jeudi 6 mai 2010

Baccalauréat Sénégal 2008-2009 Séries L/Sujet I:L'artiste original n'est pas celui qui n'imite personne, mais celui que personne ne peut imiter.

SUJET I: L'artiste original n'est pas celui qui n'imite personne, mais celui que personne ne peut imiter.
Qu'en pensez-vous?



INTRODUCTION
proposée par M.Samba Gnane/Lycée des Parcelles Assainies

La définition que notre sujet propose de l’originalité n’est pas du tout celle du sens commun. Car dans la vie courante, un homme original est un homme qui ne recopie pas, qui ne regarde pas avec quoi ou comment ou pour quelle raison ou pour quelle valeur les autres font ce qu’ils font. L’originalité est vue par le sens commun comme une absence d’influence. Cette conception populaire de l’originalité est en effet en contradiction avec la conception de l’homme que nous avons tirée des sciences humaines et sociales du XIXème siècle. En effet, selon la théorie de l’existentialisme, comme pour le behaviourisme et le marxisme et les autres courants culturalistes, l’humanité en tant qu’ensemble de talents spécifiques s’exprimant dans un individu isolé, est toujours une humanité sociale même si elle s’exprime différemment à travers les membres de sa société historique. En termes plus clairs, chaque homme emprunte quelque chose consciemment ou inconsciemment aux autres, dans chaque œuvre humaine, il y a une part et une empreinte des autres hommes. Tout artiste imiterait donc un autre artiste ou un autre homme ou la nature dans ses moyens ou dans le choix de ses thèmes ou dans ses couleurs ou dans ses méthodes de production.
Mais est-ce à dire que les hommes sont partout pareils dans la science, dans la philosophie, dans l’art, dans la politique ? En effet, ne nous arrive-t-il pas de voir dans les différents genres de spectacles ou de productions humaines tout une assemblée particulière ou tout un peuple s'étonner ou s'émerveiller ou se plaindre ou s'enthousiasmer par l'exploit d'un acteur, non pas par ce qu’il a produit mais surtout par la manière inhabituelle ou non courante voire même inconnue avant lui par laquelle il réalise son œuvre? En ce sens le mathématicien Gauss est original et Copernic est original. L’originalité peut donc exister dans l’art. L’originalité serait alors dans la science comme dans la philosophie et dans l’art, l’appropriation relative d’une compétence sociale ou d’un objet social par une manière singulière et nouvelle d’exprimer cette compétence dans un domaine déterminé d’intervention qui fait parler le social comme personne ne l’a jamais fait parler. Autrement dit, ce que Gauss a trouvé, tout homme pouvait le trouver parce que c’était déjà contenu dans les produits sociaux de son époque et de sa discipline, mais c’est Gauss qui l’exprima par son génie.Mais pourquoi l’artiste original ne serait-il pas aussi celui que certains ou que tout le monde peut imiter au cours d’un apprentissage guidé, comme on imite le mathématicien Gauss et l’astronome Copernic ? Il y a une différence fondamentale entre les sciences logico formelles, les sciences physiques, et mêmes les sciences de la vie de l’homme doté d’un esprit libre et d’une volonté avec la production artistique : les sciences suivent des principes universels, des principes logiques et contraignants puisqu’on ne peut pas mener une expérience avec succès en procédant de n’importe quelle manière. Il y a une certaine forme d’objectivité dans les sciences ou dans la recherche de la vérité en général. C'est pourquoi on peut les apprendre ou les imiter.Dès lors ne peut-on pas supposer que l’originalité de l’artiste ou l’impossibilité d’imiter l’artiste original serait fondé sur le fait que l’activité artistique est l’expression parfaite de la subjectivité et de la liberté et échapperait aux canons de la rationalité qui gouverne la rigueur philosophique et scientifique,sortant ainsi du domaine de ce qui peut être enseigné? Est-ce à dire alors que pour l’émergence de l’artiste original il faut livrer l'art à l'irrationnel sans règle rationnelle de production qui s’imposerait à tous ? Cette conception de l’originalité n’est-elle pas une sorte d’apologie faite à l’expression de l’inconscient ?

Je vois,j'entends,je tate,je renifle,je goûte et ensuite je PENSE en supposant d'autres choses qui devraient être nécessaires ou au moins apporter un éclairage dans ce que je détecte par mes divers sens et pour lesquelles je cherche à trouver une seconde ou première existence théorique et rationnelle.
Albert Einstein,physicien
Les grands esprits ne vivent pas seulement aussi de formules rationnelles concernant la nature.Ils ont un coeur, des gouts,des croyances et un art de vivre comme tous les hommes.Mais les grands esprits ne prennent jamais pas aux loisirs inutiles.C'est pourquoi on peut bien se deamander qu'est-ce que le savant vient chercher dans l'art?
Zigmund Baumann,philosophe polonais
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dimanche 2 mai 2010

Pierre HADOT ou comment vivre et mourir comme un philosophe et pourquoi ?

http://www.liberation.fr/culture/


Culture 28/04/2010 à 00h00



Hadot, une vie philosophique



Disparition . Le spécialiste de la pensée hellénistique et romaine est mort dimanche à 88 ans.



Par ROBERT MAGGIORI







Philosophe, philologue, historien, traducteur, l’une des grandes figures de la pensée contemporaine, Pierre Hadot, est mort le 25 avril, à l’âge de 88 ans. Il était professeur émérite au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire de la pensée hellénistique et romaine. Personnalité réservée, ancien prêtre, il a exercé une influence souterraine certaine, notamment sur les derniers développements de la pensée de Michel Foucault concernant «le souci de soi» et l’esthétique de l’existence.







Leçon
Bien qu’il ait été l’un des premiers à s’intéresser à Wittgenstein et aux «jeux de langage», qu’il soit toujours resté dans la proximité de Nietzsche ou de Goethe, Pierre Hadot a axé ses recherches sur la pensée antique, en particulier sur le rapport entre la philosophie grecque et sa réception par la littérature latine. Ses auteurs de prédilection sont Plotin, Epictète, Marc Aurèle - mais ce qu’il a introduit de plus fort est l’idée que la philosophie est née, en Grèce, comme «style de vie» ou sagesse comprise non en tant que pur savoir théorique mais «savoir vivre».







