dimanche 28 mars 2010

Aristote:Qu'est-ce que la nature?

Parmi les êtres, en effet, les uns sont par nature, les autres par d'autres causes; par nature, les animaux et leurs parties, les plantes et les corps simples, comme terre, feu, eau, air; de ces choses, en effet, et des autres de même sorte, on dit qu'elles sont par nature. Or toutes les choses dont nous venons de parler diffèrent manifestement de celles qui n'existent pas par nature; chaque être naturel, en effet, a en soi-même un principe de mouvement et de fixité, les uns quant au lieu, les autres quant à l'accroissement et au décroissement, d'autres quant à l'altération. Au contraire un lit, un manteau et tout autre objet de ce genre, en tant que chacun a droit à ce nom, c'est à dire dans la mesure où il est un produit de l'art, ne possèdent aucune tendance naturelle au changement, mais seulement en tant qu'ils ont cet accident d'être en pierre ou en bois ou en quelque mixte, et sous ce rapport; car la nature est un principe et une cause de mouvement et de repos pour la chose en laquelle elle réside immédiatement, par essence et non par accident.
Je dis et non par accident parce qu'il pourrait arriver qu'un homme, étant médecin, fût lui-même la cause de sa propre santé; et cependant, ce n'est en tant qu'il reçoit la guérison qu'il possède l'art médical; mais par accident, le même homme est médecin et recevant la guérison; aussi ces deux qualités peuvent-elles se séparer l'une de l'autre. De même pour toutes les autres choses fabriquées; aucune n'a en elle le principe de sa fabrication; les unes l'ont en d'autres choses et hors d'elles, par exemple une maison et tout objet fait de main d'homme; les autres l'ont bien en elles-mêmes, mais non par essence, à savoir toutes celles qui peuvent être par accident causes pour elles-mêmes. La nature est donc ce que nous avons dit. Maintenant, avoir une nature est le propre de tout ce qui a un tel principe. Or toutes ces choses sont substances, car ce sont des sujets et la nature est toujours dans un sujet. Maintenant, sont choses conformes à la nature et ces substances et tous leurs attributs essentiels; par exemple, pour le feu le transport vers le haut; car cela n'est pas nature, pas davantage n'a une nature, mais cela est par nature et conformément à la nature. On vient de dire ce qu'est la nature, ce que c'est que être par nature et conformément à la nature. Quant à essayer de démontrer que la nature existe ce serait ridicule; il est manifeste, en effet, qu'il y a beaucoup d'êtres naturels. Or démontrer ce qui est manifeste par ce qui est obscur, c'est le fait d'un homme incapable de distinguer ce qui est connaissable par soi et ce qui ne l'est pas. C'est une maladie possible, évidemment: un aveugle de naissance peut bien raisonner des couleurs; et ainsi de telles gens ne discourent que sur des mots sans aucune idée.
Aristote, Physique 2.



LA LIBERTE dans la nature et dans la vie sociale:utopie ou projet réalisable?


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A chaque instant de l’histoire, si ce n’est pas toi ou moi, et même si nous n’avons aucun signe de son existence, nous pouvons être sûrs que quelque part dans le monde, il existe une vie humaine solitaire ou une assemblée de vies humaines qui dit non à quelque chose qu’elle cherche à vaincre ou qu’elle aurait voulu pouvoir vaincre.
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Cette dénonciation est en même temps un signe de liberté mais elle indique en même temps une absence de liberté. Car, il y a absence de liberté à chaque fois que la vie animale ou humaine est victime d’un obstacle, d’une barrière, d’un fardeau qui lui empêche d’être ainsi qu’elle voudrait être et de faire ce qu’elle voudrait faire dans on espace, avec son corps, avec son esprit, avec sa volonté et avec son cœur. En termes plus clairs, la liberté se conçoit idéalement par l’esprit comme une absence totale de contrainte ou alors comme le droit de lutter contre toute contraintte qui s'applique sur la vie personnelle ou sur la vie,qu'elle soit rationnellement justifiée ou douteusement justifiée,par la conscience,par la raison, par l'habitude, par la peur,par l'ignorance ou par quelque autre source de contrainte.
Par cette première identité, l’être libre revendiquerait alors une vie d’isolement pur ou alors une insensibilité totale dans un immense réseau relations naturels et sociales parcourus par des influences de toutes sortes,conscientes et qui échappent à notre conscience. Comment stisfaire une telle demande théoriquement et comment l'homme pourrait la vivre concrètement en tant que sujet individuel ou en tant que peuple?
                                                                                                                          
Pierre Hadot,philosophe contemporain,spécialiste de la pensée hellénistique et romaine
Aucun animal ni aucun homme n’est la cause de son apparition dans la nature ni l'inventeur se ses aptitudes acquises au cours de sa socialisation.Les personnalités d'une société humaine ne sont jamais intellectuellement ni du point de vue de leur agilité physique,identique comme deux gouttes d'eau.Néanmoins, dans chaque personnalité ou dans chaque personnahe social s'exprime sa société.En termes courant,il y aurait un déterminisme naturel et un déterminisme culturel,social et psychologique de l'individu du genre humain et donc de ses tendances,goûts et comportements. Le fait que l'homme soit né sans aucune "nature" et soit condamné à s'inventer une identité et un monde subjectifs ,à s'ateler à réaliser cette identité intérieure et extérieure de son existence,est admis depuis longtemps, notamment depuis Jean Itard qui mit en évidence que la source  de toute humanité est la société, qu’il est impossible de se faire homme dans la solitude.Aristote et d'autres comme Rousseau ont montré qu'il est nécessairement un être vivant qui s'appartient relativement dans la mesure où la satisfaction de certains de ses besoins dépend d'autres compétences en dehors de lui. 
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Faut-il conclure de cette situation que les animaux et les hommes sont condamnés à renoncer à la liberté, à vivre comme des esclaves ? N'est-il pas possible de supposer avec Rousseau un homme qui fut indépendant et libre de tout lien social?Mais cette hypothèse ne signifierait-elle pas que l'animal est libre alors que la condition de l'animal est dans son intérieur comme dans son extérieur le dernier degré de l'absence de liberté?
                                         

                                                                           

