Si Dieu exste véritablement en dehors des diverses productions douteuses de l'esprit humain,les vrais artistes doivent le connaître et être très proches et très aimés de lui.Il faut donc espérer que l'âme de Yandé Codou ne retourne pas vers Dieu dans l'angoisse et dans la tristesse.Le savant peut bien s'égarer dans le monde sensible comme dans le monde intelligible,mais l'artiste sait toujours où il va.Je l'enttends encore chanter de sa plus belle voix retournant toute satisfaite vers celui qui lui donna vie et inspiration.
PHILOSOLIDAIRE/Association Architecte du Bien (AAB)14252 but non lucratif - Des femmes et des hommes libres engagés, qui rêvent, pensent et agissent individuellement et ensemble pour que la Terre soit toujours et partout un lieu de satisfaction universelle de l'individu, de la société, des groupes sociaux et du monde dans les champs de CAUSES:Droits de l'homme, Éducation, Environnement, Santé, Petite Enfance, Femme, Culture, Économie et travail contre la Pauvreté
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vendredi 16 juillet 2010
samedi 22 mai 2010
Droits et dialogue des cultures:une déclaration tardive de l'Unesco
C’est le Directeur Général de l’Unesco, Koïchiro Matsuura qui le rappelle : « La Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle a été adoptée à l’unanimité dans un contexte très particulier. C’était au lendemain des événements du 11 septembre 2001… »
Donc Alain Finkielkraut a bien raison : « l’humanité a quelque fois besoin de catastrophes »pour se rectifier. Mais cette déclaration permet donne aussi raison à Karl Marx : « L’idéologie dominante d’une époque est toujours l’idéologie de la classe économiquement dominante » dans la société ou dans le monde. Car ce n’est pas le 21 septembre que l’humanité a vu ou compris que l’homme est multidimensionnel et que s’il existe des hommes et des peuples qui se plaisent dans le calme de l’esclave, il faut supposer qu’il puisse en exister d’autres comme ceux là qui se battent encore avec les grands démons du monde qui font des ravages dans les espaces économiques, politiques, religieux et en d’autres dans le monde.
Attendre le 21 septembre pour voir ou accepter enfin et malgré soi ce que la nature elle-même dit à haute voie pour avoir fait de l’homme le plus nu des animaux en venant sur la terre, c’est bien donner raison à Finkielkraut et à Marx :quand l’humanité arrive à un certain degré de vanité et d’ivresse à cause de sa naissance ou de sa richesse ou d’autres pouvoirs et prétentions de pouvoirs et de rang, la chute est nécessaire et immanquable pour elle et cette chute est une condition nécessaire d’un devenir encore meilleur.
A mon avis, cette déclaration, comme sa sœur aînée des Droits universels de l’Homme, est encore tardive et incertaine. Car tout le monde sait que depuis la Déclaration des Droits universels de l’homme, les agressions et les crimes de toutes sortes et par toutes les armes possibles n’ont fait qu’empirer contre les hommes, les peuples et les biens. Pourquoi alors attendre un autre résultat ailleurs ? Cette déclaration est tardive parce que ce qu’elle prétend livrer comme message est contenu ailleurs et de la plus des manières possibles.
La Bible est la première source de la Déclaration de la Diversité et du dialogue des cultures : « Tu aimeras ton prochain comme tu t’aimes toi-même »Le prochain du chrétien n’est pas seulement celui qui est à côté de lui dans l’Eglise. Quand le Coran dit qu’il faut aller jusqu’en chine pour chercher le savoir, il prêche la diversité des cultures et leur dialogue et enseigne à l’homme qu’il est toujours en même temps, un peu et très peu en lui-même, et incommensurablement en dehors de lui dans les autres. Quand le sérère ancien enseigne de ne pas regarder et considérer dans nos rapport sociaux l’homme que je croise mais celui qui est avec lui mais qu’on ne voit pas et qui est pareillement en nous, il enseigne que toutes ces cultures ne sont que des coquilles accidentelles, certes nécessaires comme la carapace est nécessaire peut-être à la tortue, mais pas fondamentales pour justifier tout ce qui se fait et se dit à leurs noms, à leur détriment même et au détriment de l’homme.
