lundi 13 juin 2011

BACCALAUREAT/sénégal/révision/ Français,Histoire et Géographie


Les épreuves de PHILOSOPHIE viennent de se dérouler ce 09 juin 2011.Elles portaient sur l'homme sur la science,sur la philosophie,sur la liberté, sur l'art,sur la technique,sur le monde,sur l'engagement et sans doute sur beaucoup d'autres thèmes classiques, de manière manifeste ou cachée comme d'habitude dans les épreuves philosophiques.Des milliers de copies et de "roseaux pensant".Ceux qui contribueront à la récolte de ces moissons intellectuelles dans les jardins de notre jeunesses n'auront pas seulement sans doute pour tache à attribuer des notes toujours oscillant entre objectivité et subjectivité même dans les sciences les plus "féroces" et les plus incorruptibles.Ils ont la très lourde responsabilité de se prononcer sur l'état intellectuel de notre école, de notre jeunesse,de notre éducation et de donc de notre nation.Le plus grand ennemi de l'homme et surtout de la société, de l’État et de la nation prend toujours naissance en  l'homme dans les choses de l'esprit.C'est dans les puissances de l'esprit aussi qu'il faut toujours atteindre les puissances des peuples et des nations véritables.La preuve cette querelle entre les Saltiguis et les d'autres sujets pensant parlant du monde, de la nature,de Dieu et de savoirs."Tu iras chercher le savoir partout" et le plus loin de toi possible dans la nature et parmi les hommes.Thiakhane Fakher ne sait pas si les Saltiguis du Sine qui se sont prononcé sur un proche à VENIR du Sénégal ont raison ou ont tort,c'est-à-dire s'ils ont parlé à tort ou à raison.Ce qui est sûr, c'est que la vérité n'est pas une invention humaine même si les hommes se conçoivent diversement et énoncent diversement cette réalité constitutive de toute chose parmi les hommes ou dans la nature.La vérité n'est pas non plus une invention de Dieu.Seule la vérité est capable d'être sa propre cause et c'est pourquoi Ndigil est le premier de tout ce qui existe.Si donc Ndigil dit à un saltigui d’Allemagne ou du Sénégal que demain telle ou telle production arrivera dans le monde des résultats finis ou semi finis dans le cours de la nature ou dans la société,il n'est pas possible que cela n'arrive pas.Le plus dangereux des hommes est celui qui pense que DEMAIN est inconnaissables puisque celui là est sûrement celui qui pense que rien ne repose sur rien.La langue est essentielle dans tout système de communication,dans la communication entre les hommes et dans la communication entre les hommes et la nature.L’histoire aussi en tant qu'empreinte de la vie humaine dans un espace géographique restreint ou dans l'espace géographique et la Géographie en tant que connaissance et organisation de cet espace à la fois naturel et culturel sont vitales comme connaissance.
Ceux qui vont à leur lieu(X) de cultes en se retournant ou en écoutant les versets sataniques ou divines des autres sont les plus dangereux parce qu'ils sont les plus éloignés de la vérité et de la foi en l'existence en Dieu,UN et partout et infiniment vérités.

vendredi 10 juin 2011

Werner Heisenberg/science et pensée humaniste

Examinons les raisons pour lesquelles les représentants de la pensée humaniste préconisent toujours l’étude des langues anciennes et de l’histoire de l’Antiquité. A juste titre, ils affirment que toute notre vie culturelles, nos actions, nos pensées, nos sentiments sont enracinés dans la substance spirituelles de l’Occident ; c’est-à-dire dans cet esprit qui a pris naissance dans l’Antiquité ;qui, dès l’abord, a engendré l’art, la poésie, la philosophie grecs ;qui, ensuite, à travers le christianisme et la fondation de l’Eglise, a subi sa grande évolution et qui, finalement, a la fin du Moyen Age, dans une synthèse grandiose de la loi chrétienne et de la liberté de pensée antique, a appréhendé le monde en tant que monde de Dieu et ,par les grands voyages, les progrès des sciences de la nature et de la technique, l’a transformé de fond en comble. Par conséquent, dans chaque domaine de la vie moderne, dès que nous allons au fond des choses d’un de vue systématique, soit historique, soit philosophique, toujours nous rencontrons ces structures spirituelles qui ont pris naissance dans l’Antiquité et dans le Christianisme. C’est pourquoi on peut dire en faveur de l’enseignement secondaire humaniste, qu’il est bon de connaître ces structures, même si, en beaucoup d’aspects de la vie pratique, celles-ci ne paraissent pas indispensables. 
Werner Heisenberg, La nature dans la physique moderne, traduit de l’allemand par Ugne Karvelis et A.E.Leroy, éditions Gallimard, 1962, p.61-62.