Le propre de l’homme et c’est là un autre signe de la présence de la liberté en lui, est qu’il est capable d’adapter les choses et le monde à sa situation comme il est capable de s’adapter aux exigences de son environnement naturel et social. Ainsi, pour certains philosophes, l’homme conscient et raisonnable ne réclame pas un monde sans ordre ni loi ni une vie d’isolement qui se conduirait sans principe ou loi à l’égard de lui-même, de la nature et de ses semblables. Quelque soient l’ordre et les lois de la nécessité posées de manière inviolables dans la nature et de manière conventionnelle parmi les hommes, il reste toujours une partie vide, vierge sans contrainte et dont l’aménagement dépend des consciences et des volontés des individus et des peuples. De même, pour l’homme raisonnable, au lieu d’être toujours des entraves vicieuses et fantaisistes contre la liberté, les vraies lois civiles sont essentiellement faites pour servir de garantie ou d’arbitre dans la rencontre des libertés individuelles et les lois naturelles que découvrent les diverses sciences sont des armes pour nier, pour se défendre et pour contrôler la nature. D’autre part, peut-on empêcher à un homme de penser ou de vouloir ou d’aimer par des contraintes extérieures ou domiciliées dans sa conscience ? Mais cette acceptation de l’ordre naturel et de l’ordre social, l’affirmation d’un libre arbitre inattaquable par les diverses influences du monde sauve-t-elle la liberté de l’étreinte de cet inconscient psychique posé au cœur de la vie humaine par la psychanalyse de Freud ? Cette découverte est sans doute une grave menace contre la liberté car c’est pour sécuriser la liberté que Jean-Paul se refuse de reconnaître cette composante de la vie psychique.
Mais pourquoi les individus et même les sociétés s’accrochent-ils à la liberté puisque toute société reconnaît son existence dès l’instant que toute société se définit des limites et qu’elle se crée des tribunaux pour juger des individus et des groupes sociaux supposés agir sans influence incontrôlable par eux ?Si la liberté est l’effort par lequel un homme ou un peuple cherche à se débarrasser d’un fardeau psychologique, morale ou physique qui lui empêcherait d’être ainsi qu’il voudrait l’être et de se comporter ainsi qu’il voudrait, la liberté ne serait-elle pas un des plus hauts biens de la vie humaine.Cependant n’apparaît-elle pas quelquefois comme un lourd fardeau dont on cherche à se débarrasser, et donc comme quelque chose qui devient soudainement négatif et insupportable,lorsque la nécessité de répondre à la responsabilité menace de mort la liberté ou la  vie elle-même?
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SUJET 1: Quand la société condamne un homme ou un groupe d'homme défend-t-elle ou nie-t-elle la liberté?
SUJET 2: La société a-t-elle intérêt à ce que l'homme ne soit pas libre?
SUJET 3: Dieu peut-il tout se permettre?








vendredi 19 mars 2010

Sigmund Freud,Les trois blessures narcissiques


                                     Sigmund Freud,1938

Dans le cours des siècles, la science a infligé à l’égoïsme naïf de l’humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu’elle a montré que la terre, loin d’être le centre de l’univers, ne forme qu’une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l’humanité par la recherche biologique, lorsqu’elle a réduit à rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l’indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s’est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, de Wallace’ et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique. Les psychanalystes ne sont ni les premiers ni les seuls qui aient lancé cet appel à la modestie et au recueillement, mais c’est à eux que semble échoir la mission d’étendre cette manière de voir avec le plus d’ardeur et de produire à son appui des matériaux empruntés à l’expérience et accessibles à tous. D’où la levée générale de boucliers contre notre science, l’oubli de toutes les règles de politesse académique, le déchaînement d’une opposition qui secoue toutes les entraves d’une logique impartiale.
Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse (1916),Deuxième partie,chap18, trad. S. Jankélévitch, Payot, colt. «Petite Bibliothèque», 1975, p. 266-267.



lundi 15 mars 2010

SUJET III:Expliquez et discutez le texte suivant

SUJET: Expliquez et discutez le texte suivant



On ne doit pas s'attendre à ce que les rois se mettent à philosopher, ou que des philosophes deviennent rois ; ce n'est pas non plus désirable parce que détenir le pouvoir corrompt inévitablement le libre jugement de la raison. Mais que des rois ou des peuples rois (qui se gouvernent eux-mêmes d'après des lois d'égalité) ne permettent pas que la classe des philosophes disparaisse ou devienne muette, et les laissent au contraire s'exprimer librement, voilà qui est aux uns comme aux autres indispensable pour apporter de la lumière à leurs affaires, et parce que cette classe, du fait de son caractère même, est incapable de former des cabales et de se rassembler en clubs, elle ne peut être suspectée d'être accusée de propagande.



Emmanuel Kant





























I. Avoir une approche globale du texte pour construire l'introduction en se posant certaines questions fondamentales dont les réponses permettraient de déterminer les affirmations fondamentales du texte et de déterminer les rapports entre ces propositions


Question N°1: Quel est le thème du texte ? 
 Dans ce texte Emmanuel Kant s'interroge sur la philosophie.Pour être plus précis il s'interroge sur le rapport entre la philosophie et le pouvoir politique. On pourrait donc donner au texte le titre suivant:philosophie et pouvoir politique



Question N°2:Quel est l'objectif du texte? 
L'intention ou le but ou ce que Kant veut atteindre,c'est de réfuter ou de renverser ou d'invalider ou de rendre incertaine ou discutable  une thèse ou une théorie philosophique défendue par Platon et selon laquelle fa fonction du philosophe est de gouverneer la cité.Cette thèse est soutenue dans le livre de Platon qui a pour titre La République.
Question N°3:Quelle est la question à laquelle le texte tente de répondre ? 
Quelle est la fonction ou le rôle ou la place du philosophe au sein de la cité dans le domaine de la politique?
Question N°4:Quelle est la réponse ou la thèse que l'auteur donne à la question qu'il se pose ?
Selon Kant le philosophe n'a pas pour fonction politique de gouverner la cité car "ce n'est pas désirable" mais il doit pouvoir s'exprimer librement pour éclairer le pouvoir en place et le peuple.
Question N°5:N'existe-t-il pas une thèse opposée à celle de l'auteur ?
La thèse opposée à celle de Kant est natrellement celle qu'il cherche à invalider, à savoir celle de Platon,la thèse ou la théorie des philosophes-rois de la cité.
Question N°6:Quelle est la structure logique du texte ?
Dans une première partie qui va du début du texte à "le libre jugement de la raison"Kant indique que c'est une attente mal fondée et une possibilité indésirable que de vouloir mettre les philosophes au pouvoir.Mais dans la deuxième partie,il indique qu'il n'y a aucune raison justifiée d'interdire aux philosophes de s'exprimer et que tenir cette classe d'intellectuelle au silence reviendrait à priver aux gouvernants et aux gouvernés de beaucoup d'avantages dans l'éclairage rationnel de l'espace politique.










samedi 13 mars 2010

Hannah ARENDT,Les origines du totalitarisme

Une différence fondamentale entre les dictatures modernes et toutes les autres tyrannies d'autrefois est que la terreur ne sert plus à exterminer et à épouvanter les adversaires,mais à gouverner des masses parfaitement dociles.La terreur telle que nous la connaissons aujourd'hui frappe sans qu'il y' ait eu auparavant provocation,et ses victimes sont innocentes,même du point de vue de l'oppresseur.Ce fut le cas dans l'Allemagne nazie où la terreur fut pleinement employée contre les Juifs,c'est-à-dire contre des personnes qui avaient en commun caractéristiques indépendantes de leur comportement spécifique...
Nous n'examinerons pas ici la conséquence du gouvernement par la terreur,à savir que personne,pas même les bourreaux,n'est jamais à l'abri de la peur;ce qui nous occupe c'est l'arbitraire dans le choix des victimes;il est fondamental que qu'elles soient objectivment innocentes et qu'elles soient choisies indépendamment de ce qu'elles peuvent avoir ou n'avoir pas fait...La victime de la terreur moderne présente toutes les caractéristiques du bouc émissaire:elle est objectivement et absolument innocente,puisque rien de ce qu'elle a fait ou n'a pas fait n'a d'importance,ni la moindre relation avec le sort qui la frappe.
Hannah ARENDT, Les origines du totalitarisme, Chapitre premier ,"L'antisémitisme,insulte au sens commun",Editions Quarto Gallimard,p.223.