Cette Déclaration est tardive-sauf pour ceux qui l’ont voulu tardive-car elle arrive au moment où ce qui s’est passé dans la nature avec l’extermination naturelle de certaines espèces biologique, s’est déjà produite dans les cultures humaines : ils ont tué toutes les cultures ou sont en état d’espérer qu’elles n’auront plus la force de renaître et de se développer comme elle devraient l’être, et ensuite ils déclarent le dialogue des cultures. Combien de cultures véritablement particulières restent-ils encore dans le monde ? En dénombrer une dizaine pourrait relever de l’illusion conceptuelle. Il faudra beaucoup de résistance pour que « l’homme unidimensionnel » d’Herbert Marcuse ne s’empare de toutes les terres du monde. Où est la place au dialogue quand on vient par la prétendue voix de Dieu me dire que mes ancêtres ont toujours été en dehors de Dieu et qu’il me faut changer de chemin pour ne pas être damnés comme eux sur la terre et dans les cieux?
La diversité des cultures n’est pas en soi un poison contre la paix, mais les contrebandiers qui vivent des diverses cultures sans en avoir aucune, en ont fait un instrument de guerre et d’encerclement de l’homme contre le reste de l’humanité et contre lui-même.
jeudi 20 mai 2010
L’UNESCO SUR LA DIVERSITE CULTURELLE
"L'idéologie dominante d'une époque est toujours celle de la classe économiquement dominante"
DECLARATION UNIVERSELLE DE L’UNESCO SUR LA DIVERSITE CULTURELLE« La richesse culturelle du monde, c’est sa diversité en dialogue »
Adoptée par la 31e session de la Conférence Générale de l’UNESCO
PARIS, 2 NOVEMBRE 2001
Adoptée par la 31e session de la Conférence Générale de l’UNESCO
PARIS, 2 NOVEMBRE 2001
La Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle a été adoptée à l’unanimité dans un contexte très particulier. C’était au lendemain des événements du 11 septembre 2001, et la Conférence générale de l’UNESCO,qui se réunissait alors pour sa 31e session, était la première réunion de niveau ministériel à se tenir après ces événements terribles. Ce fut l’occasion pour les États de réaffirmer leur conviction que le dialogue interculturel constitue le meilleur gage pour la paix, et de rejeter catégoriquement la thèse de conflits inéluctables de cultures et de civilisations.
Un instrument d’une telle envergure constitue une première pour la communauté internationale. Il érige la diversité culturelle au rang de « patrimoine commun de l’humanité », « aussi nécessaire pour le genre humain que la biodiversité dans l’ordre du vivant », et fait de sa défense un impératif éthique, inséparable du respect de la dignité de la personne humaine.La Déclaration vise à la fois à préserver comme un trésor vivant, et donc renouvelable, une diversité culturelle qui ne doit pas être perçue comme un patrimoine figé, mais comme un processus garant de la survie de l’humanité ;elle vise aussi à éviter des ségrégations et des fondamentalismes qui, au nom des différences culturelles, sacraliseraient ces différences, allant ainsi à l’encontre du message de la Déclaration universelle des droits de l’homme.La Déclaration universelle insiste sur le fait que chaque individu doit reconnaître non seulement l’altérité sous toutes ses formes, mais aussi la pluralité de son identité, au sein de sociétés elles-mêmes plurielles. C’est ainsi seulement que peut être préservée la diversité culturelle comme processus évolutif et capacité d’expression, de création et d’innovation. Le débat entre les pays qui souhaiteraient défendre les biens et services culturels « qui, parce qu’ils sont porteurs d’identités, de valeurs et de sens, ne doivent pas être considérés comme des marchandises ou des biens de consommation comme les autres », et ceux qui espéraient promouvoir les droits culturels a été ainsi dépassé, ces deux approches se trouvant conjuguées par la Déclaration qui a mis en évidence le lien causal unissant deux démarches complémentaires. L’une ne peut exister sans l’autre.Cette Déclaration, accompagnée des lignes essentielles d’un Plan d’action, peut être un superbe outil de développement, capable d’humaniser la mondialisation.Elle ne formule évidemment pas de prescriptions, mais des orientations générales qui devraient se traduire en politiques innovantes par les Etats membres, dans leurs contextes spécifiques, en partenariat avec le secteur privé et la société civile.Cette Déclaration, qui oppose aux enfermements fondamentalistes la perspective d’un monde plus ouvert, plus créatif et plus démocratique, compte désormais parmi les textes fondateurs d’une nouvelle éthique promue par l’UNESCO
au début du XXIe siècle. Je souhaite qu’elle puisse revêtir un jour la même force que la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Koïchiro Matsuura,
Directeur général
dimanche 2 mai 2010
Pierre HADOT ou comment vivre et mourir comme un philosophe et pourquoi ?