Contrairement à celles de la philosophie moderne, qui se présentent trop souvent comme ensembles de savoirs techniques destinés aux «spécialistes», les œuvres philosophiques de l’Antiquité, selon Hadot, proposaient un «art de vivre», n’avaient pas pour seul but d’informer mais de former le lecteur, dans sa vie la plus quotidienne, de provoquer un «exercice spirituel» par lequel on parvient à «transformer soit en soi-même soit chez les autres, la manière de vivre et de voir les choses».







Pierre Hadot a œuvré pour que soit aujourd’hui retenue la leçon donnée dès l’aurore grecque : il doit y avoir harmonie entre vie et réflexion philosophique, car la vraie vie est une vie philosophique, comme la vraie philosophie est celle qui jamais ne se détache de la vie. Mais que signifie «vivre philosophiquement» ? Reconnaître qu’il n’y a qu’un seul vrai plaisir, celui d’exister. Plaisir d’autant plus grand, chez Hadot lui-même, qu’il l’aura gagné sur une constitution fragile et une grave malformation au cœur qui le fit hospitaliser et opérer maintes fois. Plaisir de tous, dès lors qu’au lieu d’attendre que quelque idéal ou une utopie s’actualise, on vit son moment présent comme on vit sa dernière heure.







Résolution
 Pierre Hadot a souvent dit l’«enthousiasme» avec lequel il commenta un texte de Bergson qui lui fut donné à son… baccalauréat, en 1939 : «La philosophie n’est pas une construction de système, mais la résolution, une fois prise, de regarder naïvement en soi et autour de soi.» Ensuite il sondera toutes les sapiences antiques, et tous les textes. Mais à cette idée que la philosophie est exercice spirituel, exercice de vie, il restera fidèle.







Pierre Hadot a publié, entre autres : Qu’est-ce que la philosophie antique ? (Gallimard 1995), Plotin ou la simplicité du regard (Allia 1998), la Philosophie comme manière de vivre (Albin Michel 2001), Exercices spirituels et philosophie antique (Albin Michel 2002), le Voile d’Isis (Gallimard 2004), le Néoplatonisme (Belles Lettres 2010). Parmi ses traductions, on rappellera celles de Marc Aurèle (Belles Lettres 1998) et de Plotin (Cerf, 1998-1990). A lire : Pierre Hadot, l’enseignement des antiques, l’enseignement des modernes, dirigé par Arnold Davidson et Frédéric Worms (éditions Rue d’Ulm).

Philosophie morale et politique ou réflexions et pensées sur la vie de l'homme en société

M. Diaga Ndour entouré reçoit la visite du Ndut,une institution sociale en période de circoncision.Le groupe était venu lui demander un taureau et il leur en donna un grand.Ce masque que porte le danseur du groupe s'appelle "Mbot" et la dénommination sociale de la fonction du porteur dans le groupe initiatique est aussi "Mbot".


L’homme est le seul animal qui peut parvenir à un stade de développement qui lui permet de penser son existence et de penser l’existence du monde dans leur passé, dans leur présent et dans leur futur. C’est une exception de taille. Partout dans le monde actuel l'homme est encerclé avec d'autres hommes  dans un groupement politiques appelé société ou Etat ou pays alors qu’il existe des animaux qui ne se regroupent pas et qui mènent une existence solitaire.Qui l'a poussé à prendre cette forme de vie associative,à s'enfermer et à se définir dans ces cadres de vie sociale?Est-ce la nature qui l'a programmé pour vivre ainsi ou est-ce l'homme lui-même qui s'est choisi cette forme de vie contre une autre que la nature lui aurait suggérée?
Quand nous disons vivre en solitaire,nous ne voulons pas dire qu'il n'existe pas des animaux qui se regroupent et qui vivent attroupés.Mais, ce n'est pas le simple fait d'être attroupés ou d'être côte à côte qui détermine le lien social entre des individus.Le regroupement politique appelé société est caractérisé parmi tant d'autres fondement,par le fait que les individus sont dans une situation de mise en commun de leur compétences et de leurs forces pour la réalisation de quelque chose qui apparaît comme un bien commun ou comme un produit pour tous puisque résultant de l'action de tous et non point d'un seul individu.

1. PREMIERE QUESTION



Notre première question est la suivante : POURQUOI les individus du genre humains se sont asociés et formé des groupements politiques appelés sociétés et Etats qui contiennent d'autres institutions sociales?



2. LES SENS DE LA QUESTION



Quand nous demandons « POURQUOI… ? », ce que nous voulons atteindre c’est l’élément le plus lointain qui se trouve naturellement ou qui est entré accidentellement dans la vie de l’homme ou dans l’espace de la vie de l’homme et qui aurait déclenché et déclenchent encore le mouvement de rapprochement des hommes et leur association et leur sédentarisation dans un espace donné et dans une forme de vie déterminée. Ce qui fait que le processus de formation s’est déclenché. C’est-à-dire ce qui sert de premier moteur dans le mouvement ayant abouti à la formation de ces institutions, moteur interne ou externe. Par la question « POURQUOI », nous demandons aussi l’objet qui est la cible à atteindre au terme du mouvement et dont la quête justifie le mouvement. C’est ce qui donne contenu et un sens au mouvement c’est-à-dire à l’action déclenchée volontairement ou dans la nature. La question « POURQUOI » demande aussi ce qui donne une valeur à l’objet ciblé et au mouvement et qui est déterminé dans l’effet ou la vertu que son atteinte fait obtenir théoriquement ou concrètement. C’est fonction de l’objet ou sa fin ou ce pour quoi il est fait. Ce qui fait que l’objet est recherché. La question POURQUOI interroge aussi la valeur de l’objet à travers la fonction ou le besoin qu’il vise à satisfaire et qui peut être un besoin intermédiaire ou un besoin terminal dont la satisfaction supprimerait tous les autres besoins, un besoin donc particulier ou singulier ou un besoin universel ou général. C’est dans cette fin ou cette fonction que se détermine subjectivement ou particulièrement ou relativement ou universellement la valeur absolue de l’objet visé. C’est la justification ultime de la formation de l’existence ou de la quête théorique ou matérielle de l’objet.