Sigmund Freud sur conscience,inconscient,résistance et refoulement


Comment se faisait-il donc que des patients eussent oublié tant de faits de leur vécu extérieur et intérieur,et qu'ils pussent cependant se les remémorer quand on leur appliquait la méthode que nous avons décrite?A ces questions l'observation apporta une réponse exhaustive.Tout ce qui était oublié avait été d'une manière ou d'une autre pénible,que ce fût effrayant ou douloureux ou honteux,face aux exigences de la personnalité.Une idée s'imposait d'elle-même;c'était justement pour cette raison que cela avait été oublié,c'est-à-dire n'était pas resté conscient.Pour le rendre malgré tout à nouveau conscient,il fallait surmonter chez le malade quelque chose qui le cabrait,il fallait y mettre du sien pour le presser et l'obliger.L'effort exigé de la part du médecin était d'une intensité variable suivant les cas,il était proportionnel à la difficulté que présentait la chose à remémorer.La dépense d'énergie du médecin donnait manifestement la mesure d'une résistance chez le malade.Il suffisait maintenant de traduire en mots ce qu'on avait éprouvé soi-même,et l'on était en possession de la théorie du refoulement.
Sigmund Freud,Sigmund Freud Présenté par lui-même,traduit de l'allemand par Fernand Cambon,Editions Gallimard,pp.49-50.

Jean-Jacques Rousseau sur science et vertu



Que la culture des sciences corrompe les moeurs d'une nation, c'est ce que j'ai osé soutenir,c'est ce que j'ose croire avoir prouvé.Mais comment aurais-je pu dire que dans chaque homme en particulier la science et vertu sont incompatibles,moi qui ai exhorté les princes à appeler les vrais savants à leur cour,et à leur donner leur confiance,afin qu'on voie une fois ce que peuvent la science et la vertu réunies pour le bonheur du genre humain?Ces vrais savants sont en petit nombre,je l'avoue;car pour bien user de la science,il faut réunir de grands talents et de de grandes vertus;or c'est ce qu'on peut espérer de quelques âmes privilégiées,mais qu'on ne doit point attendre de tout un peuple.On ne saurait donc conclure de mes principes qu'un homme ne puisse être savant et vertueux tout à la fois.
Jean-Jacques Rousseau, "Réponse au roi de Pologne, Duc de Lorraine",in Discours sur les sciences et les arts,Editions Garnier-Flammarion,Paris,1992,p.75. 

mardi 9 mars 2010

Sujet:Peut-on dire que la société est créée pour rendre l'individu plus fort?

INTRODUCTION

Dans les premiers jours de sa naissance, le petit de l'homme ne dispose presque d'aucun pouvoir.Il n'a aucun pouvoir particulier émanant de son corps.Il n'a aucun pouvoir émanant de son esprit.Pendant des années il est presque exclusivement sous la dépendance totale de son entourage,contrairement à beaucoup d'autres êtres vivants qui n'ont besoin de l'assistance de leurs semblables que durant quelques mois,rarement des années parce que retrouvant presque le même pouvoir que les autres après quelques mois au sein du monde,puisque ce pouvoir est logé totalement en eux par la nature et s'éveille sans avoir besoin d'être excité ou éduquer.Mais tout au long de son séjour avec ses semblables, nous voyons que le petit de l'homme est instruit,est entraîné et découvre dans son corps et dans son esprit des compétences qui ne se manifesteraient point en lui s'il avait été isolé de ses semblables dès sa naissance.En effet, il ne suffit pas de naître d'un père et d'un mère hal pulhar pour parler le peulh ou le toucouleur.De même, il ne suffit pas d'avoir une tête d'homme pour retrouver dans cette tête les compétences nécessaires pour sésoudre un problème de mathématique.L'exemple des cas d'enfants sauvages rééduqués par le médecin français Jean-Itard est une des preuves matérielles ou historiques qui met en évidence ce que les divers pouvoirs de l'homme doivent à leur commerce avec leur semblable.Si l'homme devient fort, il tient cette puissance moins de la nature que de l'éducation qu'il reçoit au sein de sa société.En ce sens, il est légitime de dire que la société ait rend l'individu plus fort comparé à ce qu'il serait s'il était isolé de ses semblables.Mais la société n'est-elle pas une source de contrainte?L'inidivud qui intègre et assimile les lois, les normes, les valeurs et les modèles de sa société et qui est sous le contrôle d'un pouvoir public impersonnel,peut-il encore concerveiquer ou revendcette liberté qui voudrait pouvoir tout dire et tout faire en tout domaine et à tout moment?Peut-on dire que partout la création de la société a augmenté la sécurité de l'individu?Ne peut-on pas voir dans quelque société que la présence de d'autrui est plus aliénante qu'elle ne libère et inspire confiance et sécurité,puisque l'autre peut apparaître comme celui qui confisque ce qui est légitimement à moi, que l'autre est plus prompt à tuer son semblable que la nature sauvage?
Il y a donc lieu de se demander si la société est une source de renforcement de l'individu ou plutôt une source d'affaiblissement.Il s'agit d'une question qui intéresse tout un chacun à présent que chaque vie humine est inscrite dans une société.

lundi 1 mars 2010

CONSCIENCE ET INCONSCIENT DANS LA VIE

INTRODUCTION

L'éléphant est physiquement plus grand que l'homme mais ne nettoie pas son milieu de vie:la notion de propreté et la gestion de l'environnement sont aussi des inventions de la conscience.

Si nous nous limitons au contenu ou au sens que livre immédiatement son origine latine,nous dirons que la conscience se définit toujours ou a pour essence ou se définit par son pouvoir de savoir,de connaître, de distinguer, de reconnaître, d'identifier,de sentir,de se souvenir,etc. En ce sens nous ne pouvons pas nier son existence chez l'aminal et chez tout être vivant, en ce sens que vivre, c'est au moins sentir quelque chose ou identifier quelque chose dans le monde.Les vautours peuvent identifier un cadavre et localiser sa position dans l'espace.Mais il y a quelque chose que les vautours ne savent pas:pourquoi ou de quoi est morte la vie autour de laquelle ils se régalent et se battent?
Les chiens aident la police et la gendarmerie dans des activités qui impliquent un pouvoir de rétention d'information et de rappel des informations antérieurement enregistrées.Mais le chien ne sait pas pourquoi la drogue se vend dans la société et où va l'argent de la drogue.Ce pouvoir de savoir est celui qui marque la ligne de séparation entre la conscience purement animale ou instinctive parce que naturelle et la conscience humaine.Le propre de la conscience humaine est de savoir,d'imaginer, de concevoir, d'innover, de démontrer, de justifier, de nier, d'accepter, de prévoir,de supposer,d'organiser,d'indiquer ce qu'il faut dire ou faire ou empêcher de dire ou de faire en considération de certaines conséquences.La conscience de l'animal ou le pouvoir de savoir du vautour ne lui permet pas de savoir si demain une vie va mourir ou non.Cette conscience sensitive ne connaît que le présent et connaît de manière immédiate, sans détour,alors que la conscience humaine atteint ce qu'elle sait comme vrai ou faux ou possible en passant par des comparaisons, des déductions, des hypothèses,c'est-à-dire de manière immédiate.En ce sens la conscience humaine est la faculté de mettre en évidence des relations cachées ou de créer des relations artificielles entre les choses du monde et entre elle-même et les autres consciences du monde.
On comprend alors toute l'importance de la conscience dans la vie individuelle des hommes comme dans leur vie sociale.Elle est la mère de la philosophie, de la science,de la paix, de la guerre,etc.Mais la conscience est-elle la seule à conduire l'homme dans le monde?Malgré son pouvoir qui se lit dans les transformations que l'homme a introduit dans sa vie et dans son environnement,aussi bien dans la conception du monde que dans l'action poitique, peut-on dire que la conscience est assez puissante pour nouus éclairer toute la réalité?Ne nous arrive-t-il pas dans nos rêves ou dans certaines de nos actions ou dans ceux des auutres, de nous sentir étrnager à nous mêmes, de ne pas nous reconnaître.Comment expliquer qu'un élève ayant récité sept fois de suite une leçon,dans une huitième tant immédiatement la dernière performence,n'arrive plus à réciter sans faute?Comment comprendre le fait que dans certaines circonstances, la bouche d'un orateur puisse faire sortir publiquement un mot indésirable qu'il ne fallait pas dire selon un certain ordre dans les rapports avec ses interlocuteurs et dans les propos de son discours?Pourtant, lorsque Sigmund Freud a émis l'idée de l'existence d'un inconscient psychique,des voix bien informées et bien autorisée dans leur domaine se sont élevées pour combattre cette conception de la vie psychique.Cette critique ou ce refus, est sans doute motivé,car l'homme raisonnable et libre refuse toujours ou accepte à cause d'une conséquence positive ou négative perçue.En effet, comment Jean-Paul Sartre pourrait-il sauver sa liberté face aux forces armées destructrices de l'inconscient?Comment Socrate et plus proche de nous,René Descartes pourrait-il sauver l'idée d'une conscience absolue face aux ordres exécutés de l'inconscient par les individus et par les foules?
Renoncer à des heures de sommeil ou de loisirs ou de dépenses inutiles dans des cérémonies pas nécessaire et investir dans le sens d'une qualification professionnelle est un choix et un choix et acte engendrés par la conscience et nourris par la volonté.Les différences entre les hommes et les peuples ne seraient-elles pas alors des conséquences des différences entre leurs consciences,différences qui viendraient sans doute comme le dit Marx des conditions matérielles de la vie,mais aussi de la volonté de vivre individuellement mais aussi collectivement?