http://www.liberation.fr/culture/
Culture 28/04/2010 à 00h00
Hadot, une vie philosophique
Disparition . Le spécialiste de la pensée hellénistique et romaine est mort dimanche à 88 ans.
Par ROBERT MAGGIORI
Philosophe, philologue, historien, traducteur, l’une des grandes figures de la pensée contemporaine, Pierre Hadot, est mort le 25 avril, à l’âge de 88 ans. Il était professeur émérite au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire de la pensée hellénistique et romaine. Personnalité réservée, ancien prêtre, il a exercé une influence souterraine certaine, notamment sur les derniers développements de la pensée de Michel Foucault concernant «le souci de soi» et l’esthétique de l’existence.
Leçon
Bien qu’il ait été l’un des premiers à s’intéresser à Wittgenstein et aux «jeux de langage», qu’il soit toujours resté dans la proximité de Nietzsche ou de Goethe, Pierre Hadot a axé ses recherches sur la pensée antique, en particulier sur le rapport entre la philosophie grecque et sa réception par la littérature latine. Ses auteurs de prédilection sont Plotin, Epictète, Marc Aurèle - mais ce qu’il a introduit de plus fort est l’idée que la philosophie est née, en Grèce, comme «style de vie» ou sagesse comprise non en tant que pur savoir théorique mais «savoir vivre».
Contrairement à celles de la philosophie moderne, qui se présentent trop souvent comme ensembles de savoirs techniques destinés aux «spécialistes», les œuvres philosophiques de l’Antiquité, selon Hadot, proposaient un «art de vivre», n’avaient pas pour seul but d’informer mais de former le lecteur, dans sa vie la plus quotidienne, de provoquer un «exercice spirituel» par lequel on parvient à «transformer soit en soi-même soit chez les autres, la manière de vivre et de voir les choses».
Pierre Hadot a œuvré pour que soit aujourd’hui retenue la leçon donnée dès l’aurore grecque : il doit y avoir harmonie entre vie et réflexion philosophique, car la vraie vie est une vie philosophique, comme la vraie philosophie est celle qui jamais ne se détache de la vie. Mais que signifie «vivre philosophiquement» ? Reconnaître qu’il n’y a qu’un seul vrai plaisir, celui d’exister. Plaisir d’autant plus grand, chez Hadot lui-même, qu’il l’aura gagné sur une constitution fragile et une grave malformation au cœur qui le fit hospitaliser et opérer maintes fois. Plaisir de tous, dès lors qu’au lieu d’attendre que quelque idéal ou une utopie s’actualise, on vit son moment présent comme on vit sa dernière heure.
Résolution
Pierre Hadot a souvent dit l’«enthousiasme» avec lequel il commenta un texte de Bergson qui lui fut donné à son… baccalauréat, en 1939 : «La philosophie n’est pas une construction de système, mais la résolution, une fois prise, de regarder naïvement en soi et autour de soi.» Ensuite il sondera toutes les sapiences antiques, et tous les textes. Mais à cette idée que la philosophie est exercice spirituel, exercice de vie, il restera fidèle.
Pierre Hadot a publié, entre autres : Qu’est-ce que la philosophie antique ? (Gallimard 1995), Plotin ou la simplicité du regard (Allia 1998), la Philosophie comme manière de vivre (Albin Michel 2001), Exercices spirituels et philosophie antique (Albin Michel 2002), le Voile d’Isis (Gallimard 2004), le Néoplatonisme (Belles Lettres 2010). Parmi ses traductions, on rappellera celles de Marc Aurèle (Belles Lettres 1998) et de Plotin (Cerf, 1998-1990). A lire : Pierre Hadot, l’enseignement des antiques, l’enseignement des modernes, dirigé par Arnold Davidson et Frédéric Worms (éditions Rue d’Ulm).