samedi 1 mai 2010

L'Afrique doit accepter et savoir mourir pour renaître

L’indépendance d’un Etat n’est pas la liberté de son peuple ou celle de ses gouvernants
Au cours de l’invitation lancée par Anne-laure dans cet atelier pour témoigner de ce que nous avons vécu ou de ce que nous souhaitons ou de ce que nous croyons être vrai ou faux, probable ou improbable concernant l’existence de l’Afrique et plus précisément de l’existence des Etats qui constituent ce continent, malgré cinquante années d’indépendances obtenues de diverses manières, beaucoup estiment que les Etats africains ne sont pas indépendants, ne sont pas libres, ne « s’appartiennent pas »-pour reprendre l’expression de Jack-l'existentialiste s’exprimant sur le sujet chez les Observteurs de France24 commentant un billet sur la problématique des indépendances africaines et plus précisément sur la célébration de l’indépendance du Togo. Je reprends l’expression car au Sénégal aussi pour dire indépendant ou libre on utilise dans plusieurs langues courantes l’expression « s’approprier sa tête ou son moi ».
A un frère africain togolais qui soulignait que « la plupart des togolais ne sont pas d’humeur à célébrer le jour de l’indépendance »de leur pays, je faisais remarquer que tous les sénégalais n'ont pas participé aux manifestations du 03 ou du 04 avril inscrites dans le cadre du cinquantenaire...qu’il en sera de même au Togo, et ailleurs.
Mais cela ne signifierait pas que tous les togolais ne sont pas d'humeur à célébrer leur indépendance. Il y a des vérités qui sont transparentes à tous et dont celle que voici : tous les Etats et tous les peuples et leurs hommes et leurs femmes sont d'humeur à célébrer leur indépendance et leur liberté par diverses manières, puisque la raison humaine et les tendances naturelles de la vie ne peuvent pas voir et ne peuvent pas désirer pour un individu ou pour un Etat ou pour un peuple, une situation ou une condition qui soit préférable à celle de l'indépendance et de la liberté.
Toutes les cultures humaines qui ont inventé un concept pour désigner Dieu sont des cultures qui reconnaissent la liberté et l’indépendance comme des constituants de l’Etre supérieur qu’ils adorent. Préférer l’esclavage à la liberté est contre la nature de la vie et contre la condition humaine dans le monde. Vivre c’est s’affirmer et affirmer et pour cela il faut bien une liberté et une indépendance. Sinon la vie n’est qu’une cave de besoins, de valeurs, de besoins et de mouvements en tous sens dont on ignore la provenance et les raisons d’être.
Cependant tous les hommes et tous les Etats ne sont pas toujours de bonne humeur pour célébrer leur indépendance sous n'importe quel gouvernement. S'il est vrai qu'il existe des gouvernements d'Etats qui ne sont que les "pions" d'autres gouvernements et d' « Etats »,comme le soutiennent certains, alors ne pas s'abstenir de célébrer l'indépendance avec ces gouvernements est la pire des contributions à l'œuvre de la domination coloniale, de la négation de l’indépendance et de la liberté, à une agression organisée contre les droits fondamentaux de tout homme :la liberté est l’unique bien qui reste à un homme ou à un peuple quand il a tout perdu ou croire avoir tout perdu par les forces de la nature ou par celle d’un autre homme ou peuple.
C’est la liberté qui reste intact en lui quand il a les mains, les pieds et le ventre lié et jeté dans un navire et dans un océan avec ou sans conducteur. Car cette situation au lieu d’être une négation de la liberté, est bien une condition nécessaire pour l’expression de la liberté. La liberté n’a de sens que dans un environnement, dans une situation où il y a des obstacles et la liberté est d’autant plus réelle ou réalisable que les obstacles paraissent être invincibles. Si ce n’était pas Sartre la France ne serait pas libre et ne serait pas devenue ce qu’elle est en train de devenir dans l’histoire. Les africains peuvent oublier ou ignorer que la France aussi a connu une période de l’histoire durant laquelle elle ne s’appartenait plus ou a failli ne plus s’appartenir,mais la France et les français patriotes ne n'oublieront pas et surtout les français nationalistes.
Mais Sartre refusa et avec lui beaucoup d’autres, qu’un homme puisse ne pas s’appartenir comme Rousseau refusa qu’un homme ou un peuple puisse appartenir à quelque autre vie qui ne soit pas la sienne. La liberté est impérissable en l’homme, elle continue à vivre chez les malades et chez les pauvres et donc chez les colonisés. Qui pourrait nier que la liberté qui restait à Senghor, à Césaire, à Damas, à Martin Luther King et à d’autres et à d'autres quand tout leur fut arraché,leur première arme de bataille dans leur situation ?
L’Afrique ne « s’appartient plus »écrit Jack.Cette affirmation peut être validée mais il y a des conditions pour ne pas la prendre comme telle. Tout dépend de ce dont on cherche la propriétaire légitime et le détenteur usurpateur. D’autres écrivent que l’Afrique ou plus précisément les Etats africains sont « semi-indépendants ».Je voudrais être plus modéré et plus réaliste que Jean Grave ou Max Stirner au sujet de l’indépendance ou de la liberté qui est sa condition et non sa conséquence, mais il me semble que l’expression « demi »ou « semi-indépendant » n’a pas de sens :une indépendance comme la liberté qui est sa mère et sa gouvernante « est ou n’est pas »,qu’elle soit intégrale ou qu’elle tienne compte des contraintes inhérentes à un monde naturel et social conçus comme un immense réseau et système de relations et d’influences de toutes sortes.
Les arabes et les romains bien avant l’Europe écrit l’existentialiste se sont approprié ou ont tenté de s’approprier l’Afrique et se sont effectivement approprié de l’Afrique ou de certaines de ses parties constitutives nécessaires ou accidentelles. Mais ces puissances ont-elles anéanti totalement le droit et le pouvoir de se reprendre ou de Je crois qu'il importe de faire une distinction entre l'Etat en soi et le peuple et le gouvernement.
Nos Etats sont indépendants car rien dans leur constitution n'indique le contraire, au contraire dans leurs multiples constitutions ils affirment tous cette indépendance avec force et fierté. Mais un Etat constitutionnellement libre n'implique pas nécessairement un peuple autant libre.
Au-dessus des Etats libres nous pouvons aussi retrouver des hommes et des femmes qui ne sont pas libres et que par abus nous appelons gouvernants et auxquels refusent de se soumettre ceux qui savent ce qu'est un Etat, une république, une liberté, une indépendance.
Les Etats africains sont totalement indépendants et libres en droit mais les peuples qui sont censés les conduire de même que les hommes et les femmes qui sont censés être à leur direction générale, ne sont pas nécessairement indépendants ou libres.
Mais pourquoi ces femmes et ces hommes et ces peuples ne sont pas nécessairement libres et qu'est-ce qui prouverait d'abord qu'ils ne le sont pas? Comment sortir de cette situation s'il est possible d'en sortir?
Il est possible de sortir de cette situation et il est impératif de sortir de cette situation sinon toute idée d'une renaissance africaine ne serait qu'une vaine et triste vanité. Il est possible de sortir de cette situation, de transformer notre condition d'existence pour ceux qui savent entendre et donner raison à Sartre dans l'histoire: Si l'Afrique et les africains n'ont jamais été aussi libres et indépendants que sous les forces de la colonisation comment douter de leur situation sous les indépendances?

lundi 26 avril 2010

Cinquante ans d'indépendance:la récurrence des conflits et des violences ethniques est-elle une fatalité inhérente à la condition africaine?