Il importe de s'interroger sur la conscience,non pas seulement pour avoir une bonne note en classe, mais toout simplement sinon surtout et avant tout, pour nous comprendre et pour comprendre l'autre vie qui s'exprime en dehors de nous et pour chercher un ordre social et mondial conforme à notre situation d'être vivant limité dans le temps et dans l'espace.






mardi 23 février 2010

Y A-T-IL OUI OU NON UNE VOIE UNIVERSELLE POUR INTRODUIRE UN SUJET DE DISSERTATION EN PHILOSOPHIE?


Le plus difficile pour nous autres professeurs de philosophie, n'est pas sans doute de présenter des cours magistraux portant sur les notions du programme.Car dans la plupart du temps il s'agit pour beaucoup d'entre nous de redire passablement ce qu'un penseur appelé Platon ou Socrate ou Sartre ou Nietzsche a eu à dire, à des élèves qui n'en savent presque rien et dont force est de le reconnaître, l'esprit d'analyse et de critique n'est pas tellement exercé dans une culture de consommation passive.On entend souvent dire"monsieur,tel professeur a dit qu'on ne fait pas ceci...qu'on ne fait pas cela dans l'introduction ou dans la conclusion...tel professeur nous a dit que la thèse dans un commentaire de texte,"c'est ce dont parle l'auteur"-ce qui du reste est enseigné par un site ou un blog -sous le couvert(...) de notre Ministère de l'Education Nationale".Ce n'est pas sérieux...Finalement,c'est la confusion totale dans la tête des élèves.D'autres professeurs, sous prétexte que les élèves risquent de réciter un exemple de "corrigé" de dissertation ou de commentaire, s'abstiennent purement et simplement de proposer au moins une ou deux ou trois "exemples" de réflexions personnelles ou de construite avec la participation des élèves un "corrigé" pour une dissertation ou pour un commentaire.S'il ne peut pas exister une correction avec introduction, développement et conclusion pour une dissertation ou un commentaire en philosophie, alors le professeur de philosophie n'a pas sa raison d'être si ce n'est pas simplement la philosophie qui est à supprimée des enseignements évalués.
La plupart des élèves vont à l'examen sans jamais avoir fait en classe une dissertation complète ou un commentaire.
Au finish, durant la fin de l'année, les candidats vont au BAC sans jamais avoir fait suffisamment d'entraînement.Naturellement ce qui doit arriver arrive toujours et arrivera toujours si une certaine méthode d'enseigner la philosophie est perpétuée.A mon avis,il ne s'agit pas d'enseigner ce que Sartre a dit ou ce que Hegel a dit,même si cela est un bagage culturel subjectif qui peut être utile pour débattre.
Nous ne disons pas non plus que les exemples d'introduction ci-dessous sont les meilleurs,mais nous espérons qu'ils peuvent permettre de faire une comparaison avec ce que nous mêmes enseignons et avec ce que d'autres enseignent.
Il ne s'agit pas ici de retenir ce qui est dit, mais surtout comment ce qui est dit est dit ou comment l'esprit rationnel monte ou descend les escaliers vers un but déterminé de manière précise,à une hauteur précise.
Lorsque notre professeur de philosophie,monsieur Mamadou Diallo est arrivé pour la première fois en classe, au Lycée Malick Sy de Thies,il y a de cela plus de 20 ans,il a immédiatement donné un sujet de dissertation.Il y a des élèves qui avaient eu une très bonne note et l'objectivité du professeur s'était confirmé à l'examen.Aujourd'hui quel professeur de philosophie l'aurait fait?Ses propres collègues lui auraient dit ou auraient dit à ses élèves qu'il a tort:c'est la preuve à mon avis que ces professeurs qui pensent ainsi n'ont rien compris à la philosophie, fussent-ils des maîtrisards ou des docteurs.
Il m'arrive même de m'interroger ainsi:ces professeurs qui donnent ces sujets à leurs élèves pour 4 heures auraient-ils terminé leur devoirs et auraient assuré la moyenne?Dieu sait que ce n'est pas évident car PENSER...ce n'est pas RECITER...

Les exemples d'introduction ci-dessous ne sont pas sans doute des modèles parfaits,mais ils peuvent permettre de voir un peu comment on peut faire.L'un des auteurs de ces exemples s'appelle Alain Maréchal
SOURCES: http://www.philagora.net/ et http://www.ac-reims.fr/ avec Alain Maréchal

SUJET1 :Peut-on douter de tout ?

On peut considérer le doute comme inséparable, et même constitutif, de toute véritable entreprise philosophique. De Socrate à Descartes, en passant par les sceptiques, en effet, on retrouve ce doute.

Chez Socrate, le doute est synonyme de critique et de remise en cause de tout ce qui présente comme savoir (définitif). Chez les sceptiques, le doute est une attitude de suspens : on dit que, étant donné la nature (précaire) de l'homme, on ne peut rien affirmer avec certitude, mais qu'on doit au contraire douter de tout. Chez Descartes, on retrouve le même doute radical que chez les sceptiques, mais, avec un mélange du doute socratique : le doute radical sert à ne pas être dupe des opinions ou des faux savoirs; c'est une méthode qui sert à nous purger de nos illusions, et à atteindre la vérité, sans se précipiter.

Mais si le doute nous est présenté comme attitude philosophique par excellence, est-il quelque chose de si positif? La question même de savoir si on peut douter de tout semble entraîner un doute quant à la valeur même du doute. La question semble en effet présupposer qu'il est peut-être exagéré de douter de tout : peut-être une vie humaine n'est-elle pas possible si on se met réellement, dans la vie quotidienne, à douter de tout, car ce serait rester en suspens (cf. étymologie du mot) et donc à la limite se laisser mourir.