Philosophie morale et politique ou réflexions et pensées sur la vie de l'homme en société
M. Diaga Ndour entouré reçoit la visite du Ndut,une institution sociale en période de circoncision.Le groupe était venu lui demander un taureau et il leur en donna un grand.Ce masque que porte le danseur du groupe s'appelle "Mbot" et la dénommination sociale de la fonction du porteur dans le groupe initiatique est aussi "Mbot".
L’homme est le seul animal qui peut parvenir à un stade de développement qui lui permet de penser son existence et de penser l’existence du monde dans leur passé, dans leur présent et dans leur futur. C’est une exception de taille. Partout dans le monde actuel l'homme est encerclé avec d'autres hommes dans un groupement politiques appelé société ou Etat ou pays alors qu’il existe des animaux qui ne se regroupent pas et qui mènent une existence solitaire.Qui l'a poussé à prendre cette forme de vie associative,à s'enfermer et à se définir dans ces cadres de vie sociale?Est-ce la nature qui l'a programmé pour vivre ainsi ou est-ce l'homme lui-même qui s'est choisi cette forme de vie contre une autre que la nature lui aurait suggérée?
Quand nous disons vivre en solitaire,nous ne voulons pas dire qu'il n'existe pas des animaux qui se regroupent et qui vivent attroupés.Mais, ce n'est pas le simple fait d'être attroupés ou d'être côte à côte qui détermine le lien social entre des individus.Le regroupement politique appelé société est caractérisé parmi tant d'autres fondement,par le fait que les individus sont dans une situation de mise en commun de leur compétences et de leurs forces pour la réalisation de quelque chose qui apparaît comme un bien commun ou comme un produit pour tous puisque résultant de l'action de tous et non point d'un seul individu.
1. PREMIERE QUESTION
Notre première question est la suivante : POURQUOI les individus du genre humains se sont asociés et formé des groupements politiques appelés sociétés et Etats qui contiennent d'autres institutions sociales?
2. LES SENS DE LA QUESTION
Quand nous demandons « POURQUOI… ? », ce que nous voulons atteindre c’est l’élément le plus lointain qui se trouve naturellement ou qui est entré accidentellement dans la vie de l’homme ou dans l’espace de la vie de l’homme et qui aurait déclenché et déclenchent encore le mouvement de rapprochement des hommes et leur association et leur sédentarisation dans un espace donné et dans une forme de vie déterminée. Ce qui fait que le processus de formation s’est déclenché. C’est-à-dire ce qui sert de premier moteur dans le mouvement ayant abouti à la formation de ces institutions, moteur interne ou externe. Par la question « POURQUOI », nous demandons aussi l’objet qui est la cible à atteindre au terme du mouvement et dont la quête justifie le mouvement. C’est ce qui donne contenu et un sens au mouvement c’est-à-dire à l’action déclenchée volontairement ou dans la nature. La question « POURQUOI » demande aussi ce qui donne une valeur à l’objet ciblé et au mouvement et qui est déterminé dans l’effet ou la vertu que son atteinte fait obtenir théoriquement ou concrètement. C’est fonction de l’objet ou sa fin ou ce pour quoi il est fait. Ce qui fait que l’objet est recherché. La question POURQUOI interroge aussi la valeur de l’objet à travers la fonction ou le besoin qu’il vise à satisfaire et qui peut être un besoin intermédiaire ou un besoin terminal dont la satisfaction supprimerait tous les autres besoins, un besoin donc particulier ou singulier ou un besoin universel ou général. C’est dans cette fin ou cette fonction que se détermine subjectivement ou particulièrement ou relativement ou universellement la valeur absolue de l’objet visé. C’est la justification ultime de la formation de l’existence ou de la quête théorique ou matérielle de l’objet.