La question est posée dans Le Débat sur France24.

« La récurrence des conflits et des violences ethniques en Afrique ,50 après l’accession de ses Etats à l’indépendance est-elle une fatalité inhérente à la condition africaine ?
1. d’abord qu’est-ce que la violence ?



J’aurais peut-être dû passer par un dictionnaire pour une définition plus académique et universelle du concept de violence. J’ai choisi de le présenter selon mes propres mots. Selon notre compréhension, il y a violence lorsqu’une source quelconque produit une énergie de nature déterminée et la décharge intentionnelle ou non par dans une action déterminée par un canal approprié sur une cible localisée et positionnée dans un espace en vue d’atteindre quelque chose en elle et d’agir en elle de manière hostile en produisant des effets susceptibles de la faire souffrir, de la mettre ou de la maintenir dans un état déterminé, de la contrôler, de lui empêcher de mener une certaine action, de modifier son existence ou de la supprimer tout bonnement.

2. Où retrouve-t-on cette violence ?

En ce sens, la violence peut s’observer chez les animaux comme chez les hommes. On peut voir en effet deux chiens qui se découvrent soudainement déployer et décharger cette énergie hostile l’un sur l’autre sans que l’on ne voie un objet concret qui pourrait être la cause de ce comportement. Dans cette situation, les deux chiens se tiennent à distance l’un de l’autre et chacun devient très menaçant. Entre les deux qu’est-ce qu’il y a s’il n’ya pas par exemple un morceau de viande à disputer ? L’espace. Chacun des deux acteurs semblent se tenir dans un territoire dont il défend l’accès à l’autre. Nous pouvons voir la même attitude entre un chien et un chat. Ce fait est aussi visible chez les moutons. Je l’ai vu entre les vaches d’un même enclos et entre des vaches et des taureaux d’enclos différents. J’ai vu cette relation conflictuelle et de violence chez les vautours : dans une meute de vautour autour d’un cadavre de vache, un grand vautour qui attaqua un vautour plus petit et l’éloigna du cadavre pendant très longtemps après plusieurs tentatives de retour du plus petit vers le banquet. Dès le bas âge on voit cet instinct de violence et de destruction s’exprimer chez l’enfant qui la décharge sur certains objets ou sur certains animaux ou sur certaines personnes de son entourage y compris ses proches parents. C’est cette phase de son développement que Freud appelle phase sadique.


On peut donc conclure : La violence fait donc partie des choses les mieux partagée par la nature chez les animaux et chez les hommes comme elle est dans la foudre du ciel et dans le séisme de la terre.

3. La violence est aussi culturelle chez l’homme

Ce n’est pas l’homme qui a créé donc le conflit et la violence au sein du monde, dans l’environnement naturel et dans les êtres vivants au sein de cet environnement. Mais si la violence est une chose naturellement partagée entre les animaux et les hommes, il existe une violence culturelle exclusivement humaine. Dans presque toutes les sociétés du monde, il existe en effet deux types de violence : une violence supposée condamnable et condamnée et une violence socialisée supposée légitime et acceptée. La circoncision ou l’excision et d’autres pratiques sociales sont des formes de violences socialisées et légitimées. La violence étatique fait partie de cette violence culturelle et constituerait le fondement même de tout Etat selon Max Weber à la suite de Trotski : « Tout Etat repose sur la force » et « L’Etat est le monopole de la violence légitime »

4. La question générale sur les conflits et les violences de toutes natures chez les hommes

La question du Débat de France24 mérite d’être posée et ne manque pas de pertinence dans le cadre du cinquantenaire des indépendances des Etats africains. Car au départ de la création de la société et de l’Etat selon Thomas Hobbes et même Rousseau, était, ne serait-ce que théoriquement, l’intention de gérer les conflits et les violences potentielles et effectives entre les hommes et entre les hommes et les institutions sociales et étatiques, mais aussi de gérer les violences en provenance de l’extérieur. En plus, si l’Etat est partout où il apparaît tel que le présente Max Weber et d’autres, la puissance institutionnelle qui revendique le droit de monopoliser la violence, il est partout responsable de toute violence particulière entre les individus et entre les individus et les institutions sociales. On peut donc légitimement affirmer que si les conflits et les violences n’ont pas cessé, ou n’ont pas été tempérés ou se sont aggravés en Afrique durant les 50 premières années d’indépendance des Etats de ce continent, c’est que quelque part, ils n’ont réussi une mission fondamentale. Mais s’agit-il pour autant d’une fatalité inhérente à la condition africaine ? Si l’Afrique n’est pas le seul champ des conflits et des violences de diverses natures entre les hommes, entre les hommes et leurs institutions, ne devrait-on pas plutôt se demander : la persistance voire l’aggravation la complexité des conflits et des violences entre les hommes au sein des Etats et entre Etats sont-elles une fatalité inhérente à la condition humaine ?

Pour répondre à cette question, il importe de résoudre la suivante : quelle est la condition de l’homme dans le monde en général et particulièrement celle de l’homme dans les Etats africains avant, durant et après la colonisation ?

samedi 3 avril 2010

Une très belle journée d'indépendance aujourd'hui 03 avril

Une très belle journée de liberté et d'indépendance,une victoire de la raison humaine.