En tout cas, se demander si "on peut" douter de tout, c'est sous-entendre que douter de tout est quelque chose qui ne va pas de soi, qui pose problème : que, si ce n'est pas impossible, ce sera au moins difficile.

Il faut donc se demander s'il y a des limites au doute, et cela, au sens à la fois théorique, moral, et politique.

Ce qui reviendra à se demander jusqu'où va la liberté de penser (d'abord au sens théorique, ie, au sens où elle n'entraîne aucune conséquence pratique sur la vie des gens), et aussi, au sens pratique, ie, au sens où cette fois notre doute a des conséquences sur notre conduite et peut-être la société toute entière.

Bref le doute : attitude positive, ou négative? Est-il seulement une attitude théorique, n'ayant de conséquences que pour la cohérence de la pensée avec elle-même, ou bien est-ce une attitude qui a des conséquences pratiques? (selon la réponse, on répond à première question différemment)

Bref : le problème posé par le sujet est double. D'abord, il pose le problème de savoir s'il existe des connaissances indubitables. Ensuite, il pose le problème de la liberté, à la fois intellectuelle et politique, de l'homme.


SUJET 2 : La vérité est-elle soumise au temps


Si on a pris la mauvais habitude de qualifier de “vrai” ou “faux” tout et n’importe quoi (on achète une fausse montre Cartier, avec de la fausse monnaie, on est convaincu de voir au Louvre un vrai Léonard de Vinci), et en particulier des objets, l’usage voudrait qu’on évite de recourir à cette idée lorsqu’il s’agit d’objets, et qu’on le réserve aux jugements : les objets seront alors dits “réels”, ou pas, alors que tel discours, tel propos, telle connaissance seront dits “vrais” ou “faux”. Si cela permet d’ordonner un peu nos propos, néanmoins ce n’est pas suffisant. En effet, la vérité est définie selon deux critères qui ne sont pas toujours simultanément respectés : tout d’abord, est vrai un discours qui est conforme à ce dont il parle. Ensuite, ce qui est vrai ne peut pas être faux. En effet, la vérité est conçue comme étant éternelle : ceux dont les propos se contredisent tout le temps montrent par là que, soit ils ne possèdent pas la vérité, soit ils mentent. Ainsi, dans l’idéal, la vérité serait un discours semblable à la réalité, valable éternellement. Le problème, c’est que la manière dont nous pensons et disons la vérité n’est pas conforme à la définition qu’on en donne, à tel point qu’on peut être amené à remettre en question l’éternité et le caractère absolu de la vérité, pour la considérer finalement comme soumise au temps. Tout d’abord, on va le voir, si la vérité change, c’est bien parce que la réalité elle même dont elle parle change aussi, et que nos discours doivent bien suivre ce mouvement. On verra que c’est ce qui caractérise ce premier degré de vérité qu’est l’opinion. Mais si la vérité change, aussi, c’est parce que nous mêmes évoluons dans nos connaissances, et que celles ci interagissent de telle manière que certaines sont parfois remises en question. C’est là le travail essentiel de la science. Enfin, nous pourrons confronter ces manières dont nous sommes concrètement en quête de vérité à l’idéal de vérité, qui demeure l’éternité.

SUJET 3 :Dois-je craindre le regard d’autrui ?

"Le regard est une réalité mystérieuse. Il ne peut se réduire ni aux yeux qui regardent, qui ne sont que des choses, ni à un rayon matérialisable, palpable qui en sortirait. Pourtant, c’est une réalité qui agit, la première sans doute qu’appréhende le nouveau-né. On dit que le regard est la fenêtre de l’âme : c’est le regard-expression qui m’indique la joie, la tristesse de l’autre. Le regard est aussi communication : il parle, supplie, appelle... Mais surtout, le regard est action. Il agit sur moi quand je suis regardé, il peut me troubler au plus profond de moi-même: regard moqueur, agressif, regard qui « déshabille », qui « dévisage »... Et même quand je veux le mépriser ou l’ignorer, cette seule intention suffit à me faire perdre mon naturel. De là vient la crainte que je peux avoir du regard d’autrui, car c’est surtout dans ces situations désagréables que je le sens peser sur moi. Heureusement, ces situations sont occasionnelles, passagères. Mais n’y a-t-il pas une action plus constante et plus essentielle du regard d’autrui sur moi-même ? Si c’est le cas, cette action n’est-elle que nuisible, destructrice, ou bien le regard d’autrui n’est-il pas aussi, sans que je m’en rende toujours compte, une aide précieuse, grâce à laquelle je peux être moi-même, je peux « exister » "


SUJET 4 :L’homme est-il voué à jouer un personnage ?



Introduction 1

Que le monde soit une vaste scène où chacun est amené à se cacher derrière un masque, à jouer la comédie, voilà un thème ancien sur lequel les moralistes n’ont cessé de broder. L’hypocrisie serait à la morale, ce que le machiavélisme est à la politique : un fait universel dont seules quelques âmes naïves jugeraient bon de se plaindre. Cette vision réaliste et pessimiste de la vie sociale ne pèche-t-elle pas cependant par une naïveté plus grande que celle qu’elle entend combattre ? Elle prête en effet aux acteurs sociaux une conscience de leur mensonge et de leur cynisme, une maîtrise des rôles et des masques que l’histoire dément. Ce sont les idéaux les plus sincères, ce sont les utopies les plus nobles qui ont aveuglé les masses des époques modernes. Déjà, les pratiques religieuses d’examen de conscience se méfiaient des confessions trop spontanées. Aujourd’hui, ce sont les sociologues qui se méfient des aveux sincères, ce sont les psychologues qui se méfient des pratiques d’introspection. Si les hommes continuent de jouer des rôles, de mimer des personnages, le soupçon apparaît qu’ils seraient davantage victimes que créateurs de ce théâtre d’ombres. Ne seraient-ce pas des personnages anonymes qui jouent à travers eux, ne seraient-ce pas des rôles inconscients qui les font agir ? Les masques ne seraient-ils pas les maîtres des acteurs ? Si tel était le cas, le jeu théâtral ne ressemblerait plus à une comédie immorale, mais bien plutôt à un combat tragique d’ombres et de pantins. Mais, de l’hypocrisie à l’auto-aveuglement, de la comédie à la tragédie, les hommes sont-ils réellement voués à jouer des personnages ?

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introduction 2

Chacun d’entre nous souhaite pouvoir se définir, et être considéré par les autres, à la fois comme personne morale et comme personnalité individuelle. Comme personne morale, je m’attribue des droits et des devoirs universels qui, pour être abstraits, n’en sont pas moins essentiels. Comme personnalité individuelle, je souhaite affirmer mes goûts, mes opinions, créer par mes actions une existence particulière qui me distinguerait de tous les autres. Homme universel dans mes droits, homme particulier dans mes choix de vie, telle est la dualité qui permettrait de concilier la liberté et le devoir, derrière l’exigence morale d’authenticité.

Or je ne suis ni simplement homme, ni simplement individu. Je suis aussi homme ou femme, jeune ou adulte, élève ou professeur, français ou allemand, ouvrier ou cadre, chrétien ou athée... Mon corps, mon caractère semble me faire entrer dans des catégories suspectes : personne timide ou farouche, aguicheuse ou prude, colérique ou douce. Mon métier m’impose ou de commander ou d’obéir, ou de suivre telles règles ou de les imposer aux autres. Ainsi se créent autour de moi, en moi, des personnages sociaux dans lesquels je dois bien m’insinuer. Ni universels, ni particuliers, ces rôles me menacent de deux côtés : trop particuliers pour me faire homme, trop généraux pour me laisser individu, ils remettent en cause mon authenticité, d’autant plus insidieusement qu’ils commanderaient aussi, souterrainement, jusqu’à mes mouvements de sincérité. Un homme peut-il faire abstraction de ces rôles sociaux pour atteindre l’unicité de son être ? Peut-il en faire abstraction pour dépasser les raisons particulières de sa situation. ? Ou bien est-il voué, dans sa sincérité même, à jouer un personnage ?