Werner Heisenberg/Le problème de la nature dans la physique contemporaine


Mais en quelques dizaines d’années l’attitude de l’homme à l’égard de la nature changea fondamentalement. Dans la mesure où le savant pénétrait le détail des phénomènes de la  nature, il comprenait, en effet, comme Galilée avait commencé de le faire, on pouvait dégager de l’ensemble certains phénomènes de la nature, les formuler mathématiquement et par là les « expliquer ».En même temps, il reconnaissait pourtant l’immense tâche qui s’imposait ainsi à la science de la nature en train de naître. Pour Newton, déjà, plus simplement l’œuvre de Dieu, concevable seulement comme totalité. Son attitude à l’égard de la nature se traduit le mieux dans ces mots célèbres :il avait, disait-il, l’impression d’être un enfant qui, jouant au bord de la mer, était heureux de trouver de temps en temps un galet plus lisse, un coquillage plus beau que d’ordinaire, pendant que le vaste océan de la vérité s’étendait, inexploré, devant lui. Le développement de la pensée chrétienne à cette époque peut expliquer le changement d’attitude du savant à l’égard de la nature : Dieu semblait si haut dans le ciel, si loin au-dessus de la terre, que considérer la terre indépendamment de Dieu pouvait prendre un sens aussi. Dans cette mesure on a même  le droit de parler, en ce qui concerne les sciences modernes de la nature, d’une forme spécifiquement chrétienne d’impiété : on trouve un échos chez Kamah. Cela permet de comprendre la raison pour laquelle aucune évolution correspondante ne s’est produite dans d’autres cultures. C’est pourquoi ce n’est probablement pas par hasard que, justement à cette époque, la nature en elle-même devient, indépendamment du thème religieux, un sujet de représentation artistique. Considérer la nature non seulement en dehors de Dieu, mais aussi en dehors de l’homme, de sorte que naisse l’idéal d’une description ou d’une explication « objective » de la nature, correspond entièrement, en ce qui concerne les sciences de la nature, à cette tendance. Il faut cependant souligner que, pour Newton aussi, le coquillage avant de l’importance parce qu’il sortait du grand océan de la vérité ; observer ce coquillage n’est pas encore un but en soi ;se consacrer à son étude n’acquiert un sens que par la cohérence de l’ensemble.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, « le problème de la nature ».



jeudi 9 juin 2011

Baccalauréat Sénégal 2011/attentes subjectives infinies et réalité objective unique

SUJET I: Y a-t-il une place pour la subjectivité dans la science?

SUJET II: Le philosophe est celui qui dit en y pensant ce que tout le monde dit sans y penser.
Qu'en pensez-vous?


SUJET III: Expliquez et discutez le texte ci-après:
L'art est ce qu'il y a de plus élevé;c'est aussi ce qu'il y a de plus difficile et de plus fragile.Si ses conditions ne sont pas respectées, ce qui revient à dire, au fond, si la liberté n'est pas tenue en haleine,il cesse d'exister.Chacun comprend que l'art périt en devenant automatique, et qu'il périt aussi bien en perdant contact avec le monde.L'effort de production artistique révèle que travail,réflexion,invention et liberté sont solidaires,que l’œuvre naît de l'exécution plus que du projet,et qu'on ne pense son œuvre qu'en l'accomplissant,en la faisant naître sous ses doigts,sans qu'elle ait jamais d'autre modèle qu'elle-même.N'est-ce pas l'évidence qu'un sculpteur sur bois ne voit l'effet d'une entaille qu'après l'avoir creusée et qu'un peintre ne voit l'effet d'une touche qu'après l'avoir posée;qu'ils ne peuvent,en conséquence,méditer que le couteau ou le pinceau à la main?Un tel travail suppose une lutte constante et progressive avec une matière déterminée,lutte à la faveur de laquelle peut se dégager le style qui est la marque de l’œuvre humaine et le signe de la réussite.
BRIDOUX