PhotoAAB
Aujourd'hui 03 avril 2010 une très belle journée d'indépendance au Sénégal
PhotoAAB
Pour moi, l’un des plus beaux moments de la célébration de l’indépendance de notre pays s’est déroulé aujourd’hui avec cette marche de Benno Siggil Sénégal et l’inauguration du Monument de la Renaissance Africaine. Demain c’est la confirmation qui aussi ,a un sens et une valeur fondamentale.
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A qui le mérité ? A Dieu tout d’abord pour diverses raisons que chacun peut se chercher. A la raison humaine des gouvernants et des opposants et des arbitres et des observateurs de la vie humaine qui apprennent les très difficiles sciences et arts de la neutralité ou de l’objectivité, le très difficile art de vivre sous la différence et sous le droit de critique que nos semblables ont sur nous comme nous détenons ce droit sur eux.

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Ce général qui disait que les sénégalais ont des raisons d'être fiers de devenir ce qu'ils sont en train de devenir n'a pas tort...un vrai peuple de raison et tout le reste viendra nécessairement après.

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dimanche 28 mars 2010

Aristote:Qu'est-ce que la nature?

Parmi les êtres, en effet, les uns sont par nature, les autres par d'autres causes; par nature, les animaux et leurs parties, les plantes et les corps simples, comme terre, feu, eau, air; de ces choses, en effet, et des autres de même sorte, on dit qu'elles sont par nature. Or toutes les choses dont nous venons de parler diffèrent manifestement de celles qui n'existent pas par nature; chaque être naturel, en effet, a en soi-même un principe de mouvement et de fixité, les uns quant au lieu, les autres quant à l'accroissement et au décroissement, d'autres quant à l'altération. Au contraire un lit, un manteau et tout autre objet de ce genre, en tant que chacun a droit à ce nom, c'est à dire dans la mesure où il est un produit de l'art, ne possèdent aucune tendance naturelle au changement, mais seulement en tant qu'ils ont cet accident d'être en pierre ou en bois ou en quelque mixte, et sous ce rapport; car la nature est un principe et une cause de mouvement et de repos pour la chose en laquelle elle réside immédiatement, par essence et non par accident.
Je dis et non par accident parce qu'il pourrait arriver qu'un homme, étant médecin, fût lui-même la cause de sa propre santé; et cependant, ce n'est en tant qu'il reçoit la guérison qu'il possède l'art médical; mais par accident, le même homme est médecin et recevant la guérison; aussi ces deux qualités peuvent-elles se séparer l'une de l'autre. De même pour toutes les autres choses fabriquées; aucune n'a en elle le principe de sa fabrication; les unes l'ont en d'autres choses et hors d'elles, par exemple une maison et tout objet fait de main d'homme; les autres l'ont bien en elles-mêmes, mais non par essence, à savoir toutes celles qui peuvent être par accident causes pour elles-mêmes. La nature est donc ce que nous avons dit. Maintenant, avoir une nature est le propre de tout ce qui a un tel principe. Or toutes ces choses sont substances, car ce sont des sujets et la nature est toujours dans un sujet. Maintenant, sont choses conformes à la nature et ces substances et tous leurs attributs essentiels; par exemple, pour le feu le transport vers le haut; car cela n'est pas nature, pas davantage n'a une nature, mais cela est par nature et conformément à la nature. On vient de dire ce qu'est la nature, ce que c'est que être par nature et conformément à la nature. Quant à essayer de démontrer que la nature existe ce serait ridicule; il est manifeste, en effet, qu'il y a beaucoup d'êtres naturels. Or démontrer ce qui est manifeste par ce qui est obscur, c'est le fait d'un homme incapable de distinguer ce qui est connaissable par soi et ce qui ne l'est pas. C'est une maladie possible, évidemment: un aveugle de naissance peut bien raisonner des couleurs; et ainsi de telles gens ne discourent que sur des mots sans aucune idée.
Aristote, Physique 2.



LA LIBERTE dans la nature et dans la vie sociale:utopie ou projet réalisable?


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A chaque instant de l’histoire, si ce n’est pas toi ou moi, et même si nous n’avons aucun signe de son existence, nous pouvons être sûrs que quelque part dans le monde, il existe une vie humaine solitaire ou une assemblée de vies humaines qui dit non à quelque chose qu’elle cherche à vaincre ou qu’elle aurait voulu pouvoir vaincre.
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Cette dénonciation est en même temps un signe de liberté mais elle indique en même temps une absence de liberté. Car, il y a absence de liberté à chaque fois que la vie animale ou humaine est victime d’un obstacle, d’une barrière, d’un fardeau qui lui empêche d’être ainsi qu’elle voudrait être et de faire ce qu’elle voudrait faire dans on espace, avec son corps, avec son esprit, avec sa volonté et avec son cœur. En termes plus clairs, la liberté se conçoit idéalement par l’esprit comme une absence totale de contrainte ou alors comme le droit de lutter contre toute contraintte qui s'applique sur la vie personnelle ou sur la vie,qu'elle soit rationnellement justifiée ou douteusement justifiée,par la conscience,par la raison, par l'habitude, par la peur,par l'ignorance ou par quelque autre source de contrainte.
Par cette première identité, l’être libre revendiquerait alors une vie d’isolement pur ou alors une insensibilité totale dans un immense réseau relations naturels et sociales parcourus par des influences de toutes sortes,conscientes et qui échappent à notre conscience. Comment stisfaire une telle demande théoriquement et comment l'homme pourrait la vivre concrètement en tant que sujet individuel ou en tant que peuple?
                                                                                                                          
Pierre Hadot,philosophe contemporain,spécialiste de la pensée hellénistique et romaine
Aucun animal ni aucun homme n’est la cause de son apparition dans la nature ni l'inventeur se ses aptitudes acquises au cours de sa socialisation.Les personnalités d'une société humaine ne sont jamais intellectuellement ni du point de vue de leur agilité physique,identique comme deux gouttes d'eau.Néanmoins, dans chaque personnalité ou dans chaque personnahe social s'exprime sa société.En termes courant,il y aurait un déterminisme naturel et un déterminisme culturel,social et psychologique de l'individu du genre humain et donc de ses tendances,goûts et comportements. Le fait que l'homme soit né sans aucune "nature" et soit condamné à s'inventer une identité et un monde subjectifs ,à s'ateler à réaliser cette identité intérieure et extérieure de son existence,est admis depuis longtemps, notamment depuis Jean Itard qui mit en évidence que la source  de toute humanité est la société, qu’il est impossible de se faire homme dans la solitude.Aristote et d'autres comme Rousseau ont montré qu'il est nécessairement un être vivant qui s'appartient relativement dans la mesure où la satisfaction de certains de ses besoins dépend d'autres compétences en dehors de lui. 
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Faut-il conclure de cette situation que les animaux et les hommes sont condamnés à renoncer à la liberté, à vivre comme des esclaves ? N'est-il pas possible de supposer avec Rousseau un homme qui fut indépendant et libre de tout lien social?Mais cette hypothèse ne signifierait-elle pas que l'animal est libre alors que la condition de l'animal est dans son intérieur comme dans son extérieur le dernier degré de l'absence de liberté?
                                         