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introduction 3

Si la personnalité d’un homme pouvait se construire de l’intérieur comme se construit une plante, ou un organisme animal, les problèmes des hommes seraient moins complexes. Une séparation nette s’établirait entre un intérieur solide, et un extérieur de façade, entre un squelette et un épiderme. L’apparence ne déteindrait pas sur la réalité, il y aurait encore des menteurs, des hypocrites, des trompeurs, mais ces personnages se distingueraient nettement, par l’analyse, des hommes sincères, des hommes de l’authenticité. Des Tartuffe continueraient à mettre en danger l’ordre social, mais ils ne constitueraient pas un problème intellectuel, encore moins une énigme philosophique.

Or la psychologie contemporaine a montré à quel point la constitution d’un Moi, la naissance d’une personnalité tant psychologique que morale passaient par la constitution en chaque homme de personnages joués. C’est en jouant que l’enfant apprend à être lui-même, c’est en s’identifiant à des personnages, à des « imago » qu’il crée en lui une ossature psychologique. La réalité psychologique est faite d’images, et l’intimité de jeux sociaux. C’est peine perdue de prétendre réduire ces jeux à l’enfance. Bien loin de disparaître avec l’âge, ils se renforcent chez l’adulte : névroses, aliénations, perversions, obsessions, mauvaise foi ne sont que l’amplification de ce théâtre infantile. La comédie se fait alors tragédie, les frontières de l’être et du paraître deviennent problématique. Y a-t-il encore un choix possible entre l’authenticité et le mensonge, ou bien tout homme n’est-il pas, dés le départ, et par la force des choses, voué à jouer un personnage ?



SUJET 5 : La découverte de l'inconscient par Freud constitue t-elle un argument contre la liberté humaine ?

Lorsque Freud découvre au début de ce siècle la réalité de l'inconscient, il semble qu'il mette à jour chez l'homme des mécanismes incompatibles avec la liberté. En effet, l'inconscient n'est pas seulement un monde ignoré du sujet, c'est un monde rendu indépendant du sujet par le refoulement et les "résistances". Ce n'est pas seulement une partie de lui-même qu'il ne connaît pas, c'est aussi une partie qu'il ne peut pas connaître. De là un déterminisme qui échappe au contrôle de l'individu, aussi bien dans le détail de ses actes (rêves, actes manqués, humeurs, réactions...) que dans l'ensemble de son existence : l'individu ne paraît-il pas conditionné par son enfance ? N'est-il pas coincé entre des pulsions qui le rendent esclaves de son corps, des interdits sociaux qui l'enferment dans des complexes et enfin des formations imaginaires difficilement sublimées (art, religion, port, politique...) où il s'illusionne ?

Si l'on définit la liberté comme la capacité de l'individu de maîtriser les forces qui sont en lui, de les diriger par la volonté et, de façon plus générale, à la manière de Sartre, comme la possibilité pour l'individu de se choisir lui-même en se faisant par ses actes, il peut sembler que le déterminisme inconscient découvert par Freud soit, par définition, contradictoire avec la liberté.

Mais cette opposition ne repose-t-elle pas sur un malentendu, sur une vision superficielle des mécanismes inconscients ? Ne peut-on pas montrer que ceux-ci sont les processus fondamentaux par lesquels, à l'échelle de l'humanité, l'homme construit sa liberté ?



SUJET 6 : La mondialisation des échanges économiques doit-elle conduire à l'uniformisation des cultures ?

En cette fin de XXème siècle, la mondialisation des échanges économiques est un fait établi. Dans le même temps, la diversité culturelle, qui est la toile de fond de l'humanité depuis son apparition, est devenue un problème. En quel sens ? Ce n'est certes pas en tant qu'idéal moral. Chacun peut accorder, avec Lévi-Strauss que "la civilisation implique la coexistence de cultures offrant un maximum de diversité, et consiste même en cette coexistence. La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l'échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité." [Race et Histoire. Conclusion]

Mais, ce principe étant supposé reconnu par tous, le débat porte aujourd'hui sur la possibilité même de le défendre réellement. En effet, aucune culture ne peut subsister en dehors des réalités matérielles qui la façonnent : nos goûts, nos habitudes, nos valeurs s'enracinent dans le monde tel qu'il est ; notre emploi du temps, notre travail, les objets, les images qui sont proposés à notre consommation, nous façonnent intimement. Or la puissance des logiques économiques tend à homogénéiser cet environnement matériel ; le temps, l'espace, les objets, les spectacles s'uniformisent dans le monde. Comment pourrait-on éviter que cela ne conduise aussi à l'uniformisation de nos manières de vivre, de sentir, de penser, de croire ? D'autant que les lois d'airain du marché mondial tendent à dépasser la volonté des hommes et de leurs dirigeants.

Face à ce danger, certains se mobilisent au nom de la culture. Mais que d'ambiguïtés derrière ce drapeau ! Identité nationale, défense des valeurs morales ou religieuses, respect du passé sont souvent invoqués à des fins politiques, idéologiques, populistes qui, non seulement risquent de vider la notion de culture de tout sens, mais encore d'en être la négation : repli sur soi, repli sur un passé figé, sur des frontières, sur des folklores.

Il semble que nous soyons placés devant un dilemme : ou bien, nous feignons de croire que les lois économiques ne sauraient agir sur la vie spirituelle d'un peuple, au risque de "perdre notre âme"; ou bien nous souhaitons défendre notre culture, mais par un repli protectionniste qui la ferait mourir.

Cependant le problème est-il bien posé? Faut-il, au nom du respect des lois économiques, les laisser diriger en maîtresses le destin des hommes ? D'autre part, ne peut-on opposer, à l'ouverture économique du marché mondial, que la fermeture culturelle sur des frontières figées ?

SUJET 8 : "Je ne crois que ce que je vois" : peut-on en rester à ce principe ?

De tous les sens, la vue est le plus précieux, car elle semble nous donner directement accès à la réalité : quand j'ouvre les yeux, le monde paraît se donner tel qu'il est. De là cette formule de bon sens, principe parfois de scepticisme : "je ne crois que ce que je vois", par lequel on préfère fonder son opinion sur la vue, ou le toucher, plutôt que sur de simples témoignages, hypothèses, récits, etc. Certes, il est probable qu'une telle attitude est souvent justifiée pour éviter une trop grande naïveté ou crédulité. Elle représente certainement un progrès dans la lutte contre la superstition. Mais peut-on en rester à ce jugement ? A vouloir l'appliquer systématiquement, ne risque-t-on pas de tomber dans une naïveté plus grande encore que celle qu'on voulait éviter ? Sur le plan théorique, nos connaissances, en particulier scientifiques, existeraient-elles aujourd'hui si les hommes n'avaient appliqué que cette maxime ? Sur le plan moral, notre vie de tous les jours ne requiert-elle pas que l'on dépasse sans cesse le monde visible pour donner des buts à nos actions, des idéaux à nos projets ? De manière générale, les sens constituent-ils de bons critères pour accéder à la réalité ? Si tel n'est pas le cas, quels autres principes mieux adaptés pourrait-on substituer au témoignage de nos sens ?



lundi 22 février 2010

G.H.MEAD sur INDIVIDU ET SOCIETE analyse de René Daval

INDIVIDU ET SOCIETE

SELON G.H. MEAD

par René Daval



Le nom de G.H. Mead est plus connu en France chez les sociologues et les psychologues que parmi les philosophes. Or Mead est un authentique philosophe, et on ne saurait rendre raison de son œuvre en laissant de côté son appartenance au courant pragmatiste de la philosophie américaine de la fin du XIXe siècle et du début du XXe1. Je voudrais ici analyser la manière dont Mead comprend les rapports entre individu et société, et insister sur le fait que le primat du groupe sur l’individu ne le conduit pas à une philosophie qui subordonne celui-ci à celui-là, comme le pensaient les idéalistes de l’époque : Royce aux États-Unis et Bosanquet en Grande-Bretagne, mais au contraire qui défend les droits de l’individu et insiste sur sa spontanéité et sa créativité. G.H. Mead est bien sur ce point le compagnon de route de son collègue et ami John Dewey.