samedi 1 mai 2010
L'Afrique doit accepter et savoir mourir pour renaître
L’indépendance d’un Etat n’est pas la liberté de son peuple ou celle de ses gouvernants
Au cours de l’invitation lancée par Anne-laure dans cet atelier pour témoigner de ce que nous avons vécu ou de ce que nous souhaitons ou de ce que nous croyons être vrai ou faux, probable ou improbable concernant l’existence de l’Afrique et plus précisément de l’existence des Etats qui constituent ce continent, malgré cinquante années d’indépendances obtenues de diverses manières, beaucoup estiment que les Etats africains ne sont pas indépendants, ne sont pas libres, ne « s’appartiennent pas »-pour reprendre l’expression de Jack-l'existentialiste s’exprimant sur le sujet chez les Observteurs de France24 commentant un billet sur la problématique des indépendances africaines et plus précisément sur la célébration de l’indépendance du Togo. Je reprends l’expression car au Sénégal aussi pour dire indépendant ou libre on utilise dans plusieurs langues courantes l’expression « s’approprier sa tête ou son moi ».
A un frère africain togolais qui soulignait que « la plupart des togolais ne sont pas d’humeur à célébrer le jour de l’indépendance »de leur pays, je faisais remarquer que tous les sénégalais n'ont pas participé aux manifestations du 03 ou du 04 avril inscrites dans le cadre du cinquantenaire...qu’il en sera de même au Togo, et ailleurs.
Mais cela ne signifierait pas que tous les togolais ne sont pas d'humeur à célébrer leur indépendance. Il y a des vérités qui sont transparentes à tous et dont celle que voici : tous les Etats et tous les peuples et leurs hommes et leurs femmes sont d'humeur à célébrer leur indépendance et leur liberté par diverses manières, puisque la raison humaine et les tendances naturelles de la vie ne peuvent pas voir et ne peuvent pas désirer pour un individu ou pour un Etat ou pour un peuple, une situation ou une condition qui soit préférable à celle de l'indépendance et de la liberté.
Toutes les cultures humaines qui ont inventé un concept pour désigner Dieu sont des cultures qui reconnaissent la liberté et l’indépendance comme des constituants de l’Etre supérieur qu’ils adorent. Préférer l’esclavage à la liberté est contre la nature de la vie et contre la condition humaine dans le monde. Vivre c’est s’affirmer et affirmer et pour cela il faut bien une liberté et une indépendance. Sinon la vie n’est qu’une cave de besoins, de valeurs, de besoins et de mouvements en tous sens dont on ignore la provenance et les raisons d’être.
Cependant tous les hommes et tous les Etats ne sont pas toujours de bonne humeur pour célébrer leur indépendance sous n'importe quel gouvernement. S'il est vrai qu'il existe des gouvernements d'Etats qui ne sont que les "pions" d'autres gouvernements et d' « Etats »,comme le soutiennent certains, alors ne pas s'abstenir de célébrer l'indépendance avec ces gouvernements est la pire des contributions à l'œuvre de la domination coloniale, de la négation de l’indépendance et de la liberté, à une agression organisée contre les droits fondamentaux de tout homme :la liberté est l’unique bien qui reste à un homme ou à un peuple quand il a tout perdu ou croire avoir tout perdu par les forces de la nature ou par celle d’un autre homme ou peuple.
C’est la liberté qui reste intact en lui quand il a les mains, les pieds et le ventre lié et jeté dans un navire et dans un océan avec ou sans conducteur. Car cette situation au lieu d’être une négation de la liberté, est bien une condition nécessaire pour l’expression de la liberté. La liberté n’a de sens que dans un environnement, dans une situation où il y a des obstacles et la liberté est d’autant plus réelle ou réalisable que les obstacles paraissent être invincibles. Si ce n’était pas Sartre la France ne serait pas libre et ne serait pas devenue ce qu’elle est en train de devenir dans l’histoire. Les africains peuvent oublier ou ignorer que la France aussi a connu une période de l’histoire durant laquelle elle ne s’appartenait plus ou a failli ne plus s’appartenir,mais la France et les français patriotes ne n'oublieront pas et surtout les français nationalistes.