                                                                           

Le propre de l’homme et c’est là un autre signe de la présence de la liberté en lui, est qu’il est capable d’adapter les choses et le monde à sa situation comme il est capable de s’adapter aux exigences de son environnement naturel et social. Ainsi, pour certains philosophes, l’homme conscient et raisonnable ne réclame pas un monde sans ordre ni loi ni une vie d’isolement qui se conduirait sans principe ou loi à l’égard de lui-même, de la nature et de ses semblables. Quelque soient l’ordre et les lois de la nécessité posées de manière inviolables dans la nature et de manière conventionnelle parmi les hommes, il reste toujours une partie vide, vierge sans contrainte et dont l’aménagement dépend des consciences et des volontés des individus et des peuples. De même, pour l’homme raisonnable, au lieu d’être toujours des entraves vicieuses et fantaisistes contre la liberté, les vraies lois civiles sont essentiellement faites pour servir de garantie ou d’arbitre dans la rencontre des libertés individuelles et les lois naturelles que découvrent les diverses sciences sont des armes pour nier, pour se défendre et pour contrôler la nature. D’autre part, peut-on empêcher à un homme de penser ou de vouloir ou d’aimer par des contraintes extérieures ou domiciliées dans sa conscience ? Mais cette acceptation de l’ordre naturel et de l’ordre social, l’affirmation d’un libre arbitre inattaquable par les diverses influences du monde sauve-t-elle la liberté de l’étreinte de cet inconscient psychique posé au cœur de la vie humaine par la psychanalyse de Freud ? Cette découverte est sans doute une grave menace contre la liberté car c’est pour sécuriser la liberté que Jean-Paul se refuse de reconnaître cette composante de la vie psychique.
Mais pourquoi les individus et même les sociétés s’accrochent-ils à la liberté puisque toute société reconnaît son existence dès l’instant que toute société se définit des limites et qu’elle se crée des tribunaux pour juger des individus et des groupes sociaux supposés agir sans influence incontrôlable par eux ?Si la liberté est l’effort par lequel un homme ou un peuple cherche à se débarrasser d’un fardeau psychologique, morale ou physique qui lui empêcherait d’être ainsi qu’il voudrait l’être et de se comporter ainsi qu’il voudrait, la liberté ne serait-elle pas un des plus hauts biens de la vie humaine.Cependant n’apparaît-elle pas quelquefois comme un lourd fardeau dont on cherche à se débarrasser, et donc comme quelque chose qui devient soudainement négatif et insupportable,lorsque la nécessité de répondre à la responsabilité menace de mort la liberté ou la  vie elle-même?
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SUJET 1: Quand la société condamne un homme ou un groupe d'homme défend-t-elle ou nie-t-elle la liberté?
SUJET 2: La société a-t-elle intérêt à ce que l'homme ne soit pas libre?
SUJET 3: Dieu peut-il tout se permettre?








vendredi 19 mars 2010

Sigmund Freud,Les trois blessures narcissiques


                                     Sigmund Freud,1938

Dans le cours des siècles, la science a infligé à l’égoïsme naïf de l’humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu’elle a montré que la terre, loin d’être le centre de l’univers, ne forme qu’une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l’humanité par la recherche biologique, lorsqu’elle a réduit à rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l’indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s’est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, de Wallace’ et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu’il n’est seulement pas maître dans sa propre maison, qu’il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique. Les psychanalystes ne sont ni les premiers ni les seuls qui aient lancé cet appel à la modestie et au recueillement, mais c’est à eux que semble échoir la mission d’étendre cette manière de voir avec le plus d’ardeur et de produire à son appui des matériaux empruntés à l’expérience et accessibles à tous. D’où la levée générale de boucliers contre notre science, l’oubli de toutes les règles de politesse académique, le déchaînement d’une opposition qui secoue toutes les entraves d’une logique impartiale.
Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse (1916),Deuxième partie,chap18, trad. S. Jankélévitch, Payot, colt. «Petite Bibliothèque», 1975, p. 266-267.



lundi 15 mars 2010

SUJET III:Expliquez et discutez le texte suivant

SUJET: Expliquez et discutez le texte suivant



On ne doit pas s'attendre à ce que les rois se mettent à philosopher, ou que des philosophes deviennent rois ; ce n'est pas non plus désirable parce que détenir le pouvoir corrompt inévitablement le libre jugement de la raison. Mais que des rois ou des peuples rois (qui se gouvernent eux-mêmes d'après des lois d'égalité) ne permettent pas que la classe des philosophes disparaisse ou devienne muette, et les laissent au contraire s'exprimer librement, voilà qui est aux uns comme aux autres indispensable pour apporter de la lumière à leurs affaires, et parce que cette classe, du fait de son caractère même, est incapable de former des cabales et de se rassembler en clubs, elle ne peut être suspectée d'être accusée de propagande.



Emmanuel Kant





























I. Avoir une approche globale du texte pour construire l'introduction en se posant certaines questions fondamentales dont les réponses permettraient de déterminer les affirmations fondamentales du texte et de déterminer les rapports entre ces propositions


Question N°1: Quel est le thème du texte ? 
 Dans ce texte Emmanuel Kant s'interroge sur la philosophie.Pour être plus précis il s'interroge sur le rapport entre la philosophie et le pouvoir politique. On pourrait donc donner au texte le titre suivant:philosophie et pouvoir politique