mercredi 8 juin 2011

Louis de Broglie/les objets de la physique contemporaine


La physique, comme toutes les sciences de la nature, progresse par deux voies différentes : d’ une part l’expérience qui permet de découvrir et d’analyser un nombre croissant de phénomènes, de faits physiques : d’autre part, la théorie qui sert à relier et à rassembler un dans un système cohérent les faits déjà connus et à guider les recherches expérimentales en en prévoyant de nouveaux. Des efforts conjugués de l’expérience et de la théorie, résulte à chaque époque l’ensemble des connaissances qui constituent la Physique de cette époque.
Quand la science moderne a commencé son développement, c’est naturellement l’étude des phénomènes physiques que nous apercevons immédiatement autour de nous qui a, la première retenu l’attention des physiciens. Par exemple, l’étude de l’équilibre et du mouvement des corps a donné naissance à cette branche, aujourd’hui autonome, de la physique qu’on nomme la Mécanique : de même l’étude des phénomènes sonores a conduit à l’Acoustique, et c’est en réunissant et en systématisant les phénomènes où la lumière intervient, qu’on a créé l’Optique.
Louis de Broglie, les progrès de la physique contemporaine, in Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, p.163.

Werner Heisenberg/Jean Le Rond d'Alembert( 1717-1783)/l'étendue est forme


Nous voilà donc conduits à déterminer les propriétés de l’étendue, simplement du point de vue de la forme. C’est l’objet de la géométrie qui, pour y parvenir plus facilement, considère d’abord l’étendu limitée par une seule dimension, ensuite par deux, et enfin sous trois dimensions qui constituent l’essence du corps intelligible, c’est-à-dire d’une portion de l’espace terminée en tout sens par des bornes intellectuelles. Ainsi, par des opérations et des abstractions successives de notre esprit, nous dépouillons la matières de presque toutes ses propriétés sensibles pour n’envisager en quelque manière que son fantôme ;et on sentira dès l’abord que les découvertes auxquelles cette recherche nous conduit ne pourront manquer d’être fort utiles toutes les fois qu’il ne sera point nécessaire d’avoir égard à l’impénétrabilité des corps :par exemple, lorsqu’il sera question d’étudier leur mouvement en les considérant comme des parties de l’espace figurées ,mobiles et distantes les unes des autres.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, pp. 149-150.

Werner Heisenberg/Usage des mathématiques dans les sciences


L’usage des connaissances mathématiques n’est pas moins grand dans l’examen des corps terrestres qui nous environnent. Toutes les propriétés que nous observons dans ces corps ont entre elles des rapports plus ou moins sensibles pour nous : la connaissance ou la découverte de ces rapports est presque toujours le seul objet auquel il nous est permis d’atteindre, et seul par conséquent que nous devions nous proposer. 
Ce n’est donc point par des hypothèses vagues  et arbitraires que nous pouvons espérer connaître la nature, c’est par l’étude réfléchie des phénomènes, par la comparaison que nous ferons des uns avec les autres, par l’art de les réduire, autant qu’il sera possible, un grand nombre de phénomènes à un seul, qui puisse en être regardé comme le principe. En effet, plus on diminue le nombre d’une science, plus on leur donne d’étendue : puisque l’objet d’une  science étant nécessairement déterminé, les principes appliqués à cet objet seront d’autant plus féconds qu’ils seront en plus petit nombre.
Il n’y a, pour parler exactement, que les disciplines  qui traitent du calcul, des grandeurs et des propriétés générales de l’étendue, c’est-à-dire l’algèbre ,la géométrie et la mécanique, qu’on puisse regarder comme marquées au sceau de l’évidence.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine ,éditions Gallimard,p.152.

Werner Heisenberg/L'espace est le lieu des corps




Tout nous porte à regarder l’espace comme le lieu des corps, sinon réel, au moins supposé ;c’est effet par le secours des parties de cet espace considérées comme pénétrables et immobiles que nous parvenons à nous former l’idée la plus nette que nous puissions avoir du mouvement .Nous sommes donc comme naturellement contraints à distinguer au moins par l’esprit deux sortes d’étendue dont l’une est impénétrable et l’autre constitue le lieu des corps. Ainsi, quoique l’impénétrabilité entre nécessairement dans l’idée que nous nous formons des portions de la matière, cependant, comme c’est une propriété relative, c’est-à-dire dont nous n’avons l’idée qu’en examinant deux corps ensemble, nous nous accoutumons bientôt à la regarder comme distincte de l’étendue, et à considérer celle-ci séparément de l’autre, bien que l’impénétrabilité soit une hypothèse nécessaire à l’idée que nous nous faisons de la matière.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, Éditions Gallimard,p.148.

mardi 7 juin 2011

Thiakhane Fakher(2)/aussi petit qu'un atome cet cet être vivant pourrait être la plus vieille menace du monde


Monsieur Démasquez était venu avec une cage. Une cage en vitre transparent. Une espèce d’aquarium. Il a déposé la cage sur le bureau de la classe devant les élèves.