G.H. Mead a toujours affirmé que le soi (Self) et l’esprit (Mind) étaient le produit d’un processus social, résultaient de la coopération sociale rendue possible entre les hommes par le langage, loin d’être des substances comme le pensaient Aristote ou Descartes, ou encore l’idéaliste absolu J. Royce, dont Mead avait été l’élève. C’est cette conviction de Mead qui a d’abord intéressé K.O. Appel et J. Habermas, et qui a fait juger à E. Tugendhat que G.H. Mead était, « avec Heidegger, le seul philosophe qui ait tenté de libérer le rapport à soi de la représentation qui en fait une relation autoréflexive, et par là du modèle sujet-objet traditionnel »2. L’esprit, en effet, résulte pour Mead de l’intériorisation du dialogue avec d’autres. Toute conduite est le produit d’une organisation sociale, et celle-ci ne résulte pas, contrairement à ce qu’affirmaient Tarde et ses successeurs, de l’imitation, mais d’une « communication humaine » qui conduit à une coopération entre acteurs sociaux. La conscience de la signification apparaît dans le cadre et à partir de l’intercommunication sociale. En d’autres termes, le soi et l’esprit sont un résultat : ils « émergent » à partir d’un processus de différenciation qui est à la fois organique et social, qui est organique donc social : si l’homme n’était pas engagé dans des relations de coopération sociale, son intellect ne pourrait se développer, et rien ne le distinguerait des autres animaux. Dans un essai placé en complément de L’Esprit, le Soi et la Société, intitulé « Le Soi et le processus de la réflexion »3, G.H. Mead précise que « la conduite sociale […] ne doit pas se limiter aux réponses mutuelles des individus dont la conduite accepte, maintient ou aide celle des autres ; elle doit inclure aussi la conduite des ennemis »4. Déjà chez les animaux, le chasseur et le gibier sont aussi étroitement liés que le sont la mère et l’enfant. Mais chez les animaux, rien ne prouve qu’un individu puisse transmettre une information à un autre grâce à des « gestes significatifs ». La bête n’a pas de soi comme objet, elle n’a pas d’esprit au sens où elle aurait la capacité de faire retour sur elle-même et de réfléchir à la réponse la mieux adaptée aux stimuli de l’environnement physique et social. Chez l’homme, au contraire, « le geste vocal représente un acte social dirigé vers soi aussi bien que vers autrui »5. La première condition d’apparition de l’esprit est que l’individu puisse s’affecter lui-même comme il affecte autrui. Alors, et alors seulement, « l’individu peut devenir un objet dans le champ de sa propre conduite »6.

On le voit donc, l’animalité est la condition requise pour qu’émerge l’humanité, mais la société humaine est irréductible à toute société animale. L’animalité est condition nécessaire mais non suffisante pour qu’advienne, dans la ligne de l’évolution vitale, cette nouvelle forme qu’est la société humaine à partir des sois qui la constituent. Les caractères distinctifs de la société humaine ressortent par comparaison avec les sociétés animales dont l’organisation est la plus complexe. C’est le cas, par exemple, de la société d’insectes. G.H. Mead écrit, dans L’Esprit, le Soi et la Société7 : « L’organisation, chez ces insectes, repose sur un principe de plasticité physiologique grâce auquel se développent, dans le processus physiologique, différents types de formes adaptées à différents types de fonctions. Ainsi, la totalité du processus de reproduction est accompli, chez les abeilles et les fourmis, par une seule reine, un seul individu dont l’hypertrophie des organes reproducteurs est remarquable – contrepoint de la dégénérescence des mêmes organes chez les autres insectes de la communauté. »8 Mead veut souligner le fait que, dans les sociétés d’insectes, les individus sont complémentaires, parce qu’ils ont des organismes différents. La coopération sociale est ici étroitement liée à une différenciation organique : ce ne sont pas des individus identiques qui participent à la même action sociale, mais des êtres organiquement complémentaires et qui ont besoin des autres, non pas seulement pour améliorer leurs conditions de vie, mais, d’abord, pour survivre. Il n’existe rien de tel dans les sociétés humaines dans lesquelles les seules différences organiques sont celles qui séparent les deux sexes et les parents et les enfants. Chez l’homme, en effet, la diversification des fonctions sociales n’a aucun support organique, mais repose sur des conventions, sur une prise de conscience de la meilleure efficacité de l’action individuelle, lorsque celle-ci s’insère dans le cadre d’un effort coopératif, bref sur une rationalisation de l’action qui pousse les divers sois à travailler ensemble.

L’organisation des sociétés humaines repose sur « la communication significative », qui lie et amène à coopérer des sois, capables non seulement de s’adapter aux comportements les uns des autres, mais encore d’agir envers eux-mêmes comme ils le feraient s’ils étaient à la place d’autrui. Dans la société humaine, chaque soi peut s’identifier aux autres sois, et adopter l’attitude qu’ils ont envers lui. Le propre de la société humaine est cette « communication significative », qui rend possible l’émergence des sois et leur permet de coopérer. Il y a, en effet, une différence radicale entre l’homme et l’animal : alors que celui-ci ne peut communiquer qu’à l’aide de signaux organiques très élémentaires, celui-là au contraire est capable de communication significative, et c’est celle-ci et elle seule, qui fait émerger sa conscience individuelle, son soi. G.H. Mead insiste avec force sur ce point : « Le principe fondamental dans l’organisation sociale est celui de la communication qui implique une participation en autrui. Cela requiert qu’autrui apparaisse en soi et que soi s’identifie à autrui ; cela requiert que le soi accède à la conscience de soi par le détour d’autrui. Cette participation est rendue possible par le type de communication que l’homme, à la différence des autres espèces, est capable d’accomplir. »

 

1 / G.H. Mead est né en 1864 et est mort en 1931.



2 / E. Tugendhat, Conscience de soi et autodétermination (1979), trad R. Rochlitz, Armand Colin, 1995, p. 203-218.


3 / L’Esprit, le Soi et la Société, trad. fr. D. Cefaï et L. Quéré, PUF, 2006, p. 385-405.


4 / Ibidem, p. 388.


5 / Ibid., p. 390.


6 / Ibid., p. 390-391.


7 / Ibid., p. 286.


8 / Ibid.