Question N°2:Quel est l'objectif du texte? 
L'intention ou le but ou ce que Kant veut atteindre,c'est de réfuter ou de renverser ou d'invalider ou de rendre incertaine ou discutable  une thèse ou une théorie philosophique défendue par Platon et selon laquelle fa fonction du philosophe est de gouverneer la cité.Cette thèse est soutenue dans le livre de Platon qui a pour titre La République.
Question N°3:Quelle est la question à laquelle le texte tente de répondre ? 
Quelle est la fonction ou le rôle ou la place du philosophe au sein de la cité dans le domaine de la politique?
Question N°4:Quelle est la réponse ou la thèse que l'auteur donne à la question qu'il se pose ?
Selon Kant le philosophe n'a pas pour fonction politique de gouverner la cité car "ce n'est pas désirable" mais il doit pouvoir s'exprimer librement pour éclairer le pouvoir en place et le peuple.
Question N°5:N'existe-t-il pas une thèse opposée à celle de l'auteur ?
La thèse opposée à celle de Kant est natrellement celle qu'il cherche à invalider, à savoir celle de Platon,la thèse ou la théorie des philosophes-rois de la cité.
Question N°6:Quelle est la structure logique du texte ?
Dans une première partie qui va du début du texte à "le libre jugement de la raison"Kant indique que c'est une attente mal fondée et une possibilité indésirable que de vouloir mettre les philosophes au pouvoir.Mais dans la deuxième partie,il indique qu'il n'y a aucune raison justifiée d'interdire aux philosophes de s'exprimer et que tenir cette classe d'intellectuelle au silence reviendrait à priver aux gouvernants et aux gouvernés de beaucoup d'avantages dans l'éclairage rationnel de l'espace politique.










samedi 13 mars 2010

Hannah ARENDT,Les origines du totalitarisme

Une différence fondamentale entre les dictatures modernes et toutes les autres tyrannies d'autrefois est que la terreur ne sert plus à exterminer et à épouvanter les adversaires,mais à gouverner des masses parfaitement dociles.La terreur telle que nous la connaissons aujourd'hui frappe sans qu'il y' ait eu auparavant provocation,et ses victimes sont innocentes,même du point de vue de l'oppresseur.Ce fut le cas dans l'Allemagne nazie où la terreur fut pleinement employée contre les Juifs,c'est-à-dire contre des personnes qui avaient en commun caractéristiques indépendantes de leur comportement spécifique...
Nous n'examinerons pas ici la conséquence du gouvernement par la terreur,à savir que personne,pas même les bourreaux,n'est jamais à l'abri de la peur;ce qui nous occupe c'est l'arbitraire dans le choix des victimes;il est fondamental que qu'elles soient objectivment innocentes et qu'elles soient choisies indépendamment de ce qu'elles peuvent avoir ou n'avoir pas fait...La victime de la terreur moderne présente toutes les caractéristiques du bouc émissaire:elle est objectivement et absolument innocente,puisque rien de ce qu'elle a fait ou n'a pas fait n'a d'importance,ni la moindre relation avec le sort qui la frappe.
Hannah ARENDT, Les origines du totalitarisme, Chapitre premier ,"L'antisémitisme,insulte au sens commun",Editions Quarto Gallimard,p.223.

Sigmund Freud sur conscience,inconscient,résistance et refoulement


Comment se faisait-il donc que des patients eussent oublié tant de faits de leur vécu extérieur et intérieur,et qu'ils pussent cependant se les remémorer quand on leur appliquait la méthode que nous avons décrite?A ces questions l'observation apporta une réponse exhaustive.Tout ce qui était oublié avait été d'une manière ou d'une autre pénible,que ce fût effrayant ou douloureux ou honteux,face aux exigences de la personnalité.Une idée s'imposait d'elle-même;c'était justement pour cette raison que cela avait été oublié,c'est-à-dire n'était pas resté conscient.Pour le rendre malgré tout à nouveau conscient,il fallait surmonter chez le malade quelque chose qui le cabrait,il fallait y mettre du sien pour le presser et l'obliger.L'effort exigé de la part du médecin était d'une intensité variable suivant les cas,il était proportionnel à la difficulté que présentait la chose à remémorer.La dépense d'énergie du médecin donnait manifestement la mesure d'une résistance chez le malade.Il suffisait maintenant de traduire en mots ce qu'on avait éprouvé soi-même,et l'on était en possession de la théorie du refoulement.
Sigmund Freud,Sigmund Freud Présenté par lui-même,traduit de l'allemand par Fernand Cambon,Editions Gallimard,pp.49-50.

Jean-Jacques Rousseau sur science et vertu



Que la culture des sciences corrompe les moeurs d'une nation, c'est ce que j'ai osé soutenir,c'est ce que j'ose croire avoir prouvé.Mais comment aurais-je pu dire que dans chaque homme en particulier la science et vertu sont incompatibles,moi qui ai exhorté les princes à appeler les vrais savants à leur cour,et à leur donner leur confiance,afin qu'on voie une fois ce que peuvent la science et la vertu réunies pour le bonheur du genre humain?Ces vrais savants sont en petit nombre,je l'avoue;car pour bien user de la science,il faut réunir de grands talents et de de grandes vertus;or c'est ce qu'on peut espérer de quelques âmes privilégiées,mais qu'on ne doit point attendre de tout un peuple.On ne saurait donc conclure de mes principes qu'un homme ne puisse être savant et vertueux tout à la fois.
Jean-Jacques Rousseau, "Réponse au roi de Pologne, Duc de Lorraine",in Discours sur les sciences et les arts,Editions Garnier-Flammarion,Paris,1992,p.75. 

mardi 9 mars 2010

Sujet:Peut-on dire que la société est créée pour rendre l'individu plus fort?