 Il a ensuite enlevé le voile noir qui recouvrait la cage et a demandé aux élèves si la cage est transparente ou opaque. Les élèves ont répondu qu’ils voyaient bien que la cage est transparente. Ensuite il a demandé si la cage contenait quelque choses oui ou non. Certains élèves ont répondu que la cage était évidemment vide comme un désert. Certains ont répondu que la cage n’était peut-être pas vide mais ne contenait pas ce que leurs yeux pouvaient voir. 

Parmi ceux là, le très brillant Jean-Paul Sincert, expliquait qu’il se pouvait que la cage soit remplie d’air. Peut-être aussi contenait-elle de minuscules pores par lesquels, et que tout en apparaissant impénétrable et isolé elle communiquait avec son monde extérieur. La cage qui nous apparaissait vide pouvait disait-il, être habitée par des êtres microscopiques invisibles de l’extérieur et par l’œil humain normal.


Lorsque Monsieur Démasquez a demandé à Jean-Paul Sincert s’il avait une idée sur comment savoir si la cage est vide ou non, il a répondu qu’il n’avait aucune idée sur cette question. Monsieur Démasquez visiblement très content de l’esprit de Jean-Paul Sincert, le plus petit et le plus effacé de la classe, mais aussi le plus visible, a félicité mademoiselle Alternance, car pour lui, ce « roseau pensant » était la preuve qu’elle avait su au moins enseigné à voir clair. La philosophie disait-il alors, n’est pas très éloignée de la science. 


Monsieur Démasquez croyait-il en Dieu ? Ni la philosophie ni la science ne peuvent répondre à cette question. Personne ne peut y répondre.
En tout cas ce jour là, il a dit que Dieu n’aime pas la nudité. Dieu aurait selon lui,  enveloppé toutes choses qu’il a créés dans un voile très épais pour éloigner et son intimité et son être véritable des regards et des langues qui détruisent tout. Comme la philosophie disait-il en demandant à mademoiselle la spécialiste de la redresser s’il s’inclinait et infléchissait à tort le sens de la philosophie, la science aussi aime déshabiller, dissiper le brouillard qui embrouillent le miroir de l’être.



M. Démasquez a ouvert la cage et y a introduit un récipient rempli d’eau, un autre avec des morceaux de carotte, un autre avec un mélange de morceaux de chair de toutes sortes, un autre avec un morceau de métal et un autre avec de la cigüe. Ensuite il a refermé la cage. Il avait pesé tout cela au moins d’une balance. Il y avait en tout 3 kilogrammes de matières introduites dans la cage.


Sous les regards des élèves qui faisaient exactement 77 dans la classe, toute cette matière a disparu d’un seul coup, en l’espace de quelque secondes : trois secondes selon certains élèves et montres, d’autres quatre, d’autres cinq.
A la fin de l’expérience, mademoiselle Alternance a demandé s’il y a avait des questions.


 Des questions il y en avait. Mais aucun élève ne douta du statut de monsieur Démasquez. A cette époque là les charlatans de toutes sortes faisaient légion à Pagaal, surtout à Guirore. La vie était devenue tellement dure que chacun pouvait apparaître comme un sauveur, même étant le plus démuni en or ou en diamant et surtout en imagination. Il suffisait d’être audacieux et de savoir profiter de la situation de faiblesse généralisée. C’est monsieur Démasquez qui avait convaincu Keynaak d'inscrire Thiakhane Fakher au Lycée de la vie. 


Un matin, alors qu’il allait en excursion dans la nature, monsieur Démasquez était passé par les enclos de Yokaam. Ce matin là, une vache venait de mourir dans l’enclos sans aucune cause apparente qui se fit voir la veille. Monsieur Démasquez avait alors ouvert la bouche de l’animal de laquelle sortait une abondante salive noirâtre. Trois jours après il est revenu aux enclos de Yokaam. Il avait fait plus de cent kilomètres pour tenir sa promesse. Il est venu avec un autre homme et ils ont vacciné tout le bétail sans rien demander. Qu’est-ce qu’il gagnait ainsi ? Peut-être qu’ils avaient gagné quelque chose avant de venir.