9 / Ibid., p. 304.






vendredi 19 février 2010

l'école sénégalaise 50 ans après les indépendances:de Senghor à Abdoulaye Wade

CE QUI A CHANGE DANS LE DOMAINE DE L’EDUCATION DEPUIS QUE SENGHOR EST PARTI


D’APRES PLUSIEURS DIALOGUES QUE J’AI EUS AVEC DES ELEVES ET DES ETUDIANTS PARMI LESQUELS CELUI-CI



L’existence et la grandeur des vrais Etat libres et indépendant n’a jamais commencé avec leur richesses matérielle sous la terre ou à la surface de la terre. Elles n’ont jamais commencé aussi avec la puissance militaire de leurs soldats. Elles n’ont jamais commencé non plus avec la délimitation de leur territoire puisque si tel Etat le cas l’Afrique ne serait pas dominé. Les habitants de l’Afrique n’ont pas les plus faibles physiquement. Les territoires des Etats africains ne sont pas les plus étroits et ne sont pas tous ceux qui ont le moins hérité des biens de la nature. Les causes profondes de l’infériorité militaire et économique de l’Afrique d’hier et de celle d’aujourd’hui sont donc ailleurs.

Dans sa conception ,dans sa réalisation et dans sa défense, chaque vrai Etat, chaque vraie république, chaque nation véritable, c’est la conscience et de a volonté d’être un Etat, une république et une nation véritable ,et la volonté de vivre en toute indépendance tout en restant dans un commerce équitable avec les autres qui inspirent et animent ses fondateurs et ses héritiers.




C’est en ces lieux que l’Afrique doit regarder sans la moindre complaisance pour ne pas rester l’espace des éternels dominés du monde. Pour ne pas rester le continent où, dans le contexte d’aujourd’hui et sans doute aussi d’hier, beaucoup d’homme et de femmes n’auraient pas choisi de naître, de grandir et de mourir.

L’éducation de cette conscience et de cette volonté, source des richesses intellectuelles et matérielles véritablement humaines au sein des Etats, qui inspirent et animent les fondateurs et les défenseurs de tout Etat, de toute république et de toute nation véritable devrait être au cœur de chaque famille et est au sein de chaque famille dans ces groupements politiques. C’est pour généraliser cette éducation que les sociétés et les Etats déjà constitués, indépendants ou sur les chemins des indépendances que les écoles et les universités sont créées.

Or, en ce qui concerne le Sénégal, comme je l’ai souligné dans mes témoignages précédents, beaucoup a changé dans ce domaine au Sénégal depuis que Senghor est parti.

C’est ce que je vois tous les jours. Je n’invente rien. Je n’exagère rien. Ceci est une discussion avec un de mes jeunes amis.


-Etais tu au stade lors du lancement des festivités de la célébration du cinquantenaire des indépendances des Etats de l’Afrique et notamment du Sénégal ?



-Non

-Pourquoi

-Je n’étais pas au courant

-Et si tu étais au courant e que tu avais la possibilité de partir y serais-tu ?

-Oui

-En espérant que tu y trouverais quoi d’utile ?

-En espérant y entendre un discours qui nous dirait d’arrêter de nous lamentons et d’accuser les européens.

-En quoi un tel discours est-il utile pour toi et pour un autre ?

-Parce que pour moi la colonisation est une erreur des hommes et que l’indépendance c’est pour permettre de rectifier ces erreurs et d’aller de l’avant

-Les erreurs de qui ?

-Les erreurs du colonisé et les erreurs du colonisateur

-Et qui devrait rectifier ces erreurs ?

-La jeunesse

-La jeunesse des anciens colonisés ou la jeunesse des anciens colonisateurs ?

-La jeunesse des anciens colonisés et celle des anciens colonisateurs

-En faisant quoi ?

-En s’adressant à leurs dirigeants

-En disant ou en faisant quoi ?

-En leur disant que le temps passe

-Quel temps ?

-Le temps pour les rectifications des erreurs de l’humanité

-A tu jamais vu une photo de Senghor ?

-Oui

-Est-il beau ou laid ?

-Il est beau

-As-tu entendu la voix de Senghor ?

-Oui à la radio et à la télévision

-Comment tu la trouves ?

(SILENCE ET PRECISION DE LA QUESTION)

-Sa voix est-elle violente, arrogante, douce, ou encore comment ?

- Plutôt douce parce qu’il parlait lentement

-Elle ressemble à celle d’un guerrier ou plutôt à celle d’un chanteur ?

-A celle d’un chanteur

-As-tu entendu dans ton entourage d’anciens dire quelque chose de lui ?

-Oui

-Oui ?

- Ma grand-mère qui travaillait chez les prêtres à Ngazobile, l’école secondaire que Senghor a fréquentée me disait que « pendant les récréations, Senghor partait dans les buissons avec un livre et on allait toujours le chercher. Quelquefois on cherchait longtemps avant de le retrouver »

-Aime-tu et pense-tu que les élèves de ta génération aiment les études et particulièrement la lecture comme Senghor les aimaient ?

-Non

-Pourquoi ?

-Nous n’avons la patience des études

-Pourquoi ?

-Nous faisons du « donjuanisme intellectuel »

-Qu’est-ce que cela veut dire ?

-C’est quelqu’un qui veut tout connaître sans prendre la peine de l’approfondir.

-Pourquoi ?

-Nous n’avons plus le temps pour lire des livres ou des leçons

-Pourquoi ?



-Nous sommes à la quête de l’argent

-Pourquoi

-Parce qu’il faut avoir quelque chose pour survivre

-Pourtant vous n’avez pas de l’argent parce que je constate que dans une classe de 60 élèves, il n’y a qu’un blanco qui coûte 500francs CFA et que tout le monde partage.

-C’est vrai. Il arrive même que l’on parte d’une salle de classe à une autre pour en emprunter

-finalement vous n’avez ni la connaissance ni l’argent pour vous faire une place dans votre société et dans votre monde

-En effet nous avons un avenir incertain et un présent difficile

-Penses-tu que l’on peut faire quelque pour changer ce présent et faire espérer un avenir désirable ?

-oui

-Quoi

-aller en Europe ou dans les pays développés

-Quand les jeunes de l’Afrique fuit vers les pays des anciens colonisateurs cela ne peut-il pas vouloir dire que mieux valait rester sous la domination de ces anciens colons ?

-Si

-Mais tout le Sénégal ne peut -il partir vers l’Europe ou ailleurs en Afrique ?

-Non

-Que faire

-L’Etat peut aussi diminuer les problèmes économiques des élèves et des familles pour nous permettre d’avoir du temps pour les Etudes. Il pourrait aussi recenser les meilleurs élèves dans chaque région, dans chaque département, dans chaque communauté rurale et les envoyer dans une école d’élites .Il pourrait donner aussi des bourses et des primes de motivations aux élèves qui manifesteraient leur amour et leurs compétences dans les études pour assurer leur avenir et assurer en même l’avenir du Sénégal et celui de l’Afrique, mais aussi du monde.

-Pense-tu que cette formation intellectuelle dans les sciences, dans les lettres et dans les arts est nécessaire pour construire un Etat, une république et une indépendance?

-Oui parce que j’ai lu quelque part où René Descartes dit que « C’est un grand bien pour tout Etat que d’avoir en son sein de vrais philosophes »et tous les pays développés sont les pays qui ont de hauts cadres formés dans toutes les disciplines.

-Mais les cadres aussi peuvent nuire à leur propre pays et à leur peuple.

- Ils faut aussi que les cadres et tous les hommes soient formés et éduqués pour être de grands patriotes, de grands humanistes pour servir leur peuple et pour dialoguer dans la fraternité avec les autres hommes. Il faut aussi que les hommes apprennent à être de vrais démocrates.