INTRODUCTION

Dans les premiers jours de sa naissance, le petit de l'homme ne dispose presque d'aucun pouvoir.Il n'a aucun pouvoir particulier émanant de son corps.Il n'a aucun pouvoir émanant de son esprit.Pendant des années il est presque exclusivement sous la dépendance totale de son entourage,contrairement à beaucoup d'autres êtres vivants qui n'ont besoin de l'assistance de leurs semblables que durant quelques mois,rarement des années parce que retrouvant presque le même pouvoir que les autres après quelques mois au sein du monde,puisque ce pouvoir est logé totalement en eux par la nature et s'éveille sans avoir besoin d'être excité ou éduquer.Mais tout au long de son séjour avec ses semblables, nous voyons que le petit de l'homme est instruit,est entraîné et découvre dans son corps et dans son esprit des compétences qui ne se manifesteraient point en lui s'il avait été isolé de ses semblables dès sa naissance.En effet, il ne suffit pas de naître d'un père et d'un mère hal pulhar pour parler le peulh ou le toucouleur.De même, il ne suffit pas d'avoir une tête d'homme pour retrouver dans cette tête les compétences nécessaires pour sésoudre un problème de mathématique.L'exemple des cas d'enfants sauvages rééduqués par le médecin français Jean-Itard est une des preuves matérielles ou historiques qui met en évidence ce que les divers pouvoirs de l'homme doivent à leur commerce avec leur semblable.Si l'homme devient fort, il tient cette puissance moins de la nature que de l'éducation qu'il reçoit au sein de sa société.En ce sens, il est légitime de dire que la société ait rend l'individu plus fort comparé à ce qu'il serait s'il était isolé de ses semblables.Mais la société n'est-elle pas une source de contrainte?L'inidivud qui intègre et assimile les lois, les normes, les valeurs et les modèles de sa société et qui est sous le contrôle d'un pouvoir public impersonnel,peut-il encore concerveiquer ou revendcette liberté qui voudrait pouvoir tout dire et tout faire en tout domaine et à tout moment?Peut-on dire que partout la création de la société a augmenté la sécurité de l'individu?Ne peut-on pas voir dans quelque société que la présence de d'autrui est plus aliénante qu'elle ne libère et inspire confiance et sécurité,puisque l'autre peut apparaître comme celui qui confisque ce qui est légitimement à moi, que l'autre est plus prompt à tuer son semblable que la nature sauvage?
Il y a donc lieu de se demander si la société est une source de renforcement de l'individu ou plutôt une source d'affaiblissement.Il s'agit d'une question qui intéresse tout un chacun à présent que chaque vie humine est inscrite dans une société.

lundi 1 mars 2010

CONSCIENCE ET INCONSCIENT DANS LA VIE

INTRODUCTION

L'éléphant est physiquement plus grand que l'homme mais ne nettoie pas son milieu de vie:la notion de propreté et la gestion de l'environnement sont aussi des inventions de la conscience.

Si nous nous limitons au contenu ou au sens que livre immédiatement son origine latine,nous dirons que la conscience se définit toujours ou a pour essence ou se définit par son pouvoir de savoir,de connaître, de distinguer, de reconnaître, d'identifier,de sentir,de se souvenir,etc. En ce sens nous ne pouvons pas nier son existence chez l'aminal et chez tout être vivant, en ce sens que vivre, c'est au moins sentir quelque chose ou identifier quelque chose dans le monde.Les vautours peuvent identifier un cadavre et localiser sa position dans l'espace.Mais il y a quelque chose que les vautours ne savent pas:pourquoi ou de quoi est morte la vie autour de laquelle ils se régalent et se battent?
Les chiens aident la police et la gendarmerie dans des activités qui impliquent un pouvoir de rétention d'information et de rappel des informations antérieurement enregistrées.Mais le chien ne sait pas pourquoi la drogue se vend dans la société et où va l'argent de la drogue.Ce pouvoir de savoir est celui qui marque la ligne de séparation entre la conscience purement animale ou instinctive parce que naturelle et la conscience humaine.Le propre de la conscience humaine est de savoir,d'imaginer, de concevoir, d'innover, de démontrer, de justifier, de nier, d'accepter, de prévoir,de supposer,d'organiser,d'indiquer ce qu'il faut dire ou faire ou empêcher de dire ou de faire en considération de certaines conséquences.La conscience de l'animal ou le pouvoir de savoir du vautour ne lui permet pas de savoir si demain une vie va mourir ou non.Cette conscience sensitive ne connaît que le présent et connaît de manière immédiate, sans détour,alors que la conscience humaine atteint ce qu'elle sait comme vrai ou faux ou possible en passant par des comparaisons, des déductions, des hypothèses,c'est-à-dire de manière immédiate.En ce sens la conscience humaine est la faculté de mettre en évidence des relations cachées ou de créer des relations artificielles entre les choses du monde et entre elle-même et les autres consciences du monde.
On comprend alors toute l'importance de la conscience dans la vie individuelle des hommes comme dans leur vie sociale.Elle est la mère de la philosophie, de la science,de la paix, de la guerre,etc.Mais la conscience est-elle la seule à conduire l'homme dans le monde?Malgré son pouvoir qui se lit dans les transformations que l'homme a introduit dans sa vie et dans son environnement,aussi bien dans la conception du monde que dans l'action poitique, peut-on dire que la conscience est assez puissante pour nouus éclairer toute la réalité?Ne nous arrive-t-il pas dans nos rêves ou dans certaines de nos actions ou dans ceux des auutres, de nous sentir étrnager à nous mêmes, de ne pas nous reconnaître.Comment expliquer qu'un élève ayant récité sept fois de suite une leçon,dans une huitième tant immédiatement la dernière performence,n'arrive plus à réciter sans faute?Comment comprendre le fait que dans certaines circonstances, la bouche d'un orateur puisse faire sortir publiquement un mot indésirable qu'il ne fallait pas dire selon un certain ordre dans les rapports avec ses interlocuteurs et dans les propos de son discours?Pourtant, lorsque Sigmund Freud a émis l'idée de l'existence d'un inconscient psychique,des voix bien informées et bien autorisée dans leur domaine se sont élevées pour combattre cette conception de la vie psychique.Cette critique ou ce refus, est sans doute motivé,car l'homme raisonnable et libre refuse toujours ou accepte à cause d'une conséquence positive ou négative perçue.En effet, comment Jean-Paul Sartre pourrait-il sauver sa liberté face aux forces armées destructrices de l'inconscient?Comment Socrate et plus proche de nous,René Descartes pourrait-il sauver l'idée d'une conscience absolue face aux ordres exécutés de l'inconscient par les individus et par les foules?
Renoncer à des heures de sommeil ou de loisirs ou de dépenses inutiles dans des cérémonies pas nécessaire et investir dans le sens d'une qualification professionnelle est un choix et un choix et acte engendrés par la conscience et nourris par la volonté.Les différences entre les hommes et les peuples ne seraient-elles pas alors des conséquences des différences entre leurs consciences,différences qui viendraient sans doute comme le dit Marx des conditions matérielles de la vie,mais aussi de la volonté de vivre individuellement mais aussi collectivement?

Il importe de s'interroger sur la conscience,non pas seulement pour avoir une bonne note en classe, mais toout simplement sinon surtout et avant tout, pour nous comprendre et pour comprendre l'autre vie qui s'exprime en dehors de nous et pour chercher un ordre social et mondial conforme à notre situation d'être vivant limité dans le temps et dans l'espace.