Monsieur Démasquez n’était pas un charlatan, un homme qui sait parfaitement qu’il ne sait rien de ce qu’il prétend connaître et qui donc ne peut rien sur ce qu’il prétend pouvoir agir. A moins que la communauté internationale ne soit complice, il était un scientifique d’une renommée internationale. Les recherches de son équipe avait permis à l’humanité d’agir en bien comme en mal. Tous les élèves, même ceux qui ignoraient tout de son métier et de son grade, savaient que monsieur Démasquez n’était pas un docteur ès magie, mais un professeur ès sciences et arts de la vie à Guirore. 


Comme il est scientifique et ne veut pas être confondu avec n magicien ou un faiseur de miracles par une grâce qui échappe à son contrôle il vit la nécessité d’une explication rationnelle définitive ou provisoire.

-il nous faut expliquer rationnellement et objectivement ou au moins subjectivement ces faits que nous venons d’observer en attendant des confirmations, si vous refusez de me voir comme un magicien ou un organisateur de miracles en tout genre de miracles et si moi-même je me refuse de me mettre dans ces habits. Il se trouve que nous venons de prendre connaissance depuis trois 8 jours seulement, d’un être vivant assez particulier. Je ne vois pas pourquoi, mais mademoiselle Alternance qui fait partie de notre équipe a tenu à ce que ce spécimen vous soit exposé avant que vous n’entamiez le chapitre sur la vie sociale.


Quand il a fini de parler ainsi aux élèves mademoiselle Alternance a dit qu’il s’agissait de réfléchir sur ces faits durant les vacances de noël et de voir dans quelle mesure ils pouvaient avoir une relation avec la vie sociale. Les chercheurs de Pagaal n’ignoraient pas tout de cet être vivant qu’il avait mis en cage. Un être vivant aussi minuscule qu’un atome qui absorbe tous les atomes autour dans son espace…

Werner Heisenberg/Déterminisme et physique atomique


Ceci fait comprendre que la physique atomique se soit éloignée de plus en plus des représentations déterministes. D’abord, et dès les débuts de la science de l’atome, par le fait que l’on s’est  mis à considérer les lois déterminantes des processus à grande «échelle comme des lois statistiques .En principe on maintenait encore le déterminisme, mais en pratique on comptait avec le caractère incomplet de notre connaissance des systèmes physiques. Ensuite dans la première moitié du siècle, par le fait que le caractère incomplet de la connaissance des systèmes atomiques était désormais considéré comme une partie essentielle de la théorie. Enfin, tout récemment, parce que, pour les durées, et les espaces infinitésimaux, le concept de chronologie semble devenir un problème, bien que nous ne puissions pas encore dire comment se résoudront ces énigmes.
Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, p.58.

Werner Heisenberg/Le concept de causalité chez Aristote et dans la science contemporaine


Historiquement parlant, l’application du concept de causalité à la règle de cause à effet est relativement récente. Dans les philosophies anciennes, le terme causa avait une signification bien plus générale qu’il ne l’a aujourd’hui. Se référant à Aristote, la Scolastique par exemple  parlait de quatre formes de «  causes ».On y trouve la causa formalis, qu’aujourd’hui on appellerait la structure ou le contenu conceptuel d’une chose, la causa materialis, c’est-à-dire la matière dont est faite une chose ; la causa finalis, qui est le but d’une chose et, enfin, la causa efficiens. Seule la causa efficiens correspond à peu près à ce que nous désignons  aujourd’hui par le terme de  cause.
La transformation du concept de causa dans le concept actuel de cause s’est produite au cours des siècles, en liaison  interne avec la transformation de la réalité entière, telle que les hommes la conçoivent, et avec la naissance des sciences de la nature au début de l’ère moderne.
La physique de Newton était ainsi conçue qu’on pouvait calculer à l’avance, à partir de l’état d’un système, à un moment déterminé, le mouvement futur du système. Que cela soit un principe de la nature, Laplace l’a formulé de la façon la plus générale et la plus compréhensible :il a forgé la fiction d’un démon qui qui a un moment donné, connaîtrait la position et le mouvement de tous les atomes et serait en mesure de calculer d’avance l’avenir total de l’univers .Si l »on veut prendre le terme de causalité au sens restreint, on parle aussi de «  déterminisme » et on entend par là qu’il y a des lois naturelles fixes qui déterminent rigoureusement l’état futur d’un système d’après l’état actuel .
Werner Heisenberg,La nature dans la physique contemporaine.



samedi 4 juin 2011

Utopie/Thiakhane Fakher/L'essentiel selon Jean-Paul Sincert


Maintenant, Thiakhane Fakher peut répondre à cette question posée à Guirore, la capitale de Pagaal, il y a de cela treize ans exactement aujourd’hui, par Mademoiselle Alternance, au Lycée des Sciences et des Arts de la vie à Guirore.