Mais Sartre refusa et avec lui beaucoup d’autres, qu’un homme puisse ne pas s’appartenir comme Rousseau refusa qu’un homme ou un peuple puisse appartenir à quelque autre vie qui ne soit pas la sienne. La liberté est impérissable en l’homme, elle continue à vivre chez les malades et chez les pauvres et donc chez les colonisés. Qui pourrait nier que la liberté qui restait à Senghor, à Césaire, à Damas, à Martin Luther King et à d’autres et à d'autres quand tout leur fut arraché,leur première arme de bataille dans leur situation ?
L’Afrique ne « s’appartient plus »écrit Jack.Cette affirmation peut être validée mais il y a des conditions pour ne pas la prendre comme telle. Tout dépend de ce dont on cherche la propriétaire légitime et le détenteur usurpateur. D’autres écrivent que l’Afrique ou plus précisément les Etats africains sont « semi-indépendants ».Je voudrais être plus modéré et plus réaliste que Jean Grave ou Max Stirner au sujet de l’indépendance ou de la liberté qui est sa condition et non sa conséquence, mais il me semble que l’expression « demi »ou « semi-indépendant » n’a pas de sens :une indépendance comme la liberté qui est sa mère et sa gouvernante « est ou n’est pas »,qu’elle soit intégrale ou qu’elle tienne compte des contraintes inhérentes à un monde naturel et social conçus comme un immense réseau et système de relations et d’influences de toutes sortes.
Les arabes et les romains bien avant l’Europe écrit l’existentialiste se sont approprié ou ont tenté de s’approprier l’Afrique et se sont effectivement approprié de l’Afrique ou de certaines de ses parties constitutives nécessaires ou accidentelles. Mais ces puissances ont-elles anéanti totalement le droit et le pouvoir de se reprendre ou de Je crois qu'il importe de faire une distinction entre l'Etat en soi et le peuple et le gouvernement.
Nos Etats sont indépendants car rien dans leur constitution n'indique le contraire, au contraire dans leurs multiples constitutions ils affirment tous cette indépendance avec force et fierté. Mais un Etat constitutionnellement libre n'implique pas nécessairement un peuple autant libre.
Au-dessus des Etats libres nous pouvons aussi retrouver des hommes et des femmes qui ne sont pas libres et que par abus nous appelons gouvernants et auxquels refusent de se soumettre ceux qui savent ce qu'est un Etat, une république, une liberté, une indépendance.
Les Etats africains sont totalement indépendants et libres en droit mais les peuples qui sont censés les conduire de même que les hommes et les femmes qui sont censés être à leur direction générale, ne sont pas nécessairement indépendants ou libres.
Mais pourquoi ces femmes et ces hommes et ces peuples ne sont pas nécessairement libres et qu'est-ce qui prouverait d'abord qu'ils ne le sont pas? Comment sortir de cette situation s'il est possible d'en sortir?
Il est possible de sortir de cette situation et il est impératif de sortir de cette situation sinon toute idée d'une renaissance africaine ne serait qu'une vaine et triste vanité. Il est possible de sortir de cette situation, de transformer notre condition d'existence pour ceux qui savent entendre et donner raison à Sartre dans l'histoire: Si l'Afrique et les africains n'ont jamais été aussi libres et indépendants que sous les forces de la colonisation comment douter de leur situation sous les indépendances?
vendredi 19 mars 2010
Sigmund Freud,Les trois blessures narcissiques
Dans le cours des siècles, la science a infligé à l’égoïsme naïf de l’humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu’elle a montré que la terre, loin d’être le centre de l’univers, ne forme qu’une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l’humanité par la recherche biologique, lorsqu’elle a réduit à rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l’indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s’est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, de Wallace’ et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique. Les psychanalystes ne sont ni les premiers ni les seuls qui aient lancé cet appel à la modestie et au recueillement, mais c’est à eux que semble échoir la mission d’étendre cette manière de voir avec le plus d’ardeur et de produire à son appui des matériaux empruntés à l’expérience et accessibles à tous. D’où la levée générale de boucliers contre notre science, l’oubli de toutes les règles de politesse académique, le déchaînement d’une opposition qui secoue toutes les entraves d’une logique impartiale.
Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse (1916),Deuxième partie,chap18, trad. S. Jankélévitch, Payot, colt. «Petite Bibliothèque», 1975, p. 266-267.
mercredi 6 janvier 2010
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