselle Alternance, au Lycée des Sciences et des Arts de la vie à Guirore.

Cela a-t-il encore un sens ? Peut-être que oui peut-être aussi non. De lui en partie et des autres. Peut-être que cette question est aujourd’hui dépassée. Peut-être aussi qu’elle est encore actuelle. Comme cela dépend de lui en partie, il s’est décidé à donner sa réponse. Thiakhane Fakher ne sait pas si mademoiselle Alternance est encore au Lycée des Sciences et des Arts de la vie à Guirore ou si elle est ailleurs dans le métier ou en d’autres lieux de travail. Peut-être même qu’elle ne vit plus. Il est permis de tout imaginer quand on  ne sait rien de certain. Ce qui est rare et ce qui est utile, c’est une imagination qui permet de voir la réalité ou une autre face de la réalité.

Ce qui est sûr, c’est que Thiakhane Fakher ne retournera pas au Lycée de la Vie à Guirore. Du moins, pas pour poursuivre ses études officielles interrompues depuis treize ans. Il voudrait pourtant y retourner pour voir si mademoiselle Alternance est toujours en service au grand Lycée de  Guirore. Il se pourrait qu’il se rende à Guirore pour remettre sa copie à mademoiselle Alternance, mais tout cela reste encore dans le possible et dans le souhaité. Peut-être que demain encore il se dira que cela ne vaut pas la peine. Depuis longtemps,il lui est impossible de s'attacher à quelque chose d'autre.Depuis le troisième jour des vacances de noël de cette année,Thiakhane Fakher ne poursuit qu'un seul bien.Un bien qui mille fois a disparu de son chemin avant de réapparaître au seuil du tombeau du désespoir.Depuis treize ans la question de mademoiselle Alternance et cette expérience de monsieur Démasquez sont les locataires de sa conscience et de son corps.

A quoi pourrait encore servir cette dissertation si elle n’a plus pour but de justifier un passage en classe supérieure ou de s’y opposer ? Treize ans d’absence c’est fini pour le lycée. Mais Thiakhane Fakher sait depuis longtemps que tout n'est pas au Lycée de Guirore. Les classes et les maîtres du monde sont partout ouverts, pour ceux qui considèrent qu'il est toujours utile de chercher à savoir quelque chose, et qui savent que, si quelque part ils peuvent être exclus, non pas tant d'une sélection coupable de la nature, mais probablement par un génie vicieux dans l'organisation de la vie humaine,personne ni rien ne saurait les exclure du champ des savoirs où viennent chercher leur satiété les vies qui ne peuvent pas renoncer au devoir et au droit de chercher à savoir.


 Il y a de cela treize ans exactement aujourd’hui, une certaine mademoiselle Alternance qui enseignait les Sciences et les Arts de la Vie au Lycée de Guirore dans la capitale de Pagaal, proposait un sujet de réflexion à ses élèves. C’était à la suite d’une invitation qu’elle avait faite à un autre professeur du lycée, un certain monsieur Démasquez qui enseignait lui aussi les sciences et les arts de la vie et qui faisait partie d’une équipe pluridisciplinaire de chercheurs dont mademoiselle Alternance elle-même.

Lorsque Mademoiselle Alternance a dit qu’elle inviterait un de ses collègues scientifiques du lycée avant d’entamer le grand chapitre concernant l’espace de la vie sociale, beaucoup d’entre les élèves avaient pensé que cette invitation aurait été plus pertinente avant ou durant l’investigation ou à la fin du domaine consacré à la réflexion sur la connaissance en général et plus spécifiquement aux divers problèmes que soulèvent l’activité scientifique. 

Thiakhane Fakher se souvient encore de la réponse de de son camarade de classe d'alors ,un certain Jean-Paul Sincert, lorsque mademoiselle Alternance a demandé à chaque élève de lui dire en une phrase ce qu'il avait retenu comme essentiel après avoir parcouru le premier domaine du programme qui portait sur la réflexion philosophique,la réflexion sur l'être et la réflexion sur l'homme. Jean-Paul Sincert avait alors répondu qu’il avait surtout retenu deux propos de Socrate : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien et je dois apprendre à me reconnaître »
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samedi 28 mai 2011

Werner Heinsenberg/l'esprit d'abord l'action ensuite comme les Anciens grecs




Personne ne sait ce que l'avenir nous réserve,ni quelles sont les puissances spirituelles qui gouverneront le monde,mais il nous faut commencer par croire à quelque chose et vouloir quelque chose.

  Nous voulons que la vie spirituelle redevienne florissante ici, et qu’ici, en Europe, continuent à naître les idées qui déterminent l’aspect du  monde. Nous engageons notre existence sur la pari que, dans ma mesure où nous saurons nous souvenir de notre origine et retrouver le chemin vers la coopération harmonieuse des forces de notre continent, même les conditions matérielles  de la vie en Europe deviendront plus heureuses qu’elles ne le furent au cours des cinquante dernières années. Nous voulons que notre jeunesse, en dépit du chaos extérieur, grandisse dans l’atmosphère spirituelle de l’Occident, et qu’elle puise aux sources de la force qui a fait vivre notre continent pendant plus de deux mille ans. Nous nous soucions qu’en second lieu des point de détail !Il n’est pas d’une importance primordiale que  nous nous déclarions pour l’enseignement humaniste ou pour un autre système scolaire. Mais en tout cas et avant toute chose, nous devons nous déclarer pour l’Occident.Werner Heisenberg, La nature dans la physique moderne, éditions Gallimard, 1962, p.78.

vendredi 27 mai 2011

Werner Heisenberg sur valeurs matérielles et valeurs spirituelles au cours de l'histoire

Finalement et en troisième lieu, ils affirment tout aussi justement que la fréquentation des Anciens procure à l’homme une échelle de valeurs où les spirituelles priment les matérielles. Car c’est précisément chez les Grecs que la suprématie du spirituel est immédiatement perceptible dans tous les vestiges qu’ils ont laissés. Il est vrai que sur ce point nos contemporains peuvent objecter que l’époque actuelle nous montre l’importance de la puissance matérielles, des matières premières et de l’industrie et que la puissance matérielle l’emporte sur tout pouvoir spirituel. Il n’est en rien conforme à notre époque, diront-ils, de vouloir inculquer aux enfants une surestimation des valeurs spirituelles par rapports aux matérielles.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique moderne, traduit de l’allemand par Ugne Karvelis et A.E.Leroy, éditions Gallimard, 1962, p.63.

Werner Heisenberg sur culture humaniste et science de la nature


 On se demande souvent si les connaissances acquises au lycée ne seraient pas de nature trop théorique, trop étrangères au monde et si, à notre époque caractérisée par la technique et les sciences de la nature, une formation plus pratique ne serait pas susceptible de nous préparer à la vie de façon plus adéquate. Ceci  nous conduit à la question, fréquemment soulevée, des rapports entre la culture humaniste et les sciences modernes de la nature. N’étant pas pédagogue et ayant peu réfléchi à ces problèmes, je ne peux pas traiter du fond de cette question. Mais je peux essayer de me rappeler mes propres expériences ; j’ai moi-même fréquenté le lycée et j’ai par la suite consacré la plus grande partie de mon travail aux sciences de la nature.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique moderne, traduit de l’allemand par Ugne Karvelis et A.E.Leroy, éditions Gallimard, 1962, p.61.

jeudi 19 mai 2011

Werner Heisenberg , La nature dans la physique contemporaine



Commençons par une rétrospection jusqu’aux racines historique des sciences modernes de la nature. Lorsque cette science fut fondée, au XVIIème siècle, par Kepler, Galilée et Newton, il existait encore l’image de la nature du Moyen Age qui voit en elle, avant tout, ce que Dieu a créé. La nature était considérée comme l’œuvre de Dieu. S’interroger, indépendamment de Dieu, sur un monde matériel, avait semblé, aux hommes de cette époque, dépourvu de signification. Comme document de ce temps je voudrais citer les mots par lesquels Kepler termine le dernier volume de son Harmonis cosmique : «je te remercie, mon Dieu, notre créateur, de m’avoir laissé voir la beauté de ta création et je me réjouis des œuvres de te mains. Vois, j’ai achevé l’œuvre à laquelle je me suis senti appelé, j’ai fait valoir le talent que tu m’as donné ; j’ai annoncé aux hommes la splendeur de tes œuvres : dans la mesure où  mon esprit limité a pu les comprendre, les hommes en liront ici les preuves » 
Mais en quelques dizaines d’années l’attitude de l’homme à l’égard de la nature changea fondamentalement. Dans la mesure où le savant pénétrait les détails des phénomènes de la nature, il  comprenait que, en fait, comme Galilée avait commencé de le faire, on pouvait dégager de l’ensemble certains phénomènes de la nature, les formuler mathématiquement et par là les « expliquer ».
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, Gallimard, 1962.