Cela a-t-il encore un sens ? Peut-être que oui peut-être aussi non. De lui en partie et des autres. Peut-être que cette question est aujourd’hui dépassée. Peut-être aussi qu’elle est encore actuelle. Comme cela dépend de lui en partie, il s’est décidé à donner sa réponse. Thiakhane Fakher ne sait pas si mademoiselle Alternance est encore au Lycée des Sciences et des Arts de la vie à Guirore ou si elle est ailleurs dans le métier ou en d’autres lieux de travail. Peut-être même qu’elle ne vit plus. Il est permis de tout imaginer quand on  ne sait rien de certain. Ce qui est rare et ce qui est utile, c’est une imagination qui permet de voir la réalité ou une autre face de la réalité.

Ce qui est sûr, c’est que Thiakhane Fakher ne retournera pas au Lycée de la Vie à Guirore. Du moins, pas pour poursuivre ses études officielles interrompues depuis treize ans. Il voudrait pourtant y retourner pour voir si mademoiselle Alternance est toujours en service au grand Lycée de  Guirore. Il se pourrait qu’il se rende à Guirore pour remettre sa copie à mademoiselle Alternance, mais tout cela reste encore dans le possible et dans le souhaité. Peut-être que demain encore il se dira que cela ne vaut pas la peine. Depuis longtemps,il lui est impossible de s'attacher à quelque chose d'autre.Depuis le troisième jour des vacances de noël de cette année,Thiakhane Fakher ne poursuit qu'un seul bien.Un bien qui mille fois a disparu de son chemin avant de réapparaître au seuil du tombeau du désespoir.Depuis treize ans la question de mademoiselle Alternance et cette expérience de monsieur Démasquez sont les locataires de sa conscience et de son corps.

A quoi pourrait encore servir cette dissertation si elle n’a plus pour but de justifier un passage en classe supérieure ou de s’y opposer ? Treize ans d’absence c’est fini pour le lycée. Mais Thiakhane Fakher sait depuis longtemps que tout n'est pas au Lycée de Guirore. Les classes et les maîtres du monde sont partout ouverts, pour ceux qui considèrent qu'il est toujours utile de chercher à savoir quelque chose, et qui savent que, si quelque part ils peuvent être exclus, non pas tant d'une sélection coupable de la nature, mais probablement par un génie vicieux dans l'organisation de la vie humaine,personne ni rien ne saurait les exclure du champ des savoirs où viennent chercher leur satiété les vies qui ne peuvent pas renoncer au devoir et au droit de chercher à savoir.


 Il y a de cela treize ans exactement aujourd’hui, une certaine mademoiselle Alternance qui enseignait les Sciences et les Arts de la Vie au Lycée de Guirore dans la capitale de Pagaal, proposait un sujet de réflexion à ses élèves. C’était à la suite d’une invitation qu’elle avait faite à un autre professeur du lycée, un certain monsieur Démasquez qui enseignait lui aussi les sciences et les arts de la vie et qui faisait partie d’une équipe pluridisciplinaire de chercheurs dont mademoiselle Alternance elle-même.

Lorsque Mademoiselle Alternance a dit qu’elle inviterait un de ses collègues scientifiques du lycée avant d’entamer le grand chapitre concernant l’espace de la vie sociale, beaucoup d’entre les élèves avaient pensé que cette invitation aurait été plus pertinente avant ou durant l’investigation ou à la fin du domaine consacré à la réflexion sur la connaissance en général et plus spécifiquement aux divers problèmes que soulèvent l’activité scientifique. 

Thiakhane Fakher se souvient encore de la réponse de de son camarade de classe d'alors ,un certain Jean-Paul Sincert, lorsque mademoiselle Alternance a demandé à chaque élève de lui dire en une phrase ce qu'il avait retenu comme essentiel après avoir parcouru le premier domaine du programme qui portait sur la réflexion philosophique,la réflexion sur l'être et la réflexion sur l'homme. Jean-Paul Sincert avait alors répondu qu’il avait surtout retenu deux propos de Socrate : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien et je dois apprendre à me reconnaître